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index-copie-2 L’eurodéputée a convoqué la presse ce matin pour faire le point sur la polémique ayant trait aux OGM. Elle n’a pas raté l’occasion de répondre aux remontrances des détracteurs de l’étude à charge du professeur Gilles-Éric Séralini.

 

Grande avaleuse de dossiers, l’ancienne ministre de l’Environnement connaît bien le sujet des OGM. Elle vient d’ailleurs de publier un livre riche en informations et en enseignements, La vérité sur les OGM, c’est notre affaire. Le « système » en prend pour son grade et il a de nouveau été sévèrement tancé tout à l’heure.

Et pour cause : comme pour le nucléaire, les enjeux et les intérêts financiers sont tels que la transparence et l’indépendance scientifique feraient défaut. Alors même qu’il en va de notre santé… Tout en ayant constaté des « effets statistiquement significatifs » sur ses maïs génétiquement modifiés NK 603 et MON 863, dixit Mme Lepage, la toute-puissante multinationale américaine Monsanto fait le forcing et s’est déjà mis de nombreux scientifiques et politiques européens dans la poche. En face, avec moins de moyens de pression, mais en pouvant s’appuyer sur le fort scepticisme des opinions publiques continentales, écologistes et associations de protection de l’environnement entendent jouer à fond leur rôle d’empêcheurs de tourner en rond.

Ayant eu cours sur deux ans, une durée inhabituellement longue, l’étude précitée a fait l’effet d’une bombe. Mais au fait, pourquoi deux ans ? « Deux ans de la vie d’un rat, c’est l’équivalent d’une vie entière », a justifié Mme Lepage, qui a rappelé que ladite expertise, qui « devait sortir fin 2011 » et épingle le maïs transgénique NK 603, tolérant à l’herbicide Roundup, a porté sur « une population de deux cents individus, cent mâles et cent femelles divisés en groupes de dix ». Une variété d’individus vulnérable aux tumeurs, mais que Monsanto a également testée…

La présidente de Cap21 a par ailleurs souligné avoir pris contact avec nos confrères du Nouvel Observateur, « tenus » par un engagement de confidentialité, « parce que nous ne voulions pas de pressions ». « On secoue un immense cocotier », a-t-elle estimé, faisant état d’une « multiplication totalement inattendue des tumeurs », laquelle a, il fallait le souligner, été à l’origine d’un « déficit de cent cinquante mille euros à cause de leur analyse ».

 

Au bout de quatre-vingt-dix jours, M. Séralini et son équipe ont constaté des changements sur quelque cinquante paramètres « sanguins, sur le foie, le rein et le poids des rongeurs », a ajouté l’eurodéputée. Les individus malades ont en outre, on le sait, été photographiés et ces clichés sans équivoque ont été relayés par l’hebdomadaire, au grand dam des pro-OGM. Des critiques se sont également élevées pour dénoncer le maintien en vie des rats.

« Ils ont été euthanasiés lorsque le poids de la tumeur a dépassé 20 % du poids total des animaux. Ils se nourrissaient et bougeaient comme les autres », a rétorqué Mme Lepage, qui s’est rendue dans le laboratoire où l’étude a été conduite et qui a aussi répondu aux « Monsantophiles » fustigeant son prétendu financement par la grande distribution : « Cette étude a coûté trois millions deux cent mille euros. Elle a été financée à hauteur d’un million d’euros par la Fondation Charles Léopold Mayer (NDLR : Une fondation indépendante de droit suisse créée en 1982) et de deux millions d’euros par la Fondation CERES. Celle-ci regroupe des PME de la distribution autour d’Auchan qui voulaient tout simplement savoir. » « Carrefour ne l’a pas financée », a assuré l’eurodéputée, démentant ainsi un amalgame particulièrement tenace.

Défendant l’idée d’expertises contradictoires systématiques – « il faudrait que, pour chaque demande d’autorisation, il y ait des experts du pour et du contre. En plus d’une meilleure transparence dans la diffusion des données » -, Mme Lepage prône dans le même temps « un étiquetage complet » ainsi que « la suspension du maïs NK 603 ». Considérant à juste titre qu’on ne peut être à la fois juge et partie, elle a en outre indiqué avoir « écrit au Commissaire européen à la Santé et à la Protection des consommateurs John Dalli pour que le panel de l’EFSA soit redéfini », parce qu’il y a « un conflit d’intérêts évident » et que « des scientifiques sont dans le système OGM jusque derrière les oreilles (sic) ». Et de « charger » une nouvelle fois sa directrice Catherine Geslin-Lannéelle, laquelle entend maintenir des études s’étalant sur une durée de trois mois seulement et menées au cas par cas.

« La bagarre est vraiment lancée », a déclaré la présidente de Cap21, qui exige « la publication des données brutes » car « il est impossible de travailler correctement si on ne compare pas ce qui est comparable ». Les travaux de M. Séralini sont de son point de vue « l’occasion d’un débat de société ».

Puisse-t-elle dire vrai, pour la bonne raison que le sujet des OGM mérite autre chose que des investigations biaisées.

Article de Guillaume Duhamel, paru le Mardi 2 octobre 2012 dans http://www.zegreenweb.com/sinformer/ogm-corinne-lepage-contre-attaque,60067

 
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