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    Le capitalisme, La Poste et la suppression des mandats 8 Janvier 2018

    Et si l’on supprimait le capitalisme avant qu’il ne supprime la Poste ~ qui vient de supprimer les mandats?

     

    Le 28 août 2017, La Poste enterrait déjà le mandat cash «urgent», une formule qui permettait aux destinataires de retirer immédiatement la somme qui leur avait été envoyée, dans un des 9 000 bureaux de poste de l’Hexagone. Cette fois, La Poste va plus loin. Depuis le 31 décembre, le mandat cash «ordinaire», qui permettait de transférer jusqu’à 1 500 euros, disponible pour le bénéficiaire le lendemain du transfert a disparu. Il ne sera donc plus possible de transférer des fonds par le biais de ce service postal.

    Pour justifier cette décision, La Poste affirme que sur ces cinq dernières années, l’usage du mandat cash a chuté de 25%. Ce service de transfert d’espèce pourtant historique n’est plus d’actualité en France et pour cause, 99% des ménages possèdent désormais un compte en banque, précise l’entreprise.

    L’entreprise publique continuera notamment de distribuer le produit de Western Union, une entreprise américaine permettant le transfert d’argent instantané dans toute la France.

    Comme je l’ai constaté il y a quelques minutes dans une poste parisienne, les employées se contentent de renvoyer sur l’agence Western Union la plus proche. «C’est plus simple!» a-t-on précisé à une dame, en guise de consolation.

    Cette décision de supprimer l’envoi d’argent en espèces grâce au service postal a été dénoncée par les syndicats SUD PTT et CFTC, qui estiment que cela pénalisera une partie de la population. «C’est toujours la même population qui fera les frais de cette politique qui tourne le dos au service public : les plus démunis» pour qui «la suppression de ce service ne fera qu’accentuer la fracture bancaire», a déclaré le syndicat SUD PTT dans un communiqué.

    De telles mesure, sous prétexte de changements d’habitudes de la clientèle et de lutte contre la fraude, constituent une extraordinaire violence à l’encontre des plus pauvres, touchés dans leur survie quotidienne.

    Vous vous êtes déjà habitué·e·s à aller chercher vos colis au pressing ou dans l’épicerie du coin? Tant pis!

    Vous avez constaté que le nombre de guichets dans la poste de votre quartier a été divisé par 4 ces vingt dernières années? (En général à la suite de coûteux et successifs «réaménagements») Tant pis!

    La suppression des mandats est un pas de plus vers la disparition définitive de la Poste en tant que service public.

    Bientôt (dix, quinze ans?), tout le courrier et la plupart des transactions courantes seront abandonnés aux entreprises privées. La Poste ne sera plus qu’une banque, doublée d’une compagnie d’assurance.

    Je ne doute pas qu’ils soit très désagréable de se faire passer à tabac, comme cela est arrivé à une policière ces derniers jours. À vrai dire, je le sais par expérience, m’étant fait casser la tête et éclater le foie par des flics en civils de la BAC (en 1996, après l’occupation de l’église Saint-Bernard).

    Mais quand M. Macron, ou je ne sais quel guignol boursouflé appelé à le remplacer d’ici-là sera pendu par les pieds, en famille, comme un quelconque dictateur fasciste, ne venez pas me demander de verser une larme sur la «violence de notre époque».

    Il existe une violence de classe. Je la vois s’exercer, lors des vœux présidentiels et au guichet de la Poste.

    Il est prévisible – il sera parfaitement logique et légitime – qu’elle se retourne un jour contre ceux qui l’emploient, directement ou par mercenaires interposés.

    Ça ne sera pas beau à voir?

    Non, en effet!

    Mais tant qu’à vomir, permettez-moi de préférer que ce soit sur le cadavre de mes ennemis.

    Nota. En dehors de mon témoignage, les éléments factuels de ce billet ont été pris à un article du Figaro. Il faut recycler les ordures…

    Tag(s) : #actualités

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