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Cela fait 67 ans que la France est libre. Cela fait 67 ans que des Françaises et des Français issus de la résistance ont entrepris de construire une nouvelle République reposant sur la solidarité. Face à la maladie tout d’abord, en créant une sécurité sociale pour tous, simplement en prélevant une petite part du salaire chaque mois afin de redistribuer aux malades un revenu qui rend tout le monde égal face à l’aléa de la maladie. Face à la fin de vie ensuite, en instaurant la retraite par répartition, toujours et simplement en prélevant une petite part du salaire chaque mois afin de redistribuer aux vieux qui n’ont plus la force ni l’envie après 40 ans d’activité de travailler. Face aux sexes, en permettant aux femmes de devenir l’égal des hommes, du moins le temps d’une élection, en leur accordant le droit de vote…
Tout cela a été possible pour 2 principales raisons :
Seulement voilà, une société solidaire, fraternelle, égalitaire…est un frein considérable à l’utopie de l’enrichissement personnel, du pouvoir personnel, en clair du profit personnel. Dès lors, sitôt les plaies de la guerre cicatrisées, les libéraux nationalistes xénophobes se sont mis en marche et ont entrepris de saccager le nouveau pacte citoyen transmis par le CNR. D’abord en jouant sur les mots, en faisant de la rhétorique jusqu’à ce que les mots forment des idées et les idées une idéologie. Les salaires de redistribution deviennent des charges qui mettent en péril la compétitivité du pays. Les bénéficiaires qui ont cotisé et donc acquis le droit de bénéficier de ces salaires différés deviennent des assistés et pourquoi pas des fraudeurs qui viennent pour beaucoup de l’étranger. La crise passée, présente ou à venir sert désormais de justification à l’appauvrissement du plus grand nombre, en cassant tous les mécanismes de solidarité dans le seul but de remettre en mouvement la marche cadencée vers le profit de certains.
Et lorsque l’idéologie devient dominante, écrasante, elle peut avouer son but, sans réserve, sans crainte, sans risque : en finir avec les acquis du Conseil National de la Résistance comme on en finit avec les acquis de mai 68. En 2007, Le travailler plus pour gagner plus, l’exonération des droits de succession et le ministère de l’identité nationale deviennent les faces montrables du travail, famille patrie d’un maréchal aux ordres d’une Europe Nationale Socialiste.
En 2011, Sarkozy ne ressent même plus le besoin d’avancer à pas feutrés. Les séniors qui vivent de la retraite par répartition, qui utilisent le plus le système de santé, qui ont vécu les heures sombres de l’occupation puis la mise en place des réformes du CNR votent en masse pour lui, alors qu’il s’est juré d’en finir avec leur retraite et leur sécu. Ces anciens deviennent amnésiques parce qu’on leur explique qu’il n’est pas bon se souvenir, le salut passe forcément dans l’avenir, demain vaut tellement mieux qu’hier.
Désormais, l’idéologie de cette droite dégueule sur toute l’Europe. A tel point qu’elle s’en fait pleurer elle même quand elle annonce, le visage démasqué, à quel prix elle compte tout saccager sur son passage.

Sydne93