Gilets jaunes devant le ministère de la santé le 11 mai 2020
Dès la fin du confinement, et de partout en France, les manifestations ont été nombreuses. Le pouvoir est sur les dents, Macron a peur. Pour cette raison, il a anticipé une répression sans précédent, aidé des préfets sans honneur, et de la milice qui ne travaille que pour le maintien du président-fou au pouvoir. Les policiers se retrouvent en effet dans la même situation que durant l’Occupation, se révolter ou exécuter les ordres les plus stupides et les moins respectueux des libertés essentielles. Comme d’habitude et par paresse d’esprit, ils choisissent la seconde solution, même s’ils savent que la population les déteste de plus en plus. On sait que les policiers avaient reçu des ordres durant le confinement pour ne pas ennuyer les quartiers dits sensibles, et donc pour ne pas procéder à des verbalisations malgré le risque de propagation du coronavirus. Cependant ils avaient des ordres précis pour mettre en garde à vue les récalcitrants qui mettaient sur leur balcon ou sur la porte de leur maison des banderoles appelant à se débarrasser de Macron, mettant en parallèle l’inutilité nocive du président-fou et le dévouement du personnel soignant. Ces deux poids, deux mesures ont fait hurler dans les chaumières. Mais en effet, et pour l’instant, il semble que les miliciens redoutent plus une révolte des banlieues qu’une reprise du mouvement des Gilets jaunes. Ils préfèrent s’attaquer à la partie la moins violent de la contestation sociale[1]. Non seulement cette répression est indécente, mais elle est aussi illégale car elle aboutit directement à une atteinte de la liberté d’expression. On se trouve évidemment à la sortie du confinement dans une dictature renforcée : on a augmenté la surveillance par caméras et par drones, accru également les poursuites contre les récalcitrants. Les parquetiers ne doutant de rien, pensant qu’ils seront toujours à l’abri de la juste punition qui les attend.
La police qui ne semble plus ne faire que de la politique au service d’un pouvoir aux abois a arrêté et mis Christophe Chalençon officiellement pour avoir appelé au soulèvement[2]. Cette même milice est moins empressée de s’emparer des imams qui prônent la mise en place d’un Etat islamiste et l’imposition de la charia en France. On peut penser ce qu’on veut de Chalençon et de son appel, mais il est clair que cette logique répressive est le signe d’un gouvernement aux abois qui n’arrive plus à comprendre d’où va venir le danger pour lui. Chalençon est un Gilet jaune, et à ce titre il fait peur à Macron et à son gang. En vérité cette volonté répressive doit se comprendre dans la hâte que le gouvernement veut remettre en route le vieux modèle de l’économie, celui d’avant la crise. Donc il a ouvert les frontières pour les travailleurs étrangers afin que, sous-payés et surexploités, ils travaillent dans l’agriculture pourrie, celle qui fournit les hypermarchés, celle qui est le fait des gros propriétaires qui travaillent avec le glyphosate et les pesticides, non pas pour nourrir le peuple, mais pour accumuler des profits[3]. Ce sont des Roumains et des Bulgares, comme en Allemagne qui viennent. Certains ce sont posé la question, pourquoi n’utilisons-nous pas la main d’œuvre immigrée récente ? D’une certaine manière c’est bien l’aveu que cette main d’œuvre est pour des raisons diverses et variées inemployable. C’est aussi un avertissement, demain les travailleurs français, s’ils ne sont pas assez dociles seront concurrencés et évincés par les éléments les plus pauvres de l’Union européenne. C’est bien une volonté macronienne de ne pas changer d’attitude en ce qui concerne la souveraineté de la nation, malgré les discours.
Le Gilet jaune Christophe Chalençon en garde à vue après son appel au soulèvement
Cependant dès lundi 11 mai, les manifestations anti-Macron ont repris. Les médias dominants ont fait l’impasse sur ces événements disséminés dans toute la France. Mais ils étaient très nombreux. Seul le média RT.france tentait d’en faire une sorte de synthèse[4]. Il est tout de même assez incroyable qu’en France on doive prendre ses informations chez les Russes ! Ça nous rappelle le bon vieux temps quand nos grands-parents se branchaient sur Radio Londres pour connaitre la situation de la France et l’avancée de la guerre.
Toulouse le 11 mai
Certes les manifestations n’ont pas rassemblé beaucoup de monde. Elles avaient pour thème général la santé, bien sûr. Les Gilets jaunes sont partis à l’assaut du ministère de la santé, ils sont même parvenus à pénétrer les lieux, avant que la milice ne les en chasse et en arrête quelques-uns. Plusieurs CHU ont lancé un mouvement de grève, à Nancy, à Toulouse. C’est dans cette dernière ville que la manifestation a été la plus nombreuse, à ce qu’il semble. Mais d’autres manifestations ont eu lieu, à Rennes, et encore à Paris sur la place de la République, une autre à l’Île Saint Denis où une manifestation importante protestait contre les violences policières.
Rennes, le 11 mai
Tandis que les macroniens de fait, si ce n’est de raison, faisaient la queue pour acheter les merdes que vend la chaîne de vêtements Zara, exploitant le travail des enfants du tiers monde, à Marseille on manifestait aussi pour changer de modèle de production et de consommation, il y avait des Gilets jaunes et des militants d’Extinction-Rébellion. J’entends beaucoup autour de moi de gens qui se plaignent qu’il y ait encore autant de monde pour faire la queue et aller consommer des produits nocifs et polluants. C’est vrai, il y en a bien trop. Mais ceux-là, que se plaisent à mettre en scène les médias dominants pour nous faire croire à un retour à la normale, sont ceux qui par définition ne manifestent jamais et sont tellement désespérés qu’ils n’imaginent pas que le monde pourrait aller mieux. Mais malgré leurs rangs serrés devant ces boutiques pourries, ils ne représentent que la minorité macronienne et rien de plus. A Marseille, les miliciens ont arrêté cinq manifestants, bafouant une fois de plus la liberté d’expression la plus élémentaire dans une démocratie parlementaire. Cette journée du 11 mai ne doit être comprise que comme un tour de chauffe. Le reste viendra bientôt, soyez en sûrs.
Marseille le 11 mai, arrestations de militants écologistes
[1] https://www.20minutes.fr/societe/2767167-20200424-coronavirus-toulouse-finit-garde-vue-banderole-macronavirus-quand-fin
[2] https://www.lepoint.fr/societe/le-gilet-jaune-christophe-chalencon-en-garde-a-vue-apres-un-appel-au-soulevement-12-05-2020-2375070_23.php