Le président Obama, a déclaré le 1er février : «on ne peut continuer à pressurer des pays qui sont en pleine dépression» apportant ainsi un coup de pouce à la tournée du nouveau ministre des finances grec, qui arpente les capitales européennes pour «réorienter l’Europe».
Le ministre des finances anglais a enchaîné le 2 février : «une confrontation entre la Grèce et la zone euro est un risque majeur pour l’économie mondiale». C’est ensuite le président de la commission européenne Jean-Claude Junker qui a déclaré «nous devrions être en mesure de remplacer la troïka» (FMI, BCE, UE).
En décembre, la Cour de justice européenne a condamné le fait que la BCE ( la banque centrale européenne) soit à la fois organisatrice d’un plan d’ajustement et contrôleur de son application: «la troïka DANS LA FORME QUE NOUS AVONS CONNUE jusqu’à présent ne devrait pas connaître de beaux lendemains» a déclaré Juncker.
Le parlement européen pour sa part dans un rapport en 2014 avait réclamé d’associer des parlementaires aux travaux de la troïka. La troïka prévoyait la fin de sa mission en 2014. En conséquence de la crise conduisant aux élections en Grèce elle a été prolongée jusqu’à fin février 2015.
Avec le vote massif pour Syriza, les dirigeants européens savent qu’en termes d’affichage, il faut qu’ils donnent aux Grecs ce gage: la troïka a été trop longtemps le symbole, ces cinq dernières années de la mise en coupe réglée de tous les acquis du pays.
La rencontre entre Merkel, Hollande et le président socialiste du parlement européen a défini la nouvelle tactique: changer la structure de supervision en maintenant le remboursement de la dette, qui ne sera étalée qu’en échange de la poursuite des «réformes structurelles».
Tout se concentre sur la hausse des salaires, annoncée par Syriza, incompatible avec les plans d’ajustement