• Venezuela : Petro, monnaies virtuelles, géopolitique et sanctions yankees 8 Décembre 2017

    Le président Nicolás Maduro a annoncé la création d'une monnaie virtuelle vénézuélienne (le petro) soutenu par les réserves de pétrole, de gaz, d'or et de diamants du pays et d'un Observatoire Vénézuélien de Blockchain pour donner une base juridique et institutionnelle à la monnaie virtuelle. Qu'est-ce que cette initiative financière qui gagne de plus en plus d'espace dans le monde des finances ?

     

    Qu'est-ce qu'une monnaie virtuelle ?

     

    Une monnaie virtuelle est, à la base, un moyen d'échange électronique. Contrairement aux monnaies émises par les Banques Centrales (dollars, euros, etc...), la particularité des monnaies virtuelles est que leur « production » dépend de personnes naturelles ou juridiques non sujettes à réglementation ou à la médiation des institutions financières mondiales (dirigées par les Etats-Unis) et des institutions financières des Etats.

     

    Ce processus de production, connu sous le nom de « minage », dans lequel des réseaux de personnes ou des groupes (appelés « mineurs ») dotés d'ordinateurs très puissants se font concurrence sur internet pour obtenir la récompense (bitcoin ou une autre monnaie virtuelle) en résolvant des problèmes mathématiques complexes en essayant des chiffres au hasard très rapidement.

     

    Comme dans un casino, le premier qui donne la bonne réponse reçoit la monnaie virtuelle et elle est distribuée entre les mineurs gagnants.

     

    Depuis leur popularisation en 2009 avec le fameux système Bitcoin, l'utilisation des monnaies virtuelles dans le monde et surtout leur prix ont augmenté de façon exponentielle, ce qui découle non seulement de la forte demande d'achat de ces monnaies mais aussi des facilités qu'elles procurent : bas coût des transactions et sécurité puisqu'elles peuvent être contrôlées par ceux qui font partie du réseau et ne passent pas par la banque internationale.

     

    La croissance a été telle que des banques comme Goldman Sachs et BlackRock offrent déjà des services de gestion pour des fonds de couverture investis de façon agressive dans des monnaies virtuelles.

     

    Bien qu'à leurs débuts elles aient été conçues comme un moyen de paiement virtuel, les monnaies virtuelles sont devenues progressivement des monnaies de réserve, des protections pour des actifs financiers ou tout simplement un outil d'investissement. La valeur d'une monnaie virtuelle dépend de la demande et a pour référence les devises qui ont le plus d'influence dans le monde comme l'euro, le dollar et le yuan.

     

    Et le Blockchain?

     

    Selon le site Investopedia, les Blockchain (chaînes ou blocs de paiement) sont un livre virtuel qui, de façon décentralisée et publique, comptabilise toutes les transactions en monnaies virtuelles. A chaque nœud (serveur connecté à ce réseau), on peut charger une copie de n'importe quelle transaction. Ce système opère hors des institutions classiques du système financier international.

     

    A la base, c'est un système de comptabilité qui, sous la forme de blocs, génère un enregistrement permanent en garantissant, d'après ses pionniers, un mécanisme fiable, sûr et non régulé par une autorité centrale pour contrôler les transactions en monnaies virtuelles.

     

    Le faux débat autour des monnaies virtuelles

     

    La croissance des monnaies virtuelles – le bitcoin a dépassé la barre des 11 000 dollars l'unité il y a quelques heures – a commencé à inquiéter les maîtres de l'économie mondiale, ce club sélect formé par des institutions financières multilatérales, de grandes banques centrales et des banques privées de poids.

     

    A l'avertissement de la Banque des Paiements Internationaux (BIS), une institution financière qui contrôle presque toutes les transactions mondiales et qui a été liée à la puissante famille Rothschild, concernant le rôle nocif du bitcoin s'est ajouté l'alerte de la Réserve Fédérale des Etats-Unis sur le « danger » que représentait pour le système financier international l'usage des monnaies virtuelles.

     

    D'autres grandes banques comme JP Morgan ou UBS ont condamné ouvertement les investissements en monnaies virtuelles.

     

    Les inquiétudes de ces acteurs de la finance sont basées sur le fait que le système de transactions en monnaies virtuelles favorise l'anonymat et, du coup, des opérations criminelles liées au trafic de drogues et au commerce illégal des armes. Les grandes banques privées des Etats-Unis ont blanchi de l'argent pour le trafic de drogues mondial et pour des groupes paramilitaires comme l'Etat Islamique ou le Cartel de Los Zetas, c'est pourquoi ces « inquiétudes » reflètent bien plus la concurrence ouverte qui existe avec les monnaies virtuelles qui se développent.

     

    Le débat autour de l’utilisation du bitcoin dans des opérations criminelles est totalement fallacieux car le problème n'est pas le moyen utilisé pour leur financement mais l'existence de ces organisations en soi, traditionnellement soutenues par les Etats-Unis et l'OTAN.

     

    A propos de la valeur et du soutien de la monnaie virtuelle, il est également important de préciser que le dollar n'a pas d'autre soutien que la « confiance » (un élément psychologique, pas matériel) depuis que l’administration Nixon a rompu avec la convertibilité dollar/or.

     

    Les monnaies virtuelles au Venezuela

     

    Suite aux distorsions crées par Dólar Today sur le marché des changes vénézuélien, les activités de minage de la monnaie virtuelle ont augmenté. Une organisation impliquée dans ces affaires, Dash Caracas, a indiqué qu'en septembre, environ 40 000 millions de bolivars de transactions en monnaies virtuelles ont été réalisées.

     

    Etant donné le faible coût de l'électricité au Venezuela et l'augmentation quotidienne du dollar sur le marché parallèle, le minage est devenu rentable et attractif en tant que mécanisme d'épargne et d'accès aux devises. Un reportage publié récemment par la BBC sur ce sujet a évoqué le fait que « les mineurs au Venezuela sont généralement de jeunes entrepreneurs, la plupart de sexe masculin, familiarisés avec les technologies et membres de la classe moyenne ou des personnes puissantes. »

     

    Bien que le coût de l'électricité soit faible, les investissements dans les équipements nécessaires au minage sont importants et considérables en dollars. Le reportage affirme que « les mineurs sont responsables de la détérioration du service électrique » à cause de la forte consommation en électricité requise par cette activité.

     

    L'Observatoire Vénézuélien de Blockchain et le « petro » pourraient être en soi un mécanisme de régulation et d'intervention de cette activité au Venezuela et même un sur-bitcoin (leader dans les prix de référence et les transactions en monnaies virtuelles). Cet organisme a dit que son principal partenaire bancaire est Banesco. Cependant, dans un contexte de mondialisation financière de plus en plus accélérée dans lequel les Etats-nation perdent leur capacité de contrôle intérieur, il est très compliqué de réguler totalement le minage de monnaies virtuelles (pas seulement au Venezuela).

     

    Le cas de la Chine, un Etat loin d'être considéré comme faible, est typique : 80% des bitcoins du monde sont utilisés dans ce pays.

     

    Le Venezuela, la Russie et les monnaies virtuelles, une manœuvre politique contre les sanctions des Etats-Unis ?

     

    Contrairement à ce qu'on dit sur les monnaies virtuelles, Venezuela et la Russie, à seulement 2 mois d'intervalle, ont annoncé la création de monnaies virtuelles nationales pour faciliter leur commerce international. Dans la cas de la Russie, la monnaie aura le nom de cryptorouble, ne pourra pas être minée et son taux de change sera déterminé par la Banque Centrale de Russie.

     

    A aucun moment, cette décision n'implique la légalisation du marché du bitcoin en Russie. L'idée initiale est de profiter de ses avantages de façon contrôlée. L'Etat vénézuélien pourrait planifier quelque chose de similaire.

     

    Le Venezuela et la Russie sont tous 2 sanctionnés par les Etats-Unis, ce qui limite leur accès au marché financier et au système financier lié au dollar pour des transactions et des projets d'investissement.

     

    Les Etats-Unis envisagent la possibilité, selon Bloomberg, d'appliquer des sanctions contre la dette russe (dans le style de celles appliquées au Venezuela), c'est pourquoi le Gouvernement de Poutine trouve dans la création d'une monnaie virtuelle nationale une réponse immédiate pour protéger sa dette et sa connectivité financière dans le monde.

     

    2017 a été une année importante dans la transition vers un système financier émergent séparé du dollar où la Russie et la Chine ont été actifs dans la construction d'une architecture de paiements, d'investissements et d'échanges commerciaux au niveau régional dans leurs propres monnaies nationales, des éléments nouveaux qui ne rivalisent pas nécessairement avec la monnaie virtuelle. Dans le cadre de cette offensive, en ce qui concerne l'Amérique Latine, le Venezuela joue un rôle d'avant-garde dans cette projection géo-économique qui défie la moelle épinière du pouvoir politique des Etats-Unis dans le monde : la dépendance envers le dollar.

     

    Une des raisons qu'avance la Russie pour lancer sa propre monnaie virtuelle nationale est que le principal pivot géo-économique, la Communauté Economique Euro-asiatique, l'un des pôles commerciaux les plus dynamiques du monde multipolaire qui se développe, est favorable à l'utilisation de ce moyen de paiement pour ses échanges commerciaux.

     

    La Russie, sans aucun doute, voit les bénéfices – prudemment et sur la base des événements – géopolitiques qu'il y a à utiliser un système de paiement qui ne dépend pas du dollar (au-delà du fait qu'il soit utilisé comme référence) et qui permet de contourner les barrières financières imposées par les sanctions.

     

    Pour sa part, le Venezuela souffre d'un terrible blocus financier, économique et pétrolier qui en plus de limiter son accès aux marchés de la dette, en est arrivé au point de bloquer ses transactions les plus élémentaires pour le paiement de la dette extérieure et pour l'importation de médicaments et d'aliments à un moment où la population en a le plus besoin. L'utilisation de la monnaie virtuelle facilite au Venezuela et à la Russie la coopération et le financement en trouvant une voie commune pour augmenter le financement dans le domaine de l'énergie, un domaine important pour la soutenabilité économique du pays à moyen terme.

     

    L'annonce du président Maduro ne doit pas être vue isolément mais comme faisant partie d'une stratégie financière qui cherche des mécanismes alternatifs pour surmonter les limitations de la banque étasunienne pour réaliser des paiements et importer des fournitures vitales pour la population. La monnaie virtuelle offre une alternative dans cette situation puisqu'elle pourrait fonctionner comme un mécanisme de financement en devises et de paiement hors de la banque étasunienne.

     

    Dans le cadre de cette stratégie, PDVSA a commencé il y a quelques mois à donner la cote du brut vénézuélien en yuans et on a donné l'ordre que les paiements et les importations migrent progressivement vers des banques européennes et asiatiques pour surmonter le blocus financier des Etats-Unis. La monnaie virtuelle vénézuélienne, selon Maduro, serait une espèce de nouvelle étape dans cette démarche pour se séparer du dollar.

     

    C'est une mesure politique

     

    Conclusions

     

    La quantité de monnaie virtuelle à émettre, ses conditions, dépendront du Gouvernement et il lui reviendra de déterminer les quantités d'onces d'or, de barils de pétroles, de BTU de gaz ou de carats de diamants pour définir sa valeur ainsi que son insertion dans les cartes de paiement en monnaies virtuelles. De la même façon, une fois ce mécanisme mis en marche, le marché du dollar parallèle sera lié à la valeur du petro qui pourra faire baisser le marqueur qui, jour après jour, stimule l'inflation au Venezuela pour des raisons politiques.

     

    Un article de Bloomberg écrit par Leonid Bershidsky sur l'annonce du Président Nicolás Maduro signale avec colère qu'une monnaie virtuelle vénézuélienne pourrait surmonter les sanctions financières des Etats-Unis, donner la possibilité de contracter une dette et d'avoir un certain degré d'anonymat avec le système de Blockchain centralisé en protégeant les créanciers des sanctions et donner l'accès nécessaire aux devises. Les monnaies virtuelles peuvent être utilisées comme outils par des pays sous sanctions étant donné qu'elles ne sont pas contrôlées et ne passent pas par les institutions financières des Etats-Unis et d'Europe.

     

    On ne doit pas traiter le sujet des monnaies virtuelles à partir d'une analyse morale. Sont-elles bonnes ou mauvaises ? Cela dépend de l'usage qu'on en fait et de leur effet selon la stratégie employée. Nous rendent-elles vulnérables aux fonds vautours et aux spéculateurs financiers ? Cela arrive avec toutes les devises, ce n'est pas particulier aux monnaies virtuelles. Les fonds vautours agissent contre le Venezuela sans avoir utilisé ce mécanisme. Peuvent-elles être utilisées pour des affaires illégales ? Le dollar et les banques étasuniennes ont été utilisés pour blanchir de l'argent par des groupes terroristes et des trafiquants de drogues. En fait, ce qui fait peur, c'est la montée des monnaies virtuelles.

     

    Le thème des monnaies virtuelles fera beaucoup parler au Venezuela et si une chose est claire en 2017, c'est que la confiance en Maduro est importante pour gagner les batailles qu'il nous reste à livrer.

     

    Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

     

    Source en espagnol :

    http://misionverdad.com/LA-GUERRA-EN-VENEZUELA/criptomoneda-venezolana-geopolitica-y-sanciones-gringas-investigacion

    URL de cet article :

    http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2017/12/venezuela-petro-monnaies-virtuelles-geopolitique-et-sanctions-yankees.html

    Venezuela : Petro, monnaies virtuelles, géopolitique et sanctions yankees

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  • 12 Décembre 2017

    Publié par El Diablo

    La décision des États-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël montre, une nouvelle fois, son mépris du droit international et le cynisme avec lequel l'impérialisme américain participe activement au crime commis contre le peuple de Palestine par Israël et ses alliés, principalement les Etats-Unis et l'Union Européenne.

    En effet, l’Union Européenne ne cesse d’apporter son soutien au gouvernement israélien, en mettant sur le même plan l'auteur et la victime, proclamant comme «terrorisme» la juste lutte du peuple de Palestine. 

    Un des résultats de cette politique de longue date est la poursuite de l'occupation de la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem Est, la violence exercée par l’État d'Israël contre le peuple palestinien, les meurtres « ciblés », les milliers de prisonniers politiques, le mur, les colonies en expansion, bref l’apartheid et l’emprisonnement de tout un peuple.  


    Cette nouvelle décision de Donald Trump a plusieurs raisons :

     

    -diversion pour tenter de sortir d’une situation politique intérieure difficile (défections, et implication de ses proches dans diverses affaires)

     

    -montrer le « retour de l’Amérique » à ses concitoyens et au monde

     

    -soutenir Netanyahou lui aussi empêtré, ainsi que sa famille, dans des affaires de corruption

     

    -empêcher la fondation et la reconnaissance d'un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale, à côté d'Israël

     

    -rassurer ses électorats catholiques, évangélistes et israélites

     

    -dérouler la mise en œuvre du « Grand Moyen Orient », plan étatsunien visant à contrôler les ressources énergétiques et les parts de marché, les routes de transport de marchandises dans la région du Moyen-Orient et du Golfe Persique en modifiant les frontières

     

    Le Pardem condamne fermement la décision américaine et appelle le gouvernement français et tous les démocrates à refuser ce coup de force de l’administration Trump.

    Aucun État ni aucun citoyen ne peut admettre que les Etats-Unis s’arrogent seul le droit de « produire du droit » international par la force. 

    Les gouvernements français successifs et l’Union Européenne ont de lourdes responsabilités dans cette situation parce qu'ils exonèrent l’Etat d’’Israël d’appliquer les résolutions de l’ONU, soutiennent systématiquement l'impérialisme américain et l’expansionnisme israélien dans la région. 

    De plus, la France et la majorité des pays de l’Union Européenne sont responsable de ne pas reconnaitre l'État palestinien.

    Le
    Pardem exprime, une fois de plus, sa solidarité avec la juste lutte du peuple palestinien et condamne fermement la décision américaine.

     

    SOURCE :


  • 12 Décembre 2017

    Publié par El Diablo

    Les déplacements du Président en Afrique

    Dans le but de redorer l’image de la France en Afrique, le Président de la République a effectué un déplacement au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Ghana et aujourd’hui en Algérie.

     

    A Ouagadougou, s’étant affirmé dénonciateur des crimes de la colonisation, monsieur Macron s’est présenté comme l’initiateur d’un nouveau combat anticolonialiste. Mais ses réponses aux questions des jeunes burkinabés affirmaient plus souvent un mépris arrogant et rarement du respect et de la considération. Au total, monsieur Macron a fait preuve d’un comportement violent sans égard pour les enfants et petits-enfants des paysans africains qui ont subi les travaux forcés et les déportations de l’ère coloniale précédente.

     

    Concrètement, monsieur Macron a regretté la pratique de la tutelle colonialiste d’hier dite du « France Afrique » qu’il a bien connue puisqu’il fut secrétaire général de l’Elysée sous le mandat du Président de la République précédent, tutelle qui assurait au gouvernement français le contrôle politique, administratif, monétaire et économique des pays africains anciennement colonies françaises. Et il a annoncé son remplacement par la prise en charge économique de ces pays par les grands groupes industriels et financiers. Autrement dit l’instauration d’un nouveau colonialisme qui cassera tout l’équilibre économique africain.

     

    Il a simplement changé la formule existante depuis des décennies tout en maintenant la situation d’exploitation des peuples africains et poursuivant la mise en cause de leurs souverainetés sous de nouvelles formes.

     

    Nous réprouvons cette nouvelle formule qui assure la prise en mains des pays d’Afrique par le grand capital mondialisé alors qu’ils ont besoin de souveraineté, d’indépendance économique et politique.

     

    ARAC

    Villejuif, 6 décembre 2017

     

    SOURCE:


  • La Russie et les sanctions : chat échaudé…


    La Russie va construire, pour les BRICS, une alternative au système de serveurs de noms de domaine d’Internet, à l’abri des sanctions


    Russia Today

    Par RT Staff – Le 1er décembre 2017 – Source Russia Insider

    Le Conseil de sécurité russe a demandé au gouvernement du pays de développer une infrastructure Internet indépendante pour les pays du BRICS, qui continuerait à fonctionner en cas de dysfonctionnements Internet mondiaux.

    L’initiative a été discutée lors de la réunion d’octobre du Conseil de sécurité russe, qui est le principal organe consultatif de la Russie en matière de sécurité nationale. Le président Vladimir Poutine a fixé personnellement la date limite du 1er août 2018 pour l’achèvement de la tâche, a rapporté l’agence de presse RBC.

    En discutant de la question, les membres du Conseil ont noté que « l’augmentation des capacités des pays occidentaux à mener des opérations offensives dans le domaine de l’information ainsi que la volonté accrue d’exercer ces capacités constituent une menace sérieuse pour la sécurité de la Russie ».

    Ils ont décidé que le problème devait être résolu en créant un système distinct des serveurs de noms de domaine (DNS), qui ne serait pas soumis au contrôle des organisations internationales. Ce système serait utilisé par les pays du BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud.

    La question de la dépendance excessive vis-à-vis du DNS mondial a déjà été abordée par la Russie. En 2014, le ministère russe des Communications a mené un exercice majeur dans le cadre duquel il simulait la « désactivation » des services Internet mondiaux et utilisait, avec succès, un système de sauvegarde russe pour maintenir les opérations Web dans le pays.

    Cependant, lorsque les journalistes ont demandé au secrétaire de presse de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, si les autorités du pays avaient envisagé de se déconnecter de l’internet mondial en 2014, Peskov avait rejeté ces allégations.

    Il avait déclaré à l’agence de presse Interfax : « La déconnexion de la Russie de l’Internet mondial est bien sûr hors de question. » Cependant, le fonctionnaire a également souligné que « récemment, une bonne part d’imprévisibilité est présente dans les actions de nos partenaires tant aux États-Unis que dans l’UE, et nous [la Russie] devons être prêts pour tout changement d’orientation ».

    « Nous savons tous qui est l’administrateur en chef de l’Internet mondial. Et en raison de sa versatilité, nous devons réfléchir à la façon d’assurer notre sécurité nationale », a déclaré Peskov. Il ne s’agit pas de déconnecter la Russie du World Wide Web, a-t-il ajouté, mais de « la protéger contre une éventuelle influence extérieure ».

    Russia Today Staff

    Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone


  • Corruption endémique dans les opérations militaires US à l’étranger

    US Military Fraud Endemic in Overseas Operations


    Wayne MadsenPar Wayne Madsen – Le 21 novembre 2017 – Source Strategic Culture

    L’histoire nous enseigne que lorsque les empires s’étendent exagérément, les commandants militaires deviennent des chefs de guerre semi-autonomes qui introduisent des systèmes de corruption et de trafic d’influence. Ce fut le cas dans l’Empire romain en 193 après J.-C., lorsque la garde prétorienne de l’empereur Pertinax – une force de sécurité personnelle de l’empereur, unité d’élite qui se distinguait sur les champs de bataille lointains – vendit celui-ci à un aspirant empereur, Didius Julianus, en échange d’un pot-de-vin. La Garde prétorienne assassina Pertinax et jura allégeance au nouvel empereur.

     

    La pourriture de la corruption assura la chute d’autres empires mondiaux. La frauduleuse Compagnie britannique des Indes orientales et ses dirigeants nababs, soutenus par la puissance militaire et navale britannique, a contribué à déclencher les rébellions coloniales en Amérique du Nord dans les années 1770 et en Inde en 1857.

    Alors que les États-Unis ont étendu leur vaste champ d’action militaire au Moyen-Orient, en Asie du Sud, en Afrique, en Europe, en Asie-Pacifique et en Amérique latine, la corruption au sein des soi-disant zones de responsabilité devenait rampante.

    Dans le commandement de la région Pacifique (PACOM), un important scandale de corruption et de fraude a atteint l’entreprise contractante de l’US Navy, Glenn Defense Marine Asia (GDMA), basée à Singapour et dirigée par Leonard Glenn Francis, un Malaisien de 160 kilos, surnommé Fat Leonard. En échange de cadeaux divers − argent liquide ; vacances dans des hôtels de luxe ; vols en première classe et en classe affaires ; billets de concert onéreux ; montres Rolex ; stylos Mont Blanc ; champagne Dom Pérignon ; crus de vin réputés ; cigares cubains ; cures thermales ; foie gras ; bouteilles de cognac et prostituées − les officiers de la marine américaine ont fourni à Leonard un accès pratiquement sans limite aux renseignements de la Marine et aux informations contractuelles sensibles, utilisés ensuite par GDMA pour obtenir des contrats logistiques lucratifs auprès de l’US Navy. Le scandale Fat Leonard s’est étendu à des officiers supérieurs, y compris des amiraux, attachés à la septième flotte au Japon. L’enquête de l’US Navy se poursuit et plus de 60 amiraux seraient sous le coup d’une enquête par les autorités judiciaires. Pendant des années, le scandale de l’US Navy a prospéré partout, Japon ; Philippines ; Singapour ; Indonésie ; Vietnam ; Sabah ; Corée du Sud ; Inde ; Thaïlande ; Cambodge ; Australie ; Sri Lanka ; Hawaï et Washington DC, atteignant des officiers de la marine, du personnel enrôlé, des officiers du Corps des marines et des civils du gouvernement américain, y compris des enquêteurs du Service naval d’enquête criminelle (NCIS).

    L’une des pires fraudes ayant surgi des entrailles néocons de l’administration de George W. Bush impliquait le Commandement de l’Afrique (AFRICOM). Le 4 juin 2017, l’assassinat par strangulation, à Bamako au Mali, du béret vert de l’US Army le sergent Logan Melgar, par deux membres de l’US Navy SEAL, est maintenant lié à la découverte que ces derniers empochaient les fonds officiels utilisés par AFRICOM pour payer les informateurs dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Ce type de fraude dénote une culture de la malfaisance répandue dans les commandements des zones de responsabilité des États-Unis, notamment l’AFRICOM, le Commandement central (CENTCOM) et le Commandement du Sud (SOUTHCOM).

    Selon des rapports parus dans le New York Times et The Daily Beast, la mort de Melgar des mains des deux voleurs des SEAL s’est produite dans une caserne de l’enceinte de l’ambassade des États-Unis au Mali. Les sous-officiers Anthony DeDolph et Adam C. Matthews auraient tué Melgar après qu’il a refusé une offre de partager leur butin mal acquis, et fait part de ses inquiétudes dans des courriels à sa femme aux États-Unis. Les SEAL ont affirmé que Melgar est mort après avoir perdu connaissance au cours d’une séance d’entraînement au combat au corps à corps. Les SEAL ont également dit aux enquêteurs militaires que Melgar était ivre lorsqu’il a perdu conscience, suite à une prise d’étranglement exécutée pendant le combat. Cependant, le Commandement des opérations spéciales et le Commandement des enquêtes criminelles de l’Armée (USACIC) ont conclu que les SEAL avaient tellement varié dans leurs explications qu’ils étaient devenus des suspects plutôt que des témoins dans l’enquête. Une autopsie a révélé qu’il n’y avait aucune trace d’alcool ou de drogue dans le corps de Melgar au moment de sa mort. De plus, des amis de Melgar et des membres de sa famille ont déclaré qu’il était abstinent et ne buvait donc pas d’alcool.

    L’AFRICOM et l’USACIC ont essayé de dissimuler les détails de la mort de Melgar jusqu’à ce que le New York Times soit à l’origine de la révélation de l’histoire le mois dernier. L’USACIC a transféré l’enquête au NCIS (service de la marine), qui est pire que son homologue de l’armée pour couvrir des affaires pénales militaires sensibles. Aucun des deux SEAL, renvoyés aux États-Unis et placés en congé administratif, n’a été inculpé pour le meurtre de Melgar. Ce sont apparemment des officiers du Commandement des opérations spéciales des États-Unis, dont le quartier général se trouve à Tampa, en Floride, qui ont averti la presse de la dissimulation de la mort de Melgar.

    AFRICOM a également hésité à fournir des détails complets sur l’embuscade dans laquelle est tombée une unité conjointe US-Nigéria, opérant près du village nigérien de Tongo-Tongo en octobre de cette année. Quatre membres de l’armée américaine ont été tués par une force armée qui n’a toujours pas été identifiée par AFRICOM. Tongo-Tongo se trouve sur une importante route de contrebande africaine concernant les êtres humains, la drogue, l’ivoire et les armes entre l’Afrique de l’Ouest et l’État failli de Libye. On a appris, plus tard, que les quatre soldats américains sont morts entre les mains des assaillants, après que les membres de l’armée nigérienne de l’unité ont fui les lieux pendant l’attaque. Le corps d’un des soldats américains, le sergent La David Johnson, a présenté des signes de torture avant d’être exécuté par les ravisseurs non identifiés.

    Le cas de Melgar est semblable au meurtre du professeur d’éthique de West Point, le colonel Ted Westhusing, à Bagdad en 2005. Comme l’AFRICOM au Mali et dans d’autres pays africains, le CENTCOM s’est vu confier des centaines de millions de dollars, en argent liquide, servant à payer les informateurs et à faire des achats locaux.

    La famille et les amis de Westhusing ont rejeté l’affirmation de l’armée selon laquelle il s’était suicidé. L’armée a basé sa décision sur une note manuscrite, laissée par Westhusing, avec le mot « suicide ». Au moment de sa mort, Westhusing enquêtait sur des violations de contrat et des violations des droits de l’homme perpétrées par l’US Investigations Services (USIS), une ancienne entité privatisée de l’US Office of Personnel Management, achetée par The Carlyle Group, une société étroitement liée à George H.W. Bush. Alors qu’il était en Irak pour former la police irakienne et superviser le contrat de l’USIS, entreprise privée chargée de former la police, dans le cadre du programme du Pentagone pour la formation de la police civile, Westhusing a reçu une lettre anonyme indiquant qu’une division de l’USIS était impliquée dans des activités frauduleuses en Irak concernant la surfacturation au gouvernement. En outre, la lettre indiquait que le personnel de sécurité de l’USIS avait assassiné des Irakiens innocents. Après avoir demandé des explications à l’USIS, Westhusing a signalé les problèmes à la chaîne de commandement. Après une enquête, l’armée n’a trouvé aucune preuve d’actes répréhensibles de la part de l’USIS.

    Quelques jours avant son suicide par balle « auto-infligé » à camp Dublin, en Irak, dans une remorque de camion située à l’aéroport international de Bagdad, le membre d’honneur du Conseil d’administration de West Point a informé, par un e-mail aux États-Unis, que « des choses terribles se passaient en Irak ». Il a également dit qu’il espérait rentrer vivant dans son pays. Westhusing avait encore trois semaines de service à faire en Irak lorsqu’il s’est soi-disant suicidé en juin 2005.

    Le camouflage de la mort de Westhusing impliquait le même Commandement d’enquête criminelle de l’armée que celui qui couvrait la mort de Melgar au Mali. Les meurtres de Melgar et de Westhusing ne sont pas des événements isolés concernant les incursions militaires américaines à travers le monde. Le caporal d’armée Pat Tillman, joueur vedette de la Ligue nationale de football qui s’est enrôlé dans l’armée après le 11 septembre, a été déçu par la guerre en Afghanistan. Après que Tillman a fait part à sa hiérarchie de ses sentiments personnels au sujet de la guerre afghane, Tillman a été liquidé par des membres de sa propre unité dans la province de Khost le 22 avril 2004. Le journal de Tillman, ses uniformes et autres biens ont été brûlés par son unité pour couvrir un assassinat par ses propres collègues.

    Le 4 septembre 2006, le lieutenant-colonel de l’armée Marshall Gutierrez, le chef de la logistique du camp Arifjan, au Koweït, qui enquêtait sur les surfacturations de biens et services, et autres fraudes, s’est soi-disant suicidé dans ses quartiers, à la base, en ingérant des somnifères et de l’antigel. En décembre 2006, le major Gloria Davis, un agent sous contrat du même camp Arifjan, s’est suicidée après avoir admis le versement de 225 000 dollars en pots-de-vin de la part de Lee Dynamics, un prestataire de services logistiques pour l’armée. Davis aurait accepté de coopérer avec les enquêteurs du gouvernement dans leur enquête globale sur les fraudes contractuelles en Irak et au Koweït.

    En 2007, un haut responsable de Blackwater a menacé de tuer Jean C. Richter, le principal enquêteur du Département d’État américain sur les opérations douteuses de Blackwater en Irak. le Département d’État a annulé l’enquête. L’incident s’est produit alors que Richter se concentrait sur des problèmes apparus dans un contrat d’un milliard de dollars entre le Département d’État et Blackwater. Le PDG de Blackwater était Erik Prince, dont la sœur, Betsy DeVos, est désormais secrétaire à l’Éducation de Donald Trump. Prince a ensuite vendu Blackwater, qui est maintenant connu sous le nom Academi. Prince aurait été impliqué dans les opérations d’AFRICOM en Libye et en Somalie via sa société Reflex Responses (R2), basée à Abu Dhabi.

    Le 2 juillet 2007, le suicide du lieutenant-colonel Thomas Mooney, attaché de défense américain à Nicosie, Chypre, aurait été le résultat d’une « coupure auto-infligée à la gorge ». Le corps de Mooney a été trouvé à côté d’un véhicule de l’ambassade stationné dans un endroit isolé, à environ 30 miles à l’ouest de Nicosie. Il aurait quitté l’ambassade dans la Chevrolet Impala noire de l’ambassade pour aller chercher un passager à l’aéroport international de Larnaca. Bien que l’ambassade des États-Unis et le Département d’État aient jugé que la mort de Mooney était un suicide, la police chypriote n’était pas d’accord avec ces conclusions soulignant simplement que le suicide était illégal à Chypre. Mooney était, selon nos sources, en train d’enquêter sur des fraudes dans des contrats en Irak impliquant des entreprises basées à Chypre, dont certaines étaient liées à la mafia israélienne.

    L’AFRICOM et le PACOM – tout comme le CENTCOM, qui étend la culture de la corruption par les bakchichs au Moyen-Orient et en Asie du Sud – se trouvent maintenant englués dans les mêmes proportions de fraude que celles pratiquées dans des pays comme le Mali, le Niger, le Nigeria et le Burkina Faso, où l’AFRICOM est active. Le scandale Fat Leonard et le récent meurtre de Melgar au Mali ne sont que la partie émergée de l’iceberg quand il s’agit de la malfaisance dans les opérations militaires globales américaines.

    Le comportement de l’armée américaine dans ses bases outre-mer, fait penser à l’expression du poète latin Juvénal, probablement au fait de la corruption de la garde prétorienne de son temps :

    « Sed quis custodiet ipsos custodes ? ». « Qui surveille les surveillants ? »

    Wayne Madsen

    Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone