Telle est l’affaire. Le Front de Gauche ne doit avoir d’autres ambitions que de réunir ces deux parties de l’opinion publique. Parvenir à faire converger leurs intérêts en rappelant que la république n’a de sens que si elle est sociale. Alter et les protectionnistes, républicains et révolutionnaires n’ont aujourd’hui plus d’intérêt à se chamailler : il est temps de s’unir pour contrer le libéralisme cocardier à l’œuvre presque partout. L’internationalisme ne peut se déployer sans souverainetés nationales. La république doit être comprise comme la gardienne des traditions mais aussi comme l’outil de transformation sociale.
Les damnés de la Terre sont aussi des patriotes. Du gaullisme social au communisme, de l’écologie citoyenne aux libertaires, ces familles doivent se fédérer pour sauver l’essentiel. Car l’ennemi actuel est polymorphe en mutation permanente. Pour le paralyser, il faut lui offrir un front de résistance le plus large possible. Ce front de résistance sera une force de convictions.
Lesquelles ? Elles sont avant tout démocrates, sociales, républicaines et écologistes. Ces étendards, nous les assumons de bout en bout. Il n’y a pas d’avenir pour la France sans leur sanctuarisation absolue.
Bien sûr, il y aura des divergences, par exemple sur la sortie ou non du nucléaire, certains seront plus sensibles à la défense du modèle républicain, d’autres plus concernés par le développement des filières courtes agricoles ou au développement des AMAP. Mais qu’importent au final ces diverses sensibilités puisque ce qui nos anime c’est d’abord la volonté de redonner la parole aux Français, c’est à dire rendre le peuple à nouveau souverain et maître de son destin. Car ce dont il s’agit c’est de reconquérir notre plus grand bien, la démocratie.
Vous direz peut-être que j’emploie là des grands mots, qui sonnent creux. Mais observez avec moi que :
-Nous avons un président dont le pouvoir ne cesse de se renforcer et un parlement rendu aphone par la discipline de parti et impuissant par la dépossession de ses attributs. Un exemple actuel : la guerre en Libye. Ce n’est qu’en juillet que le parlement aura un premier débat sur le sujet, soit trois mois après le déclenchement de l’opération par le seul président.
-Nous avons l’OTAN, carcan militaire qui dicte notre politique étrangère et nous aligne d’office sur les Etats-Unis.
-Nous avons l’UE et la commission de Bruxelles qui nous expliquent comment réaliser nos budgets nationaux.
- Nous avons la BCE et le FMI qui nous disent comment rembourser notre dette et qui gèrent en toute indépendance (indépendance vis a vis des Etats bien sûr, pas du marché) notre monnaie.
-Nous recensons aussi les mégabanques, les multinationales, les fonds d’investissement, les agences de notation qui nous mettent à genoux. Ils décident du gel des salaires et amputent les retraites à leur guise.
Ce rapide état des lieux pour signaler que nous sommes peu a peu dépossédés, à nouveau dans les fers et bientôt asphyxiés. Jetons juste un oeil rapide sur la façon dont tournent les événements lorsque le peuple dit NON. Par Rodolphe, lire la suite sur Agoravox