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    3 Décembre 2018

    Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

    Colère sociale en France: représentation nationale et représentativité syndicale

    De retour du G20 en Argentine, regroupant les 20 premiers pays capitalistes du monde, Manu 1er n'a réuni en son palais que son premier ministre, son ministre de la police et son adjoint ex-patron des RG et la ministre de sa justice. Pas ceux qu'il a adoubé comme ministre du Travail, des Transports et de l'Economie. Réponse donc sécuritaire face aux urgences sociales exprimées par les derniers évènements.

    Comment en serait-il autrement? Le palais de l'Elysée dispose de la majorité absolue à l'Assemblée nationale, elle qui a constitutionnellement le dernier mot sur le Sénat en matière de lois. Les députés macroniens sont soi-disant issus de la société civile. Or, toutes sensibilités politiques confondues, pas un chômeur, aucun ouvrier et très peu d'employés siègent sur les bancs des représentants de la Nation, alors qu'ils sont majoritaires dans la société française. J'ai lu un graffiti défilant dans une téloche sans que les pommadés de service n'y attachent aucune importance: "On veut un président des pauvres". Ben oui, sauf que depuis 1958 et l'instauration d'une monarchie républicaine en France, le président de la 5e République ne rend de compte à personne, s'occupe seul des affaires étrangères, est chef de guerre, peut dissoudre l'Assemblée nationale et gouverner par ordonnances comme autrefois la monarchie absolue était de droit divin pour contrer les aspirations de ses sujets.

    Ce samedi, 2 000 manifestants dans les rues de Paris à l'appel de la CGT. Bon, les médias libres et non faussés n'ont fait aucune pub sur les revendications de la CGT. Comme chaque année, début décembre, la confédération organise une journée nationale contre le chômage et la précarité de l'emploi. Vu l'exaspération sociale en mouvement, la CGT avait appelé un rassemblement plus large contre les injustices sociales et l'augmentation du pouvoir d'achat. 2 000 manifestants à Paris et aucun autre syndicat aux côtés de la CGT. Pire, les associations catégorielles de défense des chômeurs organisaient un tout petit seeting devant le Conseil Constitutionnel instauré par la 5e République. Ils demandaient l'application constitutionnelle sur la garantie de l'emploi pour tous. C'est vrai qu''on approche de la journée internationale du Père noël...

    A la RATP, les élections professionnelles ont été marquées par une forte démobilisation de l'électorat: 45,13% de participation contre 65% en 2014. Dans ce contexte, l'UNSA, réformiste, progresse de 7,6% et passe devant la CGT, jusqu'alors premier syndicat dans l'entreprise.

    Il y a sûrement des questions à se poser dans le fort mouvement social qui traverse la France en ce moment. Non?