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    Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

    Avant toute chose, la tension est énorme. Énorme. Le pouvoir joue sa survie et les enjeux sont considérables. Sachez que notre pays et ses dirigeants sont aussi au cœur de pressions internationales tout aussi fortes.

    Dans ces moments de tension, la situation peut dégénérer à tout instant. Il faut également compter sur les agitateurs, les provocateurs de tout poil. Un fusil mitrailleur a été volé. Imaginez qu’il soit utilisé dans la foule… Bien malin celui qui pourra dire qui a fait le sale coup. La foule voudra la peau des dirigeants. C’est ainsi que les situations peuvent devenir hors de contrôle. Instrumentalisation, manipulations, ou encore coup fourrés et foireux, la période que nous vivons est porteuse de grandes menaces. Soyez prudents, vigilants. Chaque vie compte. Chaque vie est précieuse. Rester en retrait  est objectivement sage.

    Mon analyse de la situation est que nous ne sommes pas uniquement face à une jacquerie fiscale, qui fut certes le point de départ de cette révolte, mais dont les causes sont bien plus profondes.

    La cause réelle n’est pas fiscale. Le fond du problème est celui des institutions, et les institutions de la Ve République sont d’une part d’un autre temps et d’autre part… elles ont été totalement dévoyées par une classe politique qui a finalement confisqué le pouvoir du peuple miette à miette, pour décider tout, pour tout régenter à la place du peuple.

    J’ai tenté de l’expliquer avec cette histoire d’infrastructure (la vraie vie des vrais gens) et de superstructure (l’État, les institutions et les mamamouchis).

    Sire, c’est une révolution ? Non, c’est une restauration !

    Quand vous roulez à 82 km/heure, la loi est dure.
    Quand vous ne payez pas le parcmètre, la loi est dure.
    Quand vous ne respectez pas des lois que vous ne connaissez même pas, la loi est dure.
    Quand vous ne vous exprimez pas comme il se doit, la loi est dure.
    Quand vous pensez comme il ne faut pas, la loi est dure.

    La loi est devenue tellement dure, la loi a fabriqué tellement de coupables, la classe dirigeante s’est tellement transformée en caste qu’ils se sont permis de régenter nos vies dans les moindres détails.

    Nous sommes des gueux, des crétins et il faut nous interdire de mettre une fessée à nos gosses tout en autorisant dans le même temps nos forces de l’ordre à tirer au flashball sur des gamins de 15 ans.

    Faisant cette remarque à l’un de mes amis, ce dernier eut cette sublime remarque : « Charles, quand tes gosses font le bazar, tu n’as qu’à balancer une grenade assourdissante et une lacrymo dans leur chambre, mais évite les fessées, c’est vraiment pas bien. »

    Nous avons bien rigolé.

    Messieurs les mamamouchis, le peuple veut restaurer sa liberté.

    Messieurs les mamamouchis, le peuple veut restaurer sa souveraineté confisquée par une caste politico-médiatique au service d’une oligarchie économique ultra-minoritaire.

    Dit autrement, et vu les insultes que le « peuple » envoie à son président quand il le croise, disons-le sans ambiguïté :

    « Les gens en ont assez de toutes vos lois, règles et règlements qui nous emmerdent, nous ruinent et pourrissent la vie uniquement des honnêtes et des braves gens pour qui la loi est dure et trop chère… »

    Entre gens bien éduqués nous devons pouvoir le dire de cette façon-là sans en arriver à brûler des Préfectures. Entre gens bien éduqués il faut aussi accepter les désaccords avec les autres.

    Macron n’est pas responsable de tout.

    Par certains côtés d’ailleurs, on peut dire qu’il a réellement tenté notamment de simplifier les règles, lois et règlements. Il a même été critiqué pour avoir supprimé l’obligation que tous les logements d’un immeuble neuf soient aux normes handicapés.

    Il est même vrai que l’inflation législative est en train de ralentir.

    Il se retrouve à payer une très lourde addition, conséquence d’une accumulation de 40 années d’erreurs collectives. Ce n’est pas forcément totalement juste.

    D’un autre côté, il a tellement « crispé » par sa condescendance et sa suffisance qu’il s’est globalement aliénées toutes les provinces de France et de Navarre. Ce que ne peuvent pas comprendre les bobos parisiens, c’est qu’ils sont des bobos parisiens et que rien d’autre dans le pays ne ressemble à des bobos parisiens, mais qu’ils voient et pensent le monde en étant sincèrement convaincus que leur vision est juste, bonne… et doit être imposée.

    Jamais le fossé n’a donc été aussi grand sur tout ou presque.

    Voilà le sens profond de cette « restauration ».

    Article 2 de la Constitution… toutes les institutions ne sont pas remises en cause !

    Messieurs les mamamouchis, le peuple, pour résumer la situation, demande l’application de l’article 2 de la Constitution. Je le reproduis ici histoire d’être clair.

    « La langue de la République est le français.

    L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.

    L’hymne national est la « Marseillaise ».

    La devise de la République est « Liberté, Égalité, Fraternité ».

    Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. »

    Inutile de dire que, dans sa grande majorité, le peuple… n’est pas bobo parisien… Logiquement, cela couine et couinera encore chez les bobos. Allo, maman, bobo ?

    Les institutions doivent pouvoir se discuter

    J’entendais hier, effaré, les mamamouchis et autres mamamouchettes expliquer doctement à la populace à qui ils ont confisqué le pouvoir depuis trop longtemps qu’il fallait respecter les institutions.

    Respecter ne veut pas dire ne pas les discuter. Et les discuter ne veut pas dire non plus de les brûler… Nuance de bon sens.

    Tout doit pouvoir se discuter y compris les institutions. Et que veulent faire les gilets jaunes ? Ils veulent critiquer les institutions. Il est indispensable de laisser faire parce que justement dire des mots évite la violence.

    Nous devons avoir le droit de critiquer et de demander une évolution de ces institutions pour les adapter aux besoins de notre époque.

    Les institutions doivent pouvoir se discuter, notre organisation collective doit pouvoir se discuter, notre superstructure doit pouvoir être changée comme les mamamouchis et autres mamamouchettes le font entre eux pour réformer la Constitution sans surtout demander au peuple son avis.

    Le problème de cette « restauration » c’est que nul ne sait jusqu’où elle mènera le pays ni les dangers qu’elle entraîne dans son sillage. Ils sont réels.

    C’est parce que l’on pourra discuter des institutions que l’on sauvera la république et ces mêmes institutions.

    Le président doit dire qu’il a entendu le besoin de reprendre le pouvoir, de restaurer le rôle de citoyen. Il doit dire qu’à compter de maintenant la population sera consultée.

    Ce que demandent les citoyens c’est que « là-haut », « ils » cessent de faire de la politique pour « eux » et qu’ils prennent à nouveau les décisions par le peuple et pour le peuple.

    C’est cela que doit dire Macron. C’est cela qui fera rentrer les gens dans leurs foyers. Sinon, tout ceci va durer terriblement longtemps et nous n’échapperons pas à une confrontation très lourde de conséquences et porteuse bien entendu de risques de grande violence. Si d’aventure les gens rentrent dans leurs logis ce sera pour mieux en ressortir plus tard.

    Cette révolution est une demande de restauration.

    Il est indispensable de pouvoir discuter de tout.
    Le peuple étouffe.
    L’économie étouffe.
    Tout le monde étouffe.

    En fait, c’est un immense vent de liberté qui souffle sur la France, et cela s’accompagne forcément d’excès de cette liberté retrouvée. Il doit continuer de souffler… pour libérer les énergies, un concept cher à nos politiciens.

    Le gouvernement doit et peut encore canaliser en partie les choses et devenir lui-même acteur de son propre changement (là c’est jubilatoire d’utiliser le vocabulaire qu’ils nous réservent d’habitude) ; il faut que le gouvernement ne soit pas réfractaire (je l’ai casé) aux changements à l’œuvre.

    En fait, la solution, pour sortir de la crise, est d’une simplicité enfantine.

    Il faut rendre le pouvoir au peuple, et comme par miracle, les gens rentreront dans leurs foyers, et il est même probable que les institutions soient discutées uniquement à la marge avec l’introduction des votes révocatoires, d’une assemblée de citoyens tirée au sort pour contrôler les mamamouchis et autres mamamouchettes, ou encore les référendums d’initiative populaire.

    Dans cette restauration, nous avons la chance d’avoir des institutions solides et résilientes qu’à mon sens il faut préserver, modifier, moderniser. Elles sont solides par petit temps, très fragiles par gros temps, et mieux vaudrait ne pas avoir à tester la résistance par grands vents de l’histoire avant d’avoir consolidé tout cela.

    Ouvrir le débat est la clef. Dire aux gens que plus rien ne se fera sans eux ou contre eux est l’attente profonde de ce pays.

    Cela implique que tous nos mamamouchis et mamamouchettes abandonnent en partie leur pouvoir… Et cela ne semble pas dans leurs intentions. C’est pour cette raison que je vous avais longuement parlé du principe de subsidiarité.

    C’est ce refus qui alimente la spirale terrible de violence dans laquelle nous sommes.

    La seule manière d’éteindre vraiment la violence, et pas artificiellement par de la communication, c’est de rendre le pouvoir qui a été confisqué, car cela est vécu ainsi par les gens.

    Une fois le pouvoir rendu, ce n’est plus la politique de l’oligarchie qui sera menée, mais celle du peuple.

    Macron et les autres ne pourront sans doute jamais se résoudre, eux qui voulaient appliquer la politique de Bruxelles, du FMI et des marchés financiers, à rendre le pouvoir au peuple pour qu’il fasse en gros complètement l’inverse.

    Pourtant, c’est là que réside la seule solution crédible et surtout durable de sortie de crise.

    Posé comme cela, je crains fort qu’il n’y ait aucune négociation réelle possible entre le peuple « factieux » et son président qui concentre toutes les haines. Terrible situation de blocage. Mais dans tous les cas…

    Comment pense-t-il pouvoir gouverner désormais ?
    Comment pense-t-il pouvoir gouverner demain si samedi le sang coule dans les rues de Paris ?

    Dans tous les cas, la non-violence à la Gandhi ou l’exemple des marches de Leipzig qui eurent raison pacifiquement du mur de Berlin et de la Stasi doivent rester la stratégie citoyenne de ceux qui sont en lutte contre ce système. Préservez la vie en toutes circonstances. Une restauration c’est bien. C’est nettement mieux qu’une révolution sanguinaire. Une restauration c’est une réparation, c’est constructif. Une révolution, c’est vite destructeur. Ne nous trompons pas ni d’objectif ni de mot pour le désigner.

    Allez, soyons optimistes pour une fois, et espérons uniquement que le gouvernement « surjoue » les risques de « guerre » pour tenter de limiter au maximum les manifestations et décourager les moins motivés. Croisons les doigts et espérons que tout se passe convenablement samedi. Que les blindés restent au garage ; les hôpitaux, vides.

    Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

    Charles SANNAT

    « Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
    Pour m’écrire charles@insolentiae.com
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    « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

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