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On les excuse par avance.

Ces jeunes chiots qui peuplent le journalisme, se jettent sur les premières enfumades venues et en font des vérités. 
Ils sont mignons, emplis de leur certitude, de leur assurance, de leur "mais je vous dis qu'on me l'a dit".

 

On les excuse par avance.

Ces vieux éditorialistes aussi usés que leurs formules toutes faites, persuadés qu'ils font l'histoire alors qu'ils ne sont que des notaires de l'air du temps.

 

On les excuse par avance.

Ces élus, gonflés d'un orgueil un peu pathétique, qui, souvent, oublient que rien ne procède tout à fait d'eux-mêmes et que sans une longue chaine de bienveillance, de soutien et de militantisme, ils n'auraient jamais pu conquérir, qui un fauteuil de député, qui une écharpe de maire, qui un siège de conseiller régional. Ils oublient si souvent qui les a fait roi, notamment lorsqu'un soutien Royal leur a offert un si joli destin (pas de noms, ils se reconnaitront).

 

On les excuse par avance.

Ces sondeurs, obsédés par la météo qu'ils créent eux-mêmes, aveuglés par leur propre propagande,  au point d'en oublier l'éthique qui devraient les conduire comme l'étoile  polaire guide les marins.

 

On l'excuse par avance, cette petite armée gonflée de sa suffisance et de  ses analyses psycho-politiques, aussi souvent inculte que malveillante, égomaniaque que misogyne.

Oui on les excusera de nous rabâcher, matin, midi, et soir que Ségolène Royal a déjà perdu, qu'elle n'est même plus candidate, qu'elle va s'allier avec DSK, puis avec Martine Aubry ... oh et puis non ! ... tout compte fait, à la faveur d'une photo (somme toute assez banale entre un homme et une femme qui ont vécu 30 ans ensemble et ont fait ensemble 4 enfants)  que finalement elle pourrait rallier François Hollande.

 

Mais n'en ont ils pas assez de rabâcher leur scénario, leur logique de fainéant, leur mantra d'animal buté ?

 

Que savent-ils exactement de Martine Aubry ?

De sa campagne ? De sa capacité à gagner une élection ? Rien et pour cause : à l'image de DSK, Aubry a toujours eu beaucoup de mal à remporter un suffrage ... sauf ceux qui lui ont été apportés sur un plateau d'argent.

Aubry compétente, solide, fiable ... certes mais d'où tiennent-ils ces informations ? De quel exemple ? De quelle victoire transcendantale, de quelle attitude ? Rien... des on-dit, des "on pense que", des "il semble que"... Ça n'est pas parce qu'on est la fille de son père, qu'on a travaillé dans le privé, et qu'on a géré un gros ministère, qu'on est apte à défier, et qui plus est, à battre Nicolas Sarkozy...

Oui mais les sondages !  Ah oui, les sondages !!!  Certes. Les sondages donnaient Ségolène Royal victorieuse de façon écrasante en 2006 face à Sarko. On vit ce qu'il advint. La faute aussi à ce parti si amical, si bienveillant, si préoccupé du bonheur des Français qu'il en oublia de jeter ses blessures narcissiques à la rivière.

 

Que savent-ils exactement de François Hollande ?

Son bilan à la tête du PS ? Quel bilan ? Un parti en ruine intellectuellement et politiquement, une gabegie et une sortie du premier secrétaire sous les tomates à Reims.

Son bilan en Corrèze ? Des iPad pour les petits Corréziens ? Oui ? Et quoi encore ? Chirac ? Et quoi encore ? Ben... rien à part un endettement chronique et un désenclavement qui tarde à venir.

Que savent-ils de François Hollande en campagne ? Certes il a gagné quelques scrutins personnels et collectifs mais encore ? Ministre ? Jamais.

À voir sa difficulté à faire la course en tête après l'éviction de DSK, à voir son incapacité à s'élever au dessus de lui-même; à dépasser le premier secrétaire à perpétuité qu'il semble^ demeurer, ses allers-retours maladroits sur la loi Hadopi, ses phrases qui fleurent le mépris d'énarque sur Madame Dugenou, on est en droit d'émettre quelques doutes.... mais,  à part tout cela... on nous demande d'acheter sur catalogue du François Hollande. On rêve !

Ce monsieur normal, d'une banalité à pleurer, n'est en rien le champion dont la gauche a besoin pour battre Sarkozy.

 

Reste évidemment Ségolène Royal.  Toujours là, plus créative, plus déterminée que jamais.

 

-Une gestion exemplaire de sa Région, des innovations économiques, écologiques et sociales.

-Une capacité à remporter les combats électoraux les plus rudes sans mettre un genou à terre.

-Le plus beau CV de la classe politique actuelle, avec celui de Nicolas Sarkozy : énarque, plusieurs fois ministre, réélue députée à 4 reprises, réélue présidente de région triomphalement, finaliste d'une présidentielle et 17 millions de voix au final.

-Une victoire idéologique dans son propre parti : ordre juste, fraternité, banque publique d'investissement, sécurité... tous ces thèmes sont devenus le corpus idéologique du Parti.

-Une force intérieure que rien ne semble pouvoir troubler.

-Une persévérance dans le chemin choisi : le terrain, la rencontre des Français, beaucoup de monde à ses réunions publiques sans l'aide semble-t-il de son propre parti.

 

Toutes ces raisons rendront la candidature de Ségolène Royal évidente au bon moment, c'est-à-dire au moment de la campagne, du débat, des propositions et du choix des électeurs face à ceux là mêmes, Aubry, Hollande, Jospin, Fabius, qui en 2007 ont joué  les chaises vides, pour ne pas dire le lancer de peaux de banane,  ceux-là mêmes qui officiaient déjà en 2002, ceux-là mêmes nous expliquent qu'ils peuvent gagner ? Le méritent-ils seulement ? Poser la question, c'est déjà y répondre.

 

Une candidature évidente pour  une raison évidente : dans une campagne, et un combat contre un animal politique de la trempe de Nicolas Sarkozy, la banale normalité, la prudence, le consensus et le sentimentalisme n'ont plus de cours. 
Seules comptent la capacité à prendre des coups et à les rendre, la force et l'intelligence politique, la puissance de l'empathie aussi avec un pays.

Comment peut on prétendre toucher le cœur  des citoyens lorsqu'on évoque Madame Dugenou ?

Comment peut-on prétendre gagner lorsqu'on traine, lambine et qu'on répète à qui veut l'entendre qu'on aimerait tant être ministre de la Culture ?

 

L'histoire récente nous enseigne que malgré les avertissements, des centaines de plumes, de sondeurs, d'élus et de pipelettes de la République ont nourri  pendant plus d'un an  l'illusion Strauss-Khan, au point de nous gaver matin, midi et soir comme des oies sur le candidat idéal en oubliant que  vie politique est faites aussi de circonstances extérieures que nul ne maitrise.

 

Malgré ce camouflet infligé par les évènements à un microcosme repu de son propre ego, les mêmes nous imposent le duel Aubry/Hollande.

Au final, nous savons tous, intuitivement, que ce ne sera pas celui-là.

 

Ségolène Royal gagnera les primaires car au moment du choix, de la conviction personnelle de chacun dans l'isoloir, seuls s'imposent, au tamis des émotions, la force, la conviction, la détermination, le courage et la persévérance du ou de la candidate. La France, ce pays merveilleux, romantique, qui a élevé la politique au rang d'un art, reconnait toujours ses héros et ses héroïnes.

Autant nous préparer à nous excuser ne n'avoir pas su... ou pas voulu… le voir.

 

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The Rosebud via Le Post , samedi 4 juin 2011

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