Le quartier général des Gilets jaunes incendié à Rodez le 24 mai 2020
Macron et son gang sont tellement peureux qu’ils continuent à piétiner le droit de manifester en France. En effet, s’ils n’avaient pas peur d’un réveil des Gilets jaunes, ils ne perdraient pas de temps à exercer leur dictature sur la liberté de rassemblement et la liberté d’expression. Tout est fait pour que la répression empêche le peuple de s’exprimer. A Rodez le quartier général des Gilets jaunes a été incendié. Ce n’est pas la première fois que ce genre d’attaque contre le mouvement est perpétrée. Depuis le début, ce sont des dizaines de ces constructions légères qui ont été incendiées, sans que les journalistes ne s’interroge sur ce fascisme de base. Qui peut faire des actes pareils ? Il est à peu près certain que ce sont les miliciens de Castaner qui, ayant reçu des ordres ou non, se livrent à ce type d’exercice[1]. Alors que n’importe quel caillassage de la police ou n‘importe quel incendie de voiture dans l’hexagone est commenté, rien sur cet acte de violence contre une manifestation pacifique. Donc pour le 30 mai 2020, malgré la fin du confinement les manifestations étaient encore interdites dans toute la France au mépris du droit le plus élémentaire. Mais le couvercle déborde, et les manifestations n’attendent pas le samedi ou l’autorisation des autorités.
La Timone, Marseille, le 26 mai
En ce moment ce sont plutôt les personnels soignants qui sont en première ligne. La raison de cette colère est très simple, non seulement elle s’inscrit dans la continuité des luttes pour l’hôpital public qui s’étaient manifestées bien avant la crise du coronavirus, mais en outre les manifestants ont l’impression que le gouvernement non seulement ne comprend pas les problèmes, mais en plus il se moque d’eux. Le coup de la médaille du mérite est resté en travers de la gorge de ceux qui s’estiment qu’on les prend pour des enfants. On sait que les difficultés de l’hôpital public à faire face à la pandémie vient principalement du sous-équipement hospitalier, donc elles sont la conséquence de la fermeture des lits, mais le gouvernement Philippe a le projet de continuer dans la même voie. Les personnels soignants qui ont été essorés pour travailler pour rien lors de la pandémie ne réclame pas de prime, mais une amélioration des conditions de travail, dont le salaire est seulement un des aspects. Le plan Ségur de la santé qui est concocté par des technocrates fait craindre qu’une partie du personnel hospitalier en soit exclue, et qu’on continue à démanteler l’hôpital public comme si jamais une nouvelle pandémie ne pouvait arriver[2]. Alors que pour sauver Renault et Air France ce sont des milliards d’euros que le gouvernement a su trouver rapidement, pour ce qui concerne l’hôpital et les soignants, il traîne les pieds et tergiverse. On voit clairement où se trouvent les priorités pour Macron et son gang.
Hôpital Robert Debré 28 mai 2020
Sans doute le gouvernement entend-il conserver les interdictions de manifester jusqu’à l’été, pensant que le déconfinement calmera les esprits. Mais jusqu’à la fête de la musique qui sera autorisée le 21 juin, il va tout faire pour empêcher que la colère populaire se manifeste. Si de partout en France les préfets jouent ce jeu de la répression fasciste en interdisant les manifestations, de manière symétrique les Gilets jaunes déposent de partout des projets de manifestation. Alors que la crédibilité de Macron et de ses ministres est durablement entamée, nul ne peut dire ce qui se passerait si le droit de manifester existait encore aujourd’hui en France. En effet, avec le déconfinement et la fin du chômage partiel, on va se rendre compte que tout va mal en France. Le chômage est officiellement en train d’exploser, plus 840 000 pour le seul mois d’avril. C’est énorme et pourtant bien en dessous de la réalité, car pour l’instant de nombreuses entreprises sont dans une situation d’attente. Mais ça ne va pas durer. Les charrettes sont prêtes.
Hôpital de Rouen
Ce samedi 30 mai, il y avait une manifestation monstre à Maubeuge. Militants syndicaux et Gilets jaunes confondus. La raison en était principalement la volonté de Renault de fermer son site de production MCA. Cette manifestation exprime la colère contre la brutalité de Renault qui d’un côté encaisse les milliards de subventions de l’Etat et de l’autre prétend délocaliser pour faire remonter le dividende de l’actionnaire. Macron depuis qu’il a été malencontreusement ministre de l’économie, a encouragé ces pratiques de démantèlement de l’industrie française. On sait que depuis l’annonce du plan sauvage de Renault dans le but d’économiser 2 milliards d’euros, ce sont 5000 emplois qui sont promis à la casse en France. Dans une région comme Maubeuge, c’est une vraie catastrophe pour tous les effets d’entrainement sur le reste du tissu économique. Cette manifestation massive est un signe avant-coureur de ce qui attend le gouvernement dans les mois à venir. Les licenciements ne sont pas encore effectifs, mais chacun sent que ça va saigner[3]. General Electric que Macron a bradé lorsqu’il était à Bercy prévoit de délocaliser prenant prétexte du coronavirus[4]. Alors que General Electric promettait une création de postes, c’est à la disparition pure et simple du site qu’on va sans doute assister. Cela fera boule de neige, car autour de General Electric, c’est 240 sous-traitants qui sont concernés. La veille de cette grande manifestation de Maubeuge, on apprenait que le personnel en lutte de la Fonderie de Bretagne qui fabrique des pièces détachées pour l’automobile, avait obtenu que le site ne ferme pas, du moins pas tout de suite[5]. Tout cela annonce non pas un été chaud, c’est encore trop tôt, mais plutôt un automne de luttes flamboyantes.
Manifestation à Maubeuge avec les syndicats
D’autres manifestations n’avaient pas été interdites, ni même réprimées à Paris, il s’agissait de la manifestation des sans-papiers. Certains Gilets jaunes ont voulu se mêler à celle-ci, sans même analyser le fait qu’une manifestation de personnes qui sont sur le sol national d’une manière forcément illégale puisqu’ils n’ont pas de papiers, ont le droit de manifester, tandis que les Gilets jaunes en tant que tels ne possèdent pas ce droit. Il semble que la tactique du gouvernement dans cette discrimination est d’opposer les uns aux autres. La manœuvre ma parait claire. Tandis que les migrants manifestaient en se réclamant d’un hypothétique statut de réfugiés, de nombreux opposants à Macron se demandaient pourquoi on ne parlait pas plus des soignants et de tous les travailleurs en galère ou au bord du chômage. Le prétexte trouvé était de manifester sa solidarité avec les sans-papiers qui sont plus fragiliser face au coronavirus. La manifestation n’était pas autorisée, mais elle était curieusement tolérée. On remarquera que si quelques Gilets jaunes s’étaient égarés dans cette manœuvre de diversion, à l’inverse, on n’a guère vu depuis un an et demi les populations issues de la diversité soutenir les Gilets jaunes. Les manifestants ne tenaient aucune distance de sécurité et ne prenaient guère de précaution. Mais la milice a choisi de laisser faire.
Manifestation de migrants le 30 mai 2020
Quoi qu’il en soit, les Gilets ont tout de même manifester ici et là, comme à Brest, en se promettant de reprendre la rue. A Besançon ils se retrouvaient encore une fois sur la place de la Révolution la bien nommée.
Brest les Gilets jaunes ont manifesté
[1] https://www.ladepeche.fr/2020/05/24/le-quartier-general-des-gilets-jaunes-incendie-a-rodez,8900768.php?fbclid=IwAR05c6o0KpoUV6TpSXVxL8DLR4NcMD5NQ49t3I0H5vAMfwNSG4wq-hV09tQ
[2] https://www.huffingtonpost.fr/entry/plan-segur-le-gouvernement-devra-entendre-tous-les-agents-des-hopitaux-du-directeur-a-linfirmier_fr_5ecb8ba5c5b610d0c5ecded8
[3] https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/automobile/plan-de-transformation-renault-un-remede-de-cheval-encore-incomplet-848996.html