• bravo FRANCOIS RUFFIN =

    Voir le discours du Havre

    Après notre proposition de loi sur le financement de la psychiatrie (refusée), en décembre, après la grève de la faim mettant en danger les soignants de l'hôpital du Rouvray, à Rouen (consultez notre question à la Ministre), j'étais en déplacement à l'hôpital Pierre Janet, au Havre, pour rencontrer les grévistes "perchés" et visiter l'établissement.

    Cette visite, je n'aurais pas dû la faire, trimballant journaux, radios et caméras entre les couloirs, d'un pavillon à un autre. C'est la directrice de l'ARS qui aurait dû être à ma place. Avec la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Et son Premier ministre, ancien maire du Havre, Edouard Philippe. Qu'ils voient comme j'ai vu. Comme France 3 a vu. Comme Ouest-France a vu. Comme l'AFP a vu.

    Des chambres prévues pour deux accueillant trois patients. Des lits dans les salles de télévision. Dans les couloirs. Des vêtements entassés dans les salles de soin, par manque d'armoires. Des patients qui ne trouvent plus de place après leur sortie du weekend. L'absence d'activités sportives, culturelles, de loisirs, même au sein de l'établissement.

    Et encore, il leur aurait manqué ce qui est invisible : la fin des activités de musique, d’art, de cuisine. Les 40 médecins qui manquent. Les infirmiers et infirmières en sous-effectifs, qui courent entre l'ouverture des portes, les repas, l'assistance. Qui, bien obligés, remédient à l'urgence par la chimie : et la psychiatrie, thérapie par la parole, devient une affaire cachetons. Quand ce ne sont pas eux-mêmes qui les prennent, pour tenir.

    Ces décisions, prises à des centaines, des milliers de kilomètres de là, les dirigeants économiques ne les voient pas. Voilà notre défi : leur mettre le nez dedans. Qu'ils se rendent compte de la maltraitance budgétaire qu'ils infligent.

    Leur mettre le nez dans le caca

    On ne cesse de le dire : il nous faut une autre politique de santé pour les malades psychiatriques. Mais l'urgence, d'abord : nos hôpitaux psychiatriques subissent depuis 10 ans le gel de leur budget. Comment penser à la réinsertion des plus fragiles de notre société quand on ne peut même pas prendre en charge le moment de la crise ? 

    Madame Buzyn, Monsieur Philippe aurait pu voir, apprendre tout ça. S'ils étaient venus à Pinel à Amiens. Au Rouvray à côté de Rouen. A Janet, au Havre. Mais ils ne sont pas venus. Ils n'ont pas vu. Par lâcheté.

    "Je le dirai encore, et de plus en plus fort !"
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    Au fait, j'ai débarqué sur Instagram !

    François Ruffin

    90 Chaussée Saint-Pierre

    80000 Amiens

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