• NON le VENEZUELA N'EST PAS ISOLE !!!

    Venezuela : L'histoire non racontée de PDVSA en 2017 (reportage spécial)

    Publié le 15 Septembre 2017 par Bolivar Infos

     

    par Ernesto Cazal,

    Pendant ces dernières années, nous avons été les témoins d'une attaque brutale contre Petróleos de Venezuela S.A. (PDVSA), l'entreprise d'Etat qui a « fait un bénéfice total de 1 592 millions de dollars à la clôture financière et des opérations de l'année 2016. » La chute des prix du pétrole a fait que le brut vénézuélien est « à 35,15 dollars le baril, c'est à dire 9,5 dollars en-dessous de la moyenne de 2015, année où il a clôturé à 44,65 dollars le baril, ce qui représente une chute de 21% du prix ,» indique dans une note de presse la compagnie pétrolière.

     

    Le début de 2017 a amené avec lui une série de batailles juridiques au niveau international de grandes entreprises transnationales contre PDVSA parmi lesquelles les litiges présentés par Crystallex devant la Cour Fédérale de l'état de Delaware, par Helmerich & Payne devant la Cour Suprême des Etats-Unis et par ExxonMobil devant le Centre International de Règlement des Différends Relatifs aux Investissements (CIADI). Toutes ces affaires ont eu des résultats favorables à PDVSA.

     

    Les intérêts de tiers dans le pétrole qui jaillit du sous-sol vénézuélien sont importants si nous tenons compte du fait que les réserves vérifiées de ce qu'on appelle l'or noir sont les plus importantes de la planète (316 000 millions de barils comptabilisés jusqu'à présent, selon l'entreprise.) Que PDVSA représente pour le monde des corporations un signe de souveraineté et de solvabilité joue contre ces mêmes intérêts privés qui cherchent l'effondrement de l'entreprise vénézuélienne et par conséquent, de l'Etat-nation pour contrôler directement les ressources naturelles du territoire sans aucun intermédiaire.

     

    L'attaque contre PDVSA, le principal moteur des finances et de l'économie du Venezuela est venue des qualificateurs de risque (gérés par Wall Street, la City de Londres, le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale), de la manipulation de l'information concernant la dette de l'entreprise et la tentative de sabotage de l'Assemblée Nationale dans l'illégalité (qui parie sur l'effondrement du pays en tant que stratégie politique), les décisions souveraines au sujet de l'échange des bons, des investissements internationaux et de la formation d'entreprises mixtes qui développent l'industrie pétrolière nationale.

     

    Les marchés et les ressources du monde sont en litige entre différents acteurs : les Etats-Unis, l'Union Européenne, la Fédération de Russie ou la Chine. Dans ce contexte, PDVSA signe de nouveaux accords et blinde des alliances en faveur de l'industrie pétrolière vénézuélienne.

     

    Voyons quelques cas, les plus représentatifs de ces derniers mois, qui s'achèvent par des actions déterminantes pour les intérêts de l'entreprise et donc pour les finances et l'économie du Venezuela. Une année importante pour PDVSA en termes d'associations stratégiques avec le bloc émergeant qui la place dans une architecture géo-économique à l'échelle du monde (commandée par la Russie et par la Chine) en réponse aux sanctions des Etats-Unis destinées à bloquer son financement étranger selon l'Ordre Exécutif signé par Donald Trump le 25 août dernier.

     

    Les accords : le faux isolement du Venezuela et de son industrie pétrolière

     

    Plusieurs acteurs sont disposés à jouer dans l'arène pétrolière vénézuélienne et les accords de production, de raffinage, d'exploitation du brut et d'importation de fournitures industrielles que PDVSA a conclus en 2017 sont nombreux.

     

    Le Venezuela a assuré cette année la présidence de l'Association des Etats des Caraïbes. En mars a eu lieu la I° Conférence de Coopération de cet organisme dont Petrocaribe a profité pour rendre plus fiables les relations de coopération avec les pays membres.

     

    Rosneft, en avril, a fait un paiement anticipé à PDVSA de 1000 millions de dollars pour les futures fournitures pétrolières après qu'Igor Sechin, CEO de l'entreprise russe ait dit que ses plans d'investissement dans l'industrie pétrolière du Venezuela seraient soutenus.

     

    Le ministre vénézuélien de l'époque, Nelson Martínez s'est rendu en République Islamique d'Iran en avril de cette année pour rencontrer le ministre du Pétrole iranien, Biyán Namdar Zangané. Il a informé que lors de cette rencontre avec son pair iranien, ils ont discuté du Sommet des Chefs d'Etat des pays producteurs de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) et n'appartenant pas à l'OPEP proposé par le Président Nicolás Maduro en plus de renforcer les engagements en matière d'énergie.

     

    Le premier baril de brut a été extrait grâce à l'entreprise mixte Petrovictoria dans laquelle l'entreprise russe Rosneft a 40% et qui opère dans le Bloc de Carabobo 2 nord.

     

    En juin, PDVSA a signé un nouvel accord avec l'entreprise russe Rosneft pour former une nouvelle entreprise mixte à Anzoátegui, intitulée Perforosven. PDVSA a déclaré que cela « renforce les relations avec la Russie et naît pour prêter des services pétroliers incluant le forage, la réparation et l'aménagement de puits en plus des activités concernant l'acquisition d'équipements, de matériel, de services et d'outils ed forage au sud de l'état d' Anzoátegui. »

     

    Le Gouvernement Bolivarien a signé en juillet un memorandum d'entente avec l'Entreprise Horizontal Well Drillings (HWD Production LLC) dont le projet consiste à « forer environ 200 nouveaux puits dans la Ceinture Pétrolifère de l'Orénoque pour augmenter la production à 150 000 barils cette année, » selon la note de presse de PDVSA, et qui s'achèverait avec la création d'une entreprise mixte.

     

    Malgré le siège du Venezuela, le vice-président de Shell dans le domaine du gaz pour l’Amérique du Sud et l'Afrique, Mounir Bouaziz, a souligné que l'entreprise anglo-hollandaise « a de nombreuses raisons pour participer à des projets avec le Venezuela et que ce pays aune place unique aussi bien en termes de réserves que pour sa situation géographique qui permet la distribution dans la zone des Caraïbes, de l'Europe et de l'Asie. » C'est ce qu'il a déclaré en août, lors d'une réunion avec Nelson Martínez, à présent président de PDVSA.

     

    Martínez, en qualité de ministre, a aussi rencontré en août «  Benoit de la Fouchardiere, CEO de l'entreprise (française) Perenco et son gérant général Nicolás Serre, pour envisager la participation de cette entreprise à l'industrie pétrolière vénézuélienne grâce aux entreprises mixtes Petrowarao et Baripetrol. Perenco a manifesté son intérêt en réalisant un investissement de l'ordre de 400 millions de dollars grâce à l'extension de l'entreprise mixte Petrowarao avec l'incorporation de nouvelles zones de production dans le Lac de Maracaibo. » Dans la note de presse est aussi évoquée la possibilité de création d'une entreprise mixte avec Petroquímica de Venezuela, S.A. (Pequiven) pour la production de gaz, également dans l'état de Zulia.

     

    Une autre entreprise française, Total, a déjà investi au Venezuela sous le forme d'une entreprise mixte intitulée Petrocedeño et cherche à augmenter avec PDVSA la production et à incorporer dans l'entreprise une meilleure technologie. Une plus grande participation à des projets concernant le brut lourd à Petrocedeño et dans le Champ Yucal Placer (état de Guárico) est envisagée dans le domaine du gaz. La réunion entre Nelson Martínez et le vice-président directeur pour l'Amérique Latine de cette entreprise pétrolière Michel Hourcard a eu lieu en août.

     

    Les présidents de PDVSA et de l'entreprise russe Rosneft se sont rencontrés au District Morichal de l'état de Monagas dans le cadre d'une assemblée avec des travailleurs de l'industrie pétrolière en août dernier où ils ont revu les avancées des projets énergétiques qui sont développés par les entreprises mixtes Petromonagas et Petrovictoria des Divisions de Carabobo et d'amélioration de la Ceinture Pétrolifère de l'Orénoque Hugo Chávez. Ces 2 compagnies produisent plus de 500 000 barils par jour. On a parlé de l'expansion des projets de Petromonagas et de la mise en place d'un Plan Stratégique d'Opérations de Petrovictoria.

     

    PDVSA a aussi informé le même mois qu'entre le nouveau ministre du Pétrole Eulogio Del Pino et l'ambassadeur de Russie au Venezuela, Vladimir Zaemskiy « on a revu d'un point de vue stratégique les plans d'investissement conjoints concernant les différentes entreprises russes dans le pays. La réunion a compris la révision des plans de production et d'investissement dans l'entreprise mixte Petrozamora, dont Gazprombank est associé avec 40% de participation. A cause de cela, Igor Gitman, directeur des Affaires de Gazprombank a participé à cette réunion et avec lui ont été définies des actions de garantiront l'accomplissement du plan de développement de cette entreprise mixte. » De plus, « on a discuté de sujets concernant le prochain Comité de Contrôle et de Coordination Ministériel des pays de l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) et n'appartenant pas à l’OPEP qui aura lieu à vienne, Autriche, le 22 septembre prochain » pour stimuler une stratégie de récupération des prix du pétrole.

     

    « Dans le cadre d'une table de travail qui a eu lieu pour la Commission Mixte de Haut Niveau Chine-Venezuela, on a décidé de suivre tout le portefeuille d'investissements conjoints du point de vue de la commercialisation des produits du Venezuela vers la Chine et du point de vue des accords stratégiques de coopération ne matière de pétrole et d'autres espaces d'opportunités qui se profilent dans les 2 nations, » a informé l'entreprise d'Etat vénézuélienne. L'élargissement de la participation de la Chine dans l'entreprise mixte Sinovensa qui opère dans la Ceinture Pétrolifère de l'Orénoque Hugo Chávez est pratiquement un fait acquis. Le vice-président de la Planification et de la Connaissance, directeur extérieur de PDVSA, Ricardo Menéndez, a affirmé que « nous avons un portefeuille d'investissements avec la Chine en matière de pétrole de l'ordre de 9 000 millions de dollars » et que « l'entreprise pétrolière chinoise est intéressée par une participation dans la réactivation de 800 puits de pétrole dans la Ceinture qui générera une croissance de la production de 42 000 barils de brut par jour. » De même, le ministre Eulogio Del Pino a informé sur le développement d'une nouvelle et seconde raffinerie en Chine dans le District de Nanhai qui vient ouvrir un espace pour notre brut qui s'ajoute au marché dans la zone asiatique. Cela est joint à un schéma de commercialisation très agressif qui a été développé avec une entreprise conjointe avec la Chine qui nous offre l'avantage d'une réduction des coûts dans le transport du brut. » Il a expliqué que la révision périodique des accords « s'accompagne de visites dans les zones s'opérations pour contrôler les processus en direct et pour faire le suivi de la bonne marche des projets d'investissement suscités par la Banque de Développement de la Chine. » Nelson Martínez, président de PDVSA, a souligné l'importance « des bénéfices de ces accords de coopération qui non seulement sont évalués en termes économiques mais se reflètent dans la croissance dans le domaine technologique. L'apport de ces compagnies chinoises dans le pays se reflète dans le haut niveau de technicité qu'acquièrent nos travailleurs : c'est dans une grande mesure, un investissement inestimable dans l'avenir en termes de potentiel humain. »

     

    L'entreprise pétrolière nationale a informé le 5 septembre que le Président Nicolás Maduro a eu une réunion de travail avec le président de Chevron pour l'Amérique et l'Afrique, Clay Neff, et avec Alí Moshiri, conseiller du CEO de Chevron « pour explorer des mécanismes qui permettent de continuer la relation » entre PDVSA et la compagnie états-unienne « face au blocus décrété par le Gouvernement des Etats-Unis contre les opérations financières des entreprises conjointes qui se trouvent au Venezuela. »

     

    Les accords rapportés démontent le mythe que le Venezuela est isolé. Les accords avec ce nouveau bloc international se joignent à l'investissement industriel mené à bien à la Raffinerie Puerto La Cruz, dans l'état d'Anzoátegui pour optimiser et élargir le traitement des réserves de brut lourd et très lourd de la Ceinture Pétrolifère de l'Orénoque.

     

    Ce projet a pour nom « Conversion Profonde » et ses plus importants investisseurs étrangers sont l'entreprise japonaise Hyundai Engineering & Construction et l'entreprise chinoise Wison Engineering. Dong Hua, vice-président de Wison, a affirmé que « l'importation de but du Venezuela représente 10% des importations de la Chine. Notre demande augmente tous les jours. Wison est une entreprise qui est prête à continuer à investir longtemps au Venezuela. »

     

    Wison participerait aussi au traitement du gaz dans l'est du Venezuela grâce à l'accès aux fonds de financement asiatiques (Banque de Développement de la Chine et Banque Asiatique pour es Infrastructures) pour renforcer la production d'hydrocarbures et de gaz dans la région latino-caribéenne.

     

    La politique pétrolière du Venezuela, la géopolitique et la géo-économie en hausse

     

    PDVSA étant le principal acteur économique et financier du Venezuela, participe à la création de politiques à tous les niveaux pour renforcer l'industrie pétrolière du pays et sa possible reconversion dans différents domaines de l'action nationale. La participation aux 5 lignes de recherches que mène à bien la Commission Economique à l'Assemblée Nationale Constituante (ANC) en est l'une des clefs.

     

    Les propositions de PDVSA à l'Assemblée Nationale Constituante sont faites dans une situation de siège économique et financier sans précédent. Emily Glazer, pour The Wall Street Journal sur le site Morningstar centre son analyse sur le blocus financier et les pétroliers états-uniens avec du brut vénézuélien aux Etats-Unis : « Certaines raffineries états-uniennes ont lutté pour acheter du brut vénézuélien car les banques états-uniennes ont refusé de délivrer les lettres de crédit dont les acheteurs ont besoin pour importer du Venezuela. »

     

    Consulté par Mission Vérité, l'expert en industrie pétrolière Mendoza Potellá affirme que les actions de PDVSA pendant cette année n'ont rien à voir du tout avec les mesures agressives de l’administration Trump. « Mais elles ont à voir avec une tendance ascendante d'expansion des affaires pétrolières de l'entreprise d'Etat. Déjà, nous ne vendons plus du brut comme avant aux Etats-Unis et l'Inde et la Chine ont été 2 des destinations les plus importantes de l'exportation des barils vénézuéliens. Elles sont la 2° et la 3° destination respectivement, en vue de développer industriellement 2 raffineries en Chine. »

     

    Interrogé sur les alliances et les accords développés par PDVSA ces derniers mois de 2017, Mendoza Potellá a dit que « s'ils ne sont pas suffisants, ils sont nécessaires. C'est devenu urgent dans le climat géopolitique, une diversification des sources, des relations commerciales et des fournisseurs liés à l'industrie du pétrole vénézuélien. Surtout si nous prenons en compte le déficit de la vente de brut aux Etats-Unis, les prix bas qui ont fait qu'en tant que pays, nous avons eu il y a peu une entrée de 100 millions l'année dernière contre 40 000 millions de dollars il y a peu. En plus, le travail industriel de 40% du brut extra-lourd que nous extrayons dont 40% concerne la Ceinture de l'Orénoque a été nécessaire.

     

    A cause de cela, PDVSA a cherché un financement pour le développement de cette sorte de brut dont parle Mendoza Potellá dans le Projet Conversion Profonde dans lequel différents capitaux sont présents. Un point qui démontre aussi que le Venezuela n'est pas isolé : c'est l'un des acteurs les plus importants dans la mappemonde énergétique avec les pays qui font partie de l'OPEP et des BRICS dont la Russie et la Chine.

     

    La récente mesure financière du Gouvernement Bolivairen annoncée par le Président Maduro devant l'ANC avec la mise en place d'un nouveau panel de paiements internationaux qui comprendrait la roupie indienne, le rouble russe, l'euro (si l'Union Européenne ne soutient pas le blocus états-unien des finances vénézuéliennes) et le yuan chinois le confirme. Une mesure qui s'étend à la géopolitique et à la géo-économie avec l'information donnée par Sputnik Mundo que la Chine, le plus important importateur de brut du monde « est prête à signer des contrats du futur sur le pétrole en yuans avec son éventuelle conversion en or, » ce qui éviterait l'usage du dollar pour ces affaires à l'échelle mondiale.

     

    La responsabilité de PDVSA dans ce combat géopolitique et géo-économique qui a les ressources naturelles en son centre et le juste équilibre dans les prix internationaux du pétrole est grande. Elle est due aux actions rapportées dans ce reportage comprises non en tant que valeur technique de l'industrie mais en tant qu'actif géopolitique.

     

    Les menaces, l'ingérence et les blocus sont les ressources actuelles d'une élite états-unienne et européenne qui cherche à récupérer ce que PDVSA gère en toute souveraineté, son incursion réussie en 2017 dans un projet géo-économique alternatif et à long terme. En ce moment historique, l'entreprise d'Etat vénézuélienne est attaquée sur tous les flancs, prends les décisions nécessaires pour se développer dans l'industrie pétrolière locale malgré les circonstances et joue un rôle important sur le plan géo-économique mondial. La responsabilité qu'elle a en tant que principal créateur de l'économie et des finances du pays et en représentant le Venezuela dans le grand concert international se comprend alors.

     

    traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

     

    Source en espagnol :

    http://misionverdad.com/LA-GUERRA-EN-VENEZUELA/alianzas-estrategicas-y-acuerdos-de-pdvsa-en-la-disputa-global-por-los

    URL de cet article :

    http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2017/09/venezuela-l-histoire-non-racontee-de-pdvsa-en-2017-reportage-special.html