• Hommage à FRANCE GALL sur le blog de ROSEMAR =

     
     
    8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 13:47
    Elle avait ce charme de la sincérité et de l'émotion...

     

     


    France Gall nous a quittés ce dimanche, à l'âge de 70 ans... On se souvient de nombreuses chansons de son répertoire : Il jouait du piano debout... Résiste... Débranche... 

    Et puis aussi de ce bel hommage à une chanteuse de jazz nommée Ella Fitzgerald, à la voix sublime... tout le monde connaît le thème de cette chanson composée par Michel Berger, intitulée Ella, elle l'a...

    L'interprétation de France Gall qui oscille entre douceur et enthousiasme souligne bien le rayonnement de cette voix.

    Le texte évoque, d'abord, une sorte de bonheur contenu dans la voix : "une gaieté, un sourire"... puis, il fait allusion à "quelque chose", expression volontairement vague qui traduit le mystère et la magie de cette voix "qui paraît nous dire "viens" 
    Qui nous fait sentir étrangement bien..."

    On entend un murmure qui apaise, et qui séduit.

    Cette voix qui attire irrésistiblement, est, d'ailleurs, admirablement soulignée par la mélodie de Michel Berger, entraînante et légère.

    Le poète procède par comparaisons, pour mieux nous faire percevoir tout le charme de cette voix qui semble contenir tout un monde et tout un passé culturel : "C'est comme toute l'histoire Du peuple noir..."qui oscille entre "amour et désespoir".
    L'antithèse souligne bien toute la richesse et les subtilités de cette voix unique, ainsi que les vicissitudes du peuple noir soumis à l'esclavage, au désarroi, à la misère.

    Jouant sur le prénom de la chanteuse, "Ella", Michel Berger met en évidence tous les dons qu'elle possède : "Elle a...Ce je n'sais quoi 
    Que d'autres n'ont pas 
    Qui nous met dans un drôle d'état..."

    On retrouve ce vague de l'expression qui restitue un certain mystère :"ce je ne sais quoi..." qui transforme l'auditeur, le bouscule et provoque une émotion particulière.

    Le refrain qui retranscrit ce pouvoir par la répétition du son "ou" nous fait percevoir une sorte d'évasion et de bonheur plein de douceur.

    L'auteur évoque aussi "un don du ciel", une voix quasi-divine, accordée par les dieux, qui sublime la chanteuse et la rend "belle".
    D'autres expressions viennent compléter cette impression : "ce tout petit supplément d'âme 
    Cet indéfinissable charme 
    Cette petite flamme".

    Des mots pleins d'intensité, "flamme, charme" traduisent la force de cette voix, son pouvoir infini de séduction et la voyelle "a" répétée semble restituer une forme d'admiration à l'égard de la chanteuse.
    Les sonorités de fricative "f", de sifflantes "s et de chuintante "ch" très douces insistent sur une forme d'ensorcellement.

    Le couplet, qui suit, montre bien le bonheur de chanter, à partir de rien : "Tape sur des tonneaux 
    Sur des pianos 
    Sur tout ce que dieu peut te mettre entre les mains..."

    C'est toute l'âme africaine qui ressort et s'emballe, qui aime à s'extérioriser et chanter aussi bien le bonheur que le chagrin.
    Le mot "pouvoirs", employé au pluriel, suggère toute la tessiture de cette voix, qu'il faut chercher au plus profond de soi, un bien précieux qui ne s'achète pas :
    "Que tu cherches encore les pouvoirs qui dorment en toi 
    Tu vois ça ne s'achète pas 
    Quand tu l'as tu l'as..."

    Le texte et l'interprétation pleine de vérité, d'émotions de France Gall insistent bien sur tous les mystères de cette voix, et la mélodie rythmée, vivante, endiablée, ou plus douce restitue toutes les richesses du talent de la chanteuse...

     

     

     

     


     

     

     

     

     
     

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