Au vu des résultats d"une relation soutenue avec " l'ami américain" qui a oeuvré à diluer la France dans l'U.E., on ne peut que saluer le bon sens du projet italien de prendre de la distance vis à vis  de Bruxelles et de Washington pour opérer un rapprochement avec Moscou, et d'annuler les sanctions qui frappent la Russie... et les agriculteurs européens

 

Union européenne : "La bombe italienne menace les avancées franco-allemandes"

RTL
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VENDREDI 11 MAI 2018 08:40 GMT

S'ils arrivent à constituer un gouvernement, ils nous préparent un feu d'artifice. L'Italie, berceau de l'Europe et du traité de Rome, pourrait nous surprendre dans les mois qui viennent. Cet attelage, c'est l'association de deux partis dits populistes.

D'un côté, il y a le Mouvement Cinq Étoiles : il a été fondé par un ancien comique (un personnage intempérant et hystérique) et sur l'anti-système et le rejet de l'Europe et de l'euro. De l'autre, il y a la Ligue du Nord, anti-immigration et anti-impôt. Ce sont les deux partis qui ont obtenu le plus de voix lors des législatives. Ils viennent d'être missionnés pour former un gouvernement, qui sera le premier gouvernement populiste dans le cœur de l'Europe.

À s'en tenir à la campagne électorale, ils veulent faire voler en éclats la discipline budgétaire européenne que l'Italie applique, et dépenser davantage, en particulier pour les démunis. Ils veulent expulser un demi-million de réfugiés échoués sur les côtes italiennes, en particulier dans le Sud du pays.

Un scénario à la Tsipras ?

Ils souhaitent annuler la réforme des retraites de 2011, qui avait retardé l'âge du départ à la retraite et partiellement désindexé les pensions. Ils entendent rompre avec les règles bancaires de l'Europe, afin de pouvoir renflouer les établissements bancaires sans contrainte.

En matière de politique étrangère, ils souhaitent prendre de la distance vis-à-vis de Bruxelles et de Washington, au profit d'un rapprochement avec Moscou. Les deux partis souhaitent d'ailleurs supprimer les sanctions européennes qui frappent aujourd'hui la Russie. Ce serait la révolution si tout cela est appliqué. Alors, certains spéculent sur un scénario à la Tsipras, le premier ministre grec qui, après avoir fait des moulinets, s'est couché et a appliqué scrupuleusement les politiques européennes qu'il avait combattues. Mais rien n'est moins sûr.

L'un des impétrants, Luigi di Maio, avait même évoqué la tenue d'un référendum sur la participation à l'euro si Bruxelles ne changeait pas son approche économique.

Macron à contretemps sur l'Europe

Les relations entre Rome et Bruxelles pourraient se tendre. Ce serait une première pour ce pays qui est l'un des fondateurs de la communauté. Et c'est une difficulté de plus pour Emmanuel Macron et ses projets de réforme de la zone euro.

Jeudi 10 mai, alors que les deux populistes marchaient sur Rome, Macron recevait des mains d'Angela Merkel le prix Charlemagne à Aix-la-Chapelle. C'est un prix qui récompense l'engagement européen.

 

Dans son discours, le chef de l'État français défendait une nouvelle fois des avancées fédérales, comme la création d'un budget commun pour la Zone euro, devant une chancelière rétive. Elle est elle-même entravée par la progression du sentiment anti-européen dans son propre pays, voire dans sa propre formation politique.

En réalité, Emmanuel Macron et ses propositions arrivent un peu à contretemps. Car sur les trois grands pays fondateurs, il n'y a plus guère que la France qui affiche une foi européenne inébranlée.

 

 

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