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    MARSEILLE : convergences des luttes cheminots /étudiants, annulation des examens, gazage des étudiants

    Publié le 14 mai 2018 par FSC

     

    SOURCE : 20 Minutes

    Marseille: Examens annulés, étudiants gazés, trains à l'arrêt, la mobilisation se durcit

    GREVE Les cheminots, les salariés de l’énergie, des dockers et les étudiants ont mené plusieurs actions ce lundi matin à Marseille, espérant une convergence des luttes…

    La journée coup de poing a commencé tôt dans la matinée. Dès 4 h du matin, des cheminots grévistes ont débuté une opération « gare morte » à la gare Saint-Charles de Marseille. Des dizaines de cheminots, gilets CGT sur le dos, sont présents aux abords des quais, devant des trains à l’arrêt. « Un blocage des voies par des salariés d’autres entreprises, des étudiants et des usagers » a été organisé, selon les déclarations de Rémy Hours, responsable local de la CGT cheminots, à l’AFP.

    « Ce n’est pas un blocage en soi, rétorque Cédric Gimenez, responsable régional de la CGT Cheminots. Nous n’empêchons ni les usagers ni les autres cheminots de venir travailler. Nous sommes venus discuter avec les non-grévistes : ceux qui ne sont pas en grève ne sont pas forcément d’accord avec cette réforme ! » L’organisation syndicale appelle en effet les salariés à prendre part aux votes organisés ces prochains jours, visant à recueillir la position des cheminots sur cette réforme.

    Rupture de caténaire

    Il s’agit également de montrer au gouvernement et à la direction la détermination des grévistes, alors que, ces derniers jours, les chiffres de mobilisation communiqués par la SNCF étaient à la baisse. « Les collègues ne sont plus en capacité de grève, constate Sylvain Caron, militant CGT et représentant du personnel au CHSCT. Mais le gouvernement et la direction attendent le moment où on va flancher ! »

    Les cheminots de la CGT à la gare Saint-Charles. Les cheminots de la CGT à la gare Saint-Charles. - Mathilde Ceilles / 20 Minutes

    La matinée a toutefois été entachée par un incident. Vers 5 h 30, une rupture de caténaire a entraîné une coupure de courant dans toute la gare Saint-Charles. « Les premières investigations nous conduisent à la piste d’un acte de malveillance inacceptable », précise la SNCF. Résultat : le trafic ferroviaire a été paralysé pendant plusieurs heures lundi matin à Marseille. « Notre premier combat est de préserver notre outil de travail, pas de le saboter, réfute Eric Olivieri, délégué CGT marseillais. Surtout que de tels actes nous desservent. » D’autres délégués CGT parlent tour à tour d’un « acte non prémédité », « isolé », voire d’un « accident ».

    Les étudiants avec les cheminots

    Après être allés prêter main-forte aux cheminots pour leur action à la gare Saint-Charles, les étudiants sont venus bloquer la faculté de droit et de sciences politiques sur la Canebière vers 7 h. « Nous bloquons 24 h/24 et 7 j/7 le site de Saint-Charles depuis quarante jours. On a appris qu’ils délocalisaient les examens sur le site de la Canebière, donc on est venu installer des poubelles et faire une chaîne humaine pour bloquer ce site », explique Sylvain Truc, membre du comité de mobilisation. En tout, ils sont près d’une centaine à bloquer ce site d’Aix-Marseille université.

    Les étudiants mobilisés devant le site de la Canebière. Les étudiants mobilisés devant le site de la Canebière. - Adrien Max / 20 Minutes

    Au même moment, Anaïs et Michel, étudiants en 1re année de SVT, et Morgane, étudiante en 2e et 3e années de SVT, venaient passer leurs examens. « On a essayé de discuter avec les grévistes, on a essayé de débloquer l’entrée de la fac, mais c’est parti en bousculade », explique Michel. Tous les trois sont désabusés par la situation : « Il y a une personne qui m’a dit qu’il était chômeur et qu’il n’avait rien à perdre », ajoute Anaïs.

    Les cheminots avec les étudiants

    Alors que le président de la faculté avait assuré dans un mail ne pas avoir l’intention de demander l’intervention de la police, la doyenne du site de la Canebière n’aurait pas hésité à le faire, selon certains étudiants. Toujours est-il que, vers 8 h 45, les CRS sont intervenus : « Ils disent qu’ils ont fait deux sommations, mais leur mégaphone ne fonctionnait pas, puis ils ont arraché les bloqueurs un à un en les tirant par les vêtements ou par la nuque. On a aussi été gazé à bout portant », raconte Sylvain, dont le cou présente une marque rouge occasionnée par sa chaîne, tirée par un CRS.

    Les cheminot ont rejoint les étudiants vers 10h30. Les cheminot ont rejoint les étudiants vers 10h30. - Adrien Max / 20 Minutes

    C’est finalement à ce moment que les cheminots, les salariés de l’énergie et certains du port autonome sont venus épauler les étudiants. « Il y avait eu plusieurs communiqués de leur part expliquant qu’ils nous rejoindraient en cas de violence policière », précise Sylvain Truc. « Les étudiants nous ont contactés pour nous prévenir de l’intervention des CRS, on n’était pas loin, donc on s’est rassemblé pour venir les soutenir. On espère une convergence des luttes à l’échelle marseillaise », explique de son côté David Benhamou, secrétaire CGT des cheminots de Marseille.

    Convergence des luttes

    Car là est bien l’objectif des différents mouvements : se rassembler pour peser sur le gouvernement. « C’est une journée symbolique pour se rappeler de Mai-68 aussi, une journée de convergence des luttes avec les salariés de l’énergie et les étudiants », se félicite une membre de la CGT.

    Vers 11 h, finalement, les étudiants ont levé le blocage pour se réunir en assemblée générale sur le campus de la fac Saint-Charles. Après quatre heures de débats, « nous avons voté le blocage le campus de la Canebiere mardi matin », annonce Sylvain Truc. Dans le même temps, l’université a annulé tous les examens prévus ce lundi après-midi. Les cheminots se sont, eux, rassemblés sur le Vieux Port.