• POURQUOI PAS !!!

    9 Août 2018

    Publié par El Diablo

    BREXIT : face à la trahison du Parti conservateur, Les communistes britanniques (PCGB) militent pour l’organisation immédiate d’élections générales

    Article de Robert Griffiths, secrétaire général du Parti communiste de Grande-Bretagne, paru dans le bulletin de propagande du PCB « Unity » de juillet 2018. Traduction de ML pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf ».  Ce texte a été écrit avant la vague de démissions de ministres conservateurs.

     

    L’accord auquel est arrivé le gouvernement conservateur prévoyant les conditions d’un « Brexit super soft » engage la Grande-Bretagne à conserver son alignement sur de nombreux règlements de l’UE, dont l’interdiction des aides d’Etat à l’industrie. Il enferme le pays dans le marché unique des marchandises, limite la possibilité de notre pays à négocier indépendamment des traités commerciaux et concède une large surveillance aux institutions de l’UE sur la législation britannique.

     

    Ceux qui détiennent vraiment le pouvoir, et sont derrière le parti de la classe dominante – le grand capital, les banques, la haute administration, les chefs de l’armée et du renseignement, les industriels de l’armement et de l’énergie – sont déterminés à dévoyer le vote pour le Brexit. Mais le Parti conservateur a aussi un électorat à contenter. S’il a pu traditionnellement jouer un rôle de modérateur des prétentions des plus riches, il a toujours fait bloc contre le mouvement de la classe ouvrière. 

     

    Aujourd’hui, la classe dirigeante est divisée, comme le gouvernement.  La partie la plus puissante de la classe dominante, celle dont les liens sont les plus étroits avec les milieux d’affaires, a emporté le morceau. Mais Theresa May a eu tout le mal du monde à imposer sa « stratégie du Chequers » [référence au jeu de dames] lors du weekend de travail de son parti. Johnson a infléchi sa position pour soutenir May, avant de faire le contraire le lendemain. La démission du secrétaire d’Etat au Brexit, Davis, et de son cabinet, n’était pas en mesure de menacer le premier ministre. Pas plus, c’est ce qui apparaît pour l’instant, que la démission de son, très discrédité, ministre des affaires étrangères [Johnson].

     

    Mais des divisions profondes demeurent. Theresa May a toujours été une militante du maintien dans l’UE et elle est en place, maintenant, pour parvenir à un Brexit « super-soft » [avec le moins de conséquences]. Si la poursuite de sa stratégie devait être réellement menacée, alors il n’y aurait qu’un seul soutien vers lequel elle pourrait se tourner. Ce sont les Blairistes, le fond pro-UE des députés travaillistes droitiers, dont la loyauté à la « Forteresse Europe », militarisée par l’OTAN, au capitalisme du libre-échange et à l’UE, contraste avec leur absence d’enthousiasme pour les politiques socialistes et pour un gouvernement travailliste qui pourrait les amorcer.

     

    L’idée qui a rassemblé les conservateurs partisans du maintien dans l’UE, les Libéraux-Démocrates, parfois certains nationalistes, l’appareil des Verts et les Blairistes est qu’une majorité parlementaire pourrait se retrouver pour approuver les termes du diktat de l’UE voire même pour mettre un veto à l’ensemble du Brexit.

     

    Dans cette firection, nous avons subi une campagne interminable de fausses rumeurs, de scénarios alarmistes et de coups bas, avec la BBC et la presse libérale en pointe dans les mensonges.

     

    Le Parti travailliste peut battre ce gouvernement.

     

    Plusieurs positions politiques sont soutenues par une majorité claire du peuple britannique : la fin de la privatisation du Système national de santé, des aides du gouvernement à l’industrie, la renationalisation des chemins de fer et de services publics, la réforme de la TVA, la lutte contre l’évasion fiscale, le rétablissement des droits syndicaux ou l’interdiction de la surexploitation des travailleurs migrants. Sur tous ces points, le Parti travailliste peut construire un rassemblement d’électeurs susceptible de gagner.

     

    En mettant en évidence que ces objectifs politiques ne peuvent pas être réalisés au sein de l’UE ou dans le cadre d’un Brexit « Supersoft », il est possible de mettre de la clarté dans un débat qui a été brouillé aux yeux des gens par une campagne profondément malhonnête des médias cherchant à cacher la réalité néolibérale de l’UE sous couvert de « libertés ».

     

    La Parti travailliste doit maintenant mettre en avant une alternative solide, de gauche et progressiste à la trahison par les Conservateurs du vote populaire. Il doit imposer la tenue d’élections anticipées et mener campagne sur un manifeste qui engage un gouvernement travailliste à rompre avec l’austérité, à rendre l’argent des coupes budgétaires, à soutenir l’industrie dans toute la Grande-Bretagne, à investir dans les infrastructures et dans l’énergie verte, à développer les échanges avec les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique-du-Sud) et avec d’autres économies émergentes,  à redistribuer la richesse et à rendre les pouvoirs repris à l’UE aux nations et aux régions britanniques ainsi qu’à à l’Etat fédéral.

     

    Le temps est venu d’obtenir le « vote du peuple » dont la Grande-Bretagne a besoin – une élection générale pour renvoyer les conservateurs divisés et élire un gouvernement travailliste de gauche. Le Parti travailliste de Jeremy Corbyn doit maintenant intervenir pour négocier un véritable « Brexit du peuple », non un « soft Brexit » ou un Brexit néolibéral.  

     

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