• La nouvelle campagne de Trump contre l’Iran n’atteindra pas ses objectifs


    Moon of AlabamaMoon of Alabama

    Par Moon of Alabama – Le 21 mai 2018

    L’administration Trump a dit clairement aujourd’hui qu’elle avait l’intention de provoquer un changement de régime en Iran par tous les moyens possibles.

    Dans un discours à la Heritage Foundation qui a fait grand bruit, le secrétaire d’État Pompeo a présenté douze demandes à l’Iran. Il l’a menacé des « sanctions les plus sévères de l’histoire » si ces exigences n’étaient pas satisfaites. 

    Mais ces demandes n’ont pas de sens. Elles ne font que démontrer l’incompétence de l’administration Trump. Les moyens que l’administration Trump a mis en place pour atteindre ses objectifs ne sont pas réalistes et, même s’ils étaient réalisables, ils seraient insuffisants pour atteindre les résultats souhaités.

    Il est demandé à l’Iran de cesser tout enrichissement d’uranium. Mais l’Iran ne peut pas arrêter l’enrichissement. Ce programme est un des fleurons de la politique iranienne et il bénéficie d’un large soutien public car il est considéré comme un attribut de sa souveraineté.

    Pompeo exige que l’Iran ferme son réacteur à eau lourde. L’Iran ne peut pas fermer son réacteur à eau lourde. Il n’en a pas. Celui qu’il construisait à Arak a été rendu inutilisable du fait de l’accord nucléaire (JCPOA). Du béton a été coulé dans son noyau sous la supervision des inspecteurs de l’AIEA. Comment le secrétaire d’État des États-Unis peut-il faire une demande qui ne tient aucun compte de la réalité dans un discours préparé à l’avance ?

    Une autre exigence est que l’Iran cesse de soutenir la résistance palestinienne. L’Iran ne cessera jamais de soutenir la Palestine tant que l’occupation sioniste se poursuit. Il est aussi demandé à l’Iran de ne pas développer de missiles « nucléaires ». L’Iran s’est déjà engagé à le faire dans le cadre du JCPOA que Trump a fait exploser. Une autre exigence est que l’Iran retire toutes ses troupes de Syrie et mette fin à toute ingérence en Irak, au Yémen, en Afghanistan et ailleurs.

    Tout cela exigerait un changement radical du caractère national et des politiques de l’Iran. Il faudrait qu’il devienne quelque chose comme le Liechtenstein.

    L’administration de Trump n’a aucun moyen de l’y contraindre.

    À l’issue d’un dur labeur, l’administration Obama avait réussi à amener une grande partie du monde à accepter des sanctions contre l’Iran. Cela a été possible parce que les autres pays ont cru la promesse d’Obama d’honorer l’accord à venir et de négocier sérieusement. Il a fallu beaucoup d’unité et de confiance internationales pour parvenir à l’accord nucléaire.

    Aujourd’hui, Trump exige beaucoup plus, mais il n’a pas de front international uni derrière lui. Personne ne croit en sa parole. Les Européens sont furieux que Trump les menace de sanctions secondaires s’ils s’en tiennent à l’accord qu’ils ont signé, et continuent de traiter avec l’Iran. Même s’ils finissent par plier et qu’ils cessent, dans une certaine mesure, de traiter avec l’Iran, ils essaieront de contourner les sanctions unilatérales des États-Unis.

    Ni la Chine, ni la Russie, ni l’Inde ne cesseront de faire des affaires avec l’Iran. En fait, les sanctions unilatérales américaines leur ouvrent de nouveaux marchés. La compagnie pétrolière française Total a annoncé qu’elle allait renoncer à son projet de développement du champ gazier iranien de South Pars afin d’éviter des sanctions américaines secondaires sur ses autres intérêts. La Chine a dit « merci » et a pris le relais. De même, la Russie sautera sur tout qu’elle peut. Son industrie agricole fournira à l’Iran tout ce dont il a besoin. Elle continuera de lui vendre des armes. La Chine, l’Inde et d’autres continueront d’acheter du pétrole iranien.

    L’administration de Trump va provoquer quelques désordres économiques. Elle va également affaiblir les États-Unis et l’Europe et renforcer la Russie et la Chine. La menace de sanctions secondaires conduira à terme à la création d’une économie mondiale parallèle sécurisée. Le réseau d’échange d’informations financières SWIFT, qui achemine les paiements internationaux entre banques, peut être remplacé par des systèmes de pays à pays qui ne dépendent pas d’institutions sujettes à sanctions. Au lieu du dollar étasunien comme moyen de change universel, on peut utiliser d’autres devises ou faire du troc. L’abus ridicule des sanctions économiques et financières finira par détruire la capacité des États-Unis à s’en servir comme outil de politique étrangère.

    Le discours de Pompeo va unir le peuple iranien. Les néolibéraux modérés qui entourent l’actuel président Rouhani rejoindront les tenants de la ligne dure nationaliste dans la résistance. Les exigences étasuniennes dépassent largement ce qu’un gouvernement iranien, quel qu’il soit, peut assumer. Un Iran qui prend en compte la volonté de son peuple ne les acceptera jamais.

    Le seul moyen pour l’administration Trump d’atteindre ses objectifs serait un changement de régime. Il y a déjà eu une tentative de changement de régime dans l’Iran actuel. La « révolution verte » a été fortement soutenue par Obama, mais elle été aisément contrecarrée et elle a échoué. Il y a eu diverses campagnes d’assassinats en Iran, mais cela n’a pas changé sa politique. La taille et le relief de l’Iran rendent impossible une attaque militaire directe comme en Libye. L’Iran est en mesure de riposter à une attaque en frappant des intérêts américains dans le Golfe.

    Les États-Unis peuvent, et vont sans doute, continuer d’attaquer les forces et les intérêts iraniens en Syrie et ailleurs. Leur armée va s’efforcer de faire obstacle à l’Iran dans le Golfe. La CIA va essayer d’envenimer les dissensions iraniennes internes.  L’aggravation des sanctions portera préjudice à l’économie iranienne. Mais rien de tout cela ne pourra empêcher le sentiment national de l’Iran de se concrétiser dans sa politique étrangère, telle qu’elle est aujourd’hui.

    Dans un an ou deux, l’administration Trump constatera que sa campagne de sanctions a échoué. Il y aura des pressions en faveur d’une attaque militaire directe contre l’Iran. Mais il y a déjà eu des plans pour attaquer l’Iran sous George W. Bush. À l’époque, le Pentagone avait indiqué qu’une telle guerre entraînerait de très graves pertes et échouerait probablement malgré tout. Je doute donc qu’elle ait jamais lieu.

    Qu’est-ce que l’administration Trump pourra faire quand il s’avèrera que le plan A qu’elle vient de rendre public a échoué ?

    Traduction : Dominique Muselet


  • 28/05/18

    L’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN est la ligne rouge de la Russie

    Je ne pense pas que Poutine ait fait une croix sur l'Ukraine: il n'ignore pas qu'elle est un pivot principal (cf Zbegnew Brzezinski "le grand échiquier"). Il n'y touche pas ... MAIS qui la touche s'y piquera. C'est une question de survie pour la Russie

    *

    L’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN est la ligne rouge de la Russie

    Sun May 27, 2018 4:39PM  // presstv
     
     
    Le président russe a mis en garde contre l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. ©AFP

    Le président russe a mis en garde contre l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. ©AFP

    Le président russe a averti que si l’Ukraine adhérait à l’OTAN, la Russie déploierait son système de défense antiaérienne à la frontière avec ce pays. 

    Lors d’une réunion à Saint-Pétersbourg, en Russie, hier samedi 26 mai, Vladimir Poutine, président russe, a déclaré que l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN était la ligne rouge de la Russie et que les pays occidentaux ne devaient pas la franchir, a rapporté Fars News.

    « L’expansion de l’OTAN représente une menace pour la Russie », a martelé Poutine, en demandant à cette alliance militaire de respecter les intérêts russes.

    L’OTAN est de son côté d’avis qu’après les dossiers de l’Ukraine, de la Géorgie et de la région de la Transnistrie, la Russie a une présence militaire provocante.

    Les États-Unis ont déployé leurs militaires sur le sol polonais.

    Auparavant, les États-Unis ont équipé l’armée ukrainienne de missiles sophistiqués face à la Russie, en y envoyant une cargaison de lance-missiles sophistiqués antichars FGM148 Javelin, a rapporté Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL).

    « Ces missiles sont actuellement envoyés en Ukraine », a précisé une autorité du département d’État américain.

    L’envoi de ces armes létales renforce la présence américaine dans le conflit entre l’Ukraine et la Russie et constitue une victoire symbolique pour l’Ukraine, qui cherche à gagner le soutien de l’Occident.

    L’OTAN ouvre ses portes à l’Ukraine alors que Poutine écarte toute perspective de retour de la Crimée à ce pays.http://www.presstv.com/DetailFr/2018/05/27/563089/Transnistrie-Russie-Ukraine-Gorgie-Otan-expansion-systme-dfense-antiarienne-Poutine-missile-Javelin
     
    Posté par Jocegaly à - Commentaires [1] -

  • 28/05/18

    L’Ukraine est devenue un Cheval de Troie pour pénétrer en Russie.

    L’accaparement de terres en Ukraine est la porte dérobée de Monsanto pour entrer dans l’Union européenne -  Oriental review 2015

    L’accaparement de terres en Ukraine est la porte dérobée de Monsanto pour entrer dans l’Union européenne
     
     

    L’Ukraine est devenue un Cheval de Troie pour pénétrer en Russie, un Cheval de Troie pour réintroduire le nazisme en Europe, et aussi un Cheval de Troie pour Monsanto. Une véritable écurie, écurie d’Augias qu’il faudra bien nettoyer un jour.

    ***

     

    Monsanto-Skull1

    La quête de la légendaire terre noire de l’Ukraine est presque terminée. Au grand dam des agriculteurs Français, polonais, allemands, la société agricole multinationale Monsanto, ainsi que DuPont Pioneer et John Deere, ont tous fait pression pour l’accès au marché agricole le plus important en Europe de l’est. Cela va bientôt remodeler le marché des produits agricoles dans l’UE et cela signifie la ruine pour les agriculteurs européens
    .

    En novembre 2013, la Confédération agraire ukrainienne a rédigé un amendement juridique au bénéfice des producteurs agricoles mondiaux en permettant l’utilisation généralisée des semences génétiquement modifiées. Passant au second plan dans les développements politiques dramatiques en cours, cette tournure des événements est passée presque inaperçue, bien que cela fasse un bon bout de temps que Monsanto faisait du lobbying sur le marché agricole de l’Ukraine. En 2007, l’ambassade américaine à Kiev a exigé que le gouvernement ukrainien prenne des mesures contre les vendeurs de « fausses » graines (c’est-à-dire, les producteurs en concurrence avec les sociétés transnationales).

    Quand les cultures OGM ont été légalement introduites sur le marché ukrainien en 2013, elles ont été mises en place dans des proportions allant jusqu’à 70 % de tous les champs de soja, 10 à 20 % des champs de maïs et plus de 10 % de tous les champs de tournesols, selon diverses estimations. Ce qui équivaut à environ 1 million d’hectares de terres en culture OGM (ou 3 % des terres agricoles du pays). Laissons de côté pour l’instant la controverse sur les dangers des OGM en général, et considérons simplement comment l’accaparement du marché ukrainien par les multinationales agricoles américaines aura une incidence sur l’économie de l’UE.

    Depuis le milieu des années 90 les ukrainien-américains à la tête de l’U.S.-Ukraine Business Council ont contribué à encourager le contrôle étranger de l’industrie agricole ukrainienne. Dans les deux ou trois ans, quand les dispositions pertinentes de l’ Accord d’Association entre l’Ukraine et l’UE entreront en vigueur, les efforts de lobbying de Monsanto vont transformer le marché ukrainien en une oligopole constituée de sociétés américaines.

    Bien que les médias de Kiev soient noyés dans une rhétorique patriotique, il est peu probable qu’une figure héroïque émerge pour défendre le droit des nouvelles générations d’Ukrainiens à vivre et travailler sur une terre saine. Les normes intellectuelles du travail élaborées par l’Association ukrainienne du Grain, par exemple, la plus grande organisation cadre des paysans ukrainiens, sont exposées de manière éloquente dans son dernier communiqué de presse, qui ne nécessite aucun autre commentaire.

    Dans les prochaines années, les producteurs agricoles augmenteront leur utilisation de la biotechnologie sous licence américaine, ce que l’Article 404 de l’accord d’Association avec l’UE quelque peu ambiguë qualifie de « best practices… pour des politiques agricoles ». Faire en sorte que les producteurs agricoles ukrainiens soient dépendants des graines qui ne sont disponibles qu’aux Etats-Unis fait partie d’une implacable campagne de Public Relation qui fait la promotion de la technologie OGM dans toute l’Europe, et qui brandit des mots-clés comme « l’innovation », « biotechnologie » et « Marché commun de l’UE. »

    Dans les prochaines années, quand les addenda de l’accord d’Association de l’Ukraine avec l’UE entreront en vigueur, Monsanto compte sur une augmentation importante de la superficie des terres cultivées en OGM en Ukraine. Par la suite, ils vont commencer à jouer leur rôle de puissance coloniale, ratissant les bénéfices provenant des marchés émergents, même si l’Inde sait déjà que l’histoire ne finit pas toujours bien. La société avait été expulsée du pays il y a quelques années, après une épouvantable épidémie de suicides en masse chez les agriculteurs locaux, selon le Times of India.

    En raison de déficits budgétaires et de leur dépendance à l’égard du FMI, les banques ukrainiennes sont maintenant fermement liées au financement extérieur. Les prêts du FMI et l’assistance de la Banque mondiale et autres organisations supranationales sont sécurisées par la riche terre noire de l’Ukraine, dans les faits, mais aussi au sens juridique. Les banques locales n’offriront des conditions de crédit favorables qu’aux agriculteurs qui accepteront d’utiliser les herbicides certifiés. Ceux qui sont évidemment fabriqués par Monsanto. La Société recevra un revenu régulier de cette précieuse terre noire, et ainsi jusqu’à sa stérilisation complète.

    Une preuve supplémentaire que les investisseurs américains apprécient sincèrement la valeur de la terre noire de l’Ukraine peut être vue dans la récente acquisition d’une participation de 50 % par le Fonds d’investissement Siguler Guff & Co dans le Port ukrainien d’Ilitchevsk, qui se spécialise dans les exportations agricoles.

    L’Ukraine contrôle un tiers de toutes les terres arables en Europe. L’introduction hâtive de la biotechnologie dans les pays en développement a conduit à des résultats déplorables visibles de manière évidente en Amérique latine et en Afrique. Mais les agriculteurs européens iront au fiasco beaucoup plus tôt. Leurs récoltes, qui sont produites par des travailleurs de l’UE où le prix du travail est tout à fait exorbitant, ne peuvent rivaliser avec l’afflux de produits OGM d’Ukraine.

    Les agriculteurs polonais savent très bien où tout cela va mener. Ils ne peuvent pas gagner un combat juridique contre les avocats employés par ces géants multinationaux, et donc, en 2013, ils ont modifié leur tactique en faveur des manifestations de masse.

    En revanche, les producteurs agricoles en France, en Allemagne et d’autres pays de l’UE semblent encore indifférents. En fin de compte, les agriculteurs européens, qui sont un peu éloignés de la vie politique, n’ont pas encore saisi que la méga propagande de Washington sur le « travail pour la démocratie en Ukraine » n’a qu’un seul objectif –lancer un autre lasso autour de l’économie européenne et de ses producteurs agricoles, les mettant à genoux.

    Traduction Avic – Réseau International

    Source : http://orientalreview.org/2015/04/06/land-grab-in-ukraine-is-monsantos-backdoor-to-the-eu/

     

     

    https://reseauinternational.net/laccaparement-de-terres-en-ukraine-est-la-porte-derobee-de-monsanto-pour-entrer-dans-lunion-europeenne/

     
    Posté par Jocegaly à - Commentaires [0] -

  • « La grande victoire du Venezuela, c’est d’avoir un pouvoir populaire organisé »

    Vanessa Angustia est sénatrice d’Izquierda Unida / Podemos dans l’Etat espagnol. Elle faisait partie de la délégation d’accompagnement international présente au Venezuela lors des élections du 20 mai dernier qui ont abouti à la réélection de Nicolas Maduro à la présidence de la république.

    Deux jours après la tenue de ces élections, la sénatrice a interpelé le Sénat espagnol au sujet des raisons pour lesquelles le gouvernement de l’Espagne ne reconnaissait pas la légitimité des résultats électoraux au Venezuela, en signalant que cette position était “antidémocratique, qu’elle constituait une ingérence qui faisait fi de la volonté émanant du peuple vénézuélien”.

    Elle a aussi demandé à cette chambre parlementaire pour quelle raison le gouvernement espagnol avait, en revanche, reconnu les élections au Honduras et au Paraguay, malgré les plaintes importantes pour fraude dans ces deux cas, et ce qui « justifiait ces deux poids deux mesures de la part du gouvernement au sujet des élections au Venezuela ».

    Lors de cette question au gouvernement, Vanessa Angustia a conclu en demandant si le gouvernement espagnol “allait rompre les relations diplomatiques avec le Venezuela , alors qu’il ne le fait pas avec des pays qui violent les droits de l’homme en permanence et de manière flagrante, comme le Maroc et Israël”

    L’équipe de Prensa CRBZ s’est entretenue avec la sénatrice dans le cadre de son intervention et de sa récente visite au Venezuela en tant qu’accompagnatrice internationale des élections.

    Quelle est ton appréciation du processus électoral du point de vue technique?

    Le travail du Conseil National Electoral a été impeccable. Rares sont les pays dans le monde qui ont un système de garanties électorales offrant la fiabilité que nous avons pu constater ici. Le processus a été dans l’ensemble impeccable, depuis l’annonce le 23 janvier des élections présidentielles par l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), pendant la négociation dans le cadre de l’accord de garanties électorales dans la République Dominicaine et jusqu’au 20 mai.

    Je viens d’un pays où le gouvernement gère les processus électoraux avec une entreprise privée qui lui fournit l’appui et qui se charge de la logistique, de la transmission et de la diffusion des votes décomptés, une entreprise appelée Indra qui est assez contestée au plan international, par conséquent je souligne toujours le fait qu’au Venezuela tout le système électoral est public. Ce processus a fait l’objet de dix-neuf audits, sous tous ses aspects : registres électoraux, PV de scrutin, données des électeurs dans les machines à voter, etc. Pratiquement tout est vérifié. Et il faut signaler la vérification des résultats après le module du dépouillement, lorsqu’on procède à la comparaison de 54% des bulletins de vote électronique et des bulletins de sauvegarde.

    Par rapport à d’autres processus il y a eu des améliorations cette fois-ci, telles que l’ajout de cinq nouveaux audits. Le système électoral n’est pas statique, il est au contraire en cours de révision et d’amélioration constante. Il faut rappeler cette volonté de rechercher un système qui offre toujours plus de garanties.

    Et du point de vue politique, quelle est ton impression?

    Dans l’opposition, il y a eu deux lignes, une ligne intérieure et une ligne extérieure. La ligne extérieure a été de continuer de tabler sur l’ingérence. D’un côté, une partie importante et non négligeable de l’opposition a décidé de participer au processus, ne s’est pas retirée de la table de négociation des accords de garanties électorales, a légitimé le processus dans chacune de ses étapes, et mené une campagne tranquille et en paix. Toutefois, une fois les élections perdues, elle s’est plaint de fraude électorale, sans fournir en plus aucune espèce de preuve.

    D’un autre côté, il y a l’opposition regroupée dans la MUD qui a décidé de ne pas participer aux élections et de les délégitimer en appelant à s’abstenir. Il semble que cet appel a été entendu et que le taux d’abstention correspond à sa part de l’électorat. Cet argument contredit le discours qui dit qu’il y a eu une faible participation. Cette opposition est justement celle qui a été à l’origine des violences précédant l’ANC. C’est là qu’entrent en jeu la participation internationale, l’intervention et l’ingérence des Etats Unis et de l’Union Européenne, qui ont décidé dès le départ de ne pas reconnaitre les élections et de mener leur propre campagne dans les médias et les gouvernements, en annonçant la non-reconnaissance des résultats électoraux et en menaçant de sanctions.

    Les intentions sont très claires: peu importe ce qui se passe au Venezuela et les garanties démocratiques qu’on donne. On décide des gros titres pendant la campagne et sur cette base on construit un discours. Ils ne vont jamais reconnaître l’espace électoral, parce que l’objectif politique est autre: renverser le gouvernement et s’approprier le pays aux côtés des secteurs qui cherchent à exploiter les ressources du Venezuela pour faire leurs profits et reconstruire leur oligarchie défaite avec les oligarchies aux Etats-Unis et en Europe. Il ne faut pas tomber dans l’erreur qui consiste à chercher quelque élément de vérité que ce soit dans cette stratégie politique. En plus, c’est une communauté internationale qui vient de légitimer la violence provoquée en 2017.

    C’est un programme qui a une composante très dure pour l’espace des alliances que nous cherchons à construire dans la gauche européenne sur la base de relations d’égalité, et il a fait un pas en arrière, vers le XXème siècle, vers un type de politique coloniale a l’égard de l’Amérique latine qui croit que l’on peut décider des ressources et de l’organisation de ses peuples. Et ce serait une erreur de notre part de ne pas comprendre qu’il s’agit d’une stratégie globale de l’empire contre les pays et les secteurs politiques qui, comme nous, ne s’alignent pas sur cette politique coloniale.

    D’après toi, maintenant que les résultats sont connus, que peut-on dire de la légitimité du nouveau mandat de Maduro?

    Dans ce cas, il est important de fournir des données, parce que celles-ci ne sont pas neutres, elles sont des données politiques. Il y a des données qui sont manipulées pour ternir la légitimité d’un processus qui a été impeccablement propre, valable et démocratique.

    Lors des dernières élections européennes en 2014, le taux global de participation dans tous les pays a été de 41,6%; en Espagne, 43,8% et au Royaume-Uni de 35,6%. C’est-à-dire que l’Europe ne peut pas parler du niveau de légitimité des élections en se fondant sur le taux de participation, parce que personne n’a contesté la représentativité du Parlement européen sur cette base, personne ne l’a mise en doute.

    Lors des dernières élections aux Etats-Unis il y a eu 48% de participation, et le président Trump a été reconnu comme légitime, alors qu’il a été élu avec un pourcentage inférieur à celui de Maduro. Même chose dans les cas de Macri, Piñera et Santos. En France, le taux de participation lors des législatives de l’année dernière était de 42 à 48%, au Portugal pareil.

    La question n’est donc pas la participation mais l’usage que l’on veut faire des données, c’est ce qui s’appelle une manipulation.

    En tant que militante et en tant que députée, dans le contexte des énormes difficultés que vit le peuple vénézuélien et dans lequel se sont déroulées ces dernières élections, quel bilan dresses-tu de ce que tu as pu apprécier au contact des gens dans notre pays pendant le élections?

    La grande victoire au Venezuela, c’est d’avoir un pouvoir populaire organisé, d’avoir des classes laborieuses qui se défendent elles-mêmes, qui savent parfaitement quel est l’ennemi et qui est l’agresseur, et qui agissent en conséquence, qu’elles aient ou non des divergences ou des critiques, et elles savent parfaitement à qui elles doivent faire face et qui cherche à leur enlever des droits et de la souveraineté. C’est le résultat d’une politique dans laquelle on ne fragmente pas la vision de la vie, on ne parle pas d’économie d’un côté et de politique, de garanties sociales et de politique internationale de l’autre. Cette fragmentation est appliquée par le pouvoir sur les peuples, en Europe et aux Etats-Unis, afin qu’ils n’aient pas de vision d’ensemble ni de compréhension de leur réalité, ce qui provoque de la démotivation politique et une fragmentation des luttes.

    Quand on ne fait pas cela, et que l’on gouverne avec des politiques favorables au peuple, il y a une formation politique du peuple qui apprend à faire la différence. Et ce qui a l’air facile à expliquer n’est pas un modèle dans nombreux de nos états. Ce n’est pas la dynamique sociale de participation politique que l’on voit en Espagne, par exemple.

    Les difficultés au Venezuela sont énormes. Il en résulte un découragement et la certitude très partagée que la situation est difficilement tenable car les sanctions et les agressions étaient déjà annoncées. Cependant, ce découragement a été surmonté et a trouvé son aboutissement avec cette conscience qu’ont prise les classes populaires. Même si la situation est extrême pour des millions de personnes, il y a aussi cette idée qu’il ne faut pas se rendre, parce que si l’impérialisme l’emporte, la situation sera bien pire.

    Je crois qu’être au Venezuela, c’est se plonger dans un bain de réalité. Nombreux sont ceux et celles qui devraient aller au Venezuela prendre une leçon d’humilité et connaître un peuple qui se défend et se protège lui-même, surtout ceux qui délégitiment le processus et le peuple parce qu’il continue de soutenir le gouvernement sans connaître en réalité les circonstances, sans s’être informés des raisons des agressions et de ce qui provoque cette guerre avec le Venezuela.

    Et il est toujours agréablement étonnant de voir la joie de vivre avec laquelle le peuple vénézuélien vit ce processus, même dans les moments les plus difficiles, tels que les élections à l’Assemblée Constituante étant donné le degré de violence organisée par la droite et la situation économique extrêmement dure. Il y a beaucoup à en apprendre, comme l’exemple que nous donnent des codes culturels et sociaux qui sont précieux pour la participation démocratique. Il y a là un enseignement à méditer afin d’améliorer nos propres garanties démocratiques.

    Source : Prensa Corriente Revolucionaria Bolívar y Zamora, le 24 mai 2018

    Traduction : Paula Faraone

    URL de cet article : https://wp.me/p2ahp2-48d


  • La pré-candidature de Lula sera lancée aujourd'hui dans tout le Brésil. 27 Mai 2018

     Brasilia, 27 mai (Prensa Latina) La pré-candidature présidentielle de Luiz Inacio Lula da Silva sera lancée aujourd'hui dans plus de 70 villes du Brésil où le Parti des travailleurs (PT) a organisé des groupes.

    Lula lui-même a décidé que dans chaque ville brésilienne où le parti est structuré, le PT ratifiera le 27 mai qu'il a un seul candidat aux élections présidentielles d'octobre, a déclaré le parlementaire Wadih Damous lundi, peu après avoir visité l'ancien chef de l'Etat à Curitiba, où Lula purge une peine de prisonnier politique.

    Peu importe que chaque rassemblement rassemble cinq, dix ou 500 personnes. L'important est le total, dans tout le Brésil, de chacune de ces actions " pour faire comprendre que Lula est notre candidat à la présidence de la République ", a souligné le législateur.

    Damous a dit aux membres du PT que depuis le 7 avril, ils participent à la veillée démocratique Free Lula près de la Surintendance de la police fédérale à Curitiba, et que l'ex-président est de bonne humeur, mais indigné par la persécution dont il a été victime de la part du pouvoir judiciaire.

    jg/ga/mpm/mpm

    source: http://www.plenglish.com/index.php?o=rn&id=28666&SEO=lulas-pre-candidacy-to-be-launched-today-throughout-brazil

    Tag(s) : #brésil