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Mardi 21 mai 2013 2 21 /05 /Mai /2013 09:44

Puisqu'ils veulent la bagarre...

 

Jeudi dernier, Hollande est venu à la télévision nous promettre une « offensive ». On n’a pas tardé à comprendre que dans son collimateur ne figuraient ni les licenciements ni les spéculateurs, mais nos retraites.

Certes, comme le répète le ministère du Travail, « toutes les options sont sur la table ». Le problème, c’est qu’elles ressemblent comme deux gouttes d’eau aux revendications du syndicat... des patrons. « Rien n’est tranché », d’accord, mais le Medef tient le manche fermement en main, et ce n’est pas une pelle à tarte pour partager le gâteau, mais bien plutôt un couteau de boucher pour dépecer un peu plus la protection sociale.

Hollande reprend toute honte bue le slogan de Sarkozy « Travailler plus ». À sa sauce, il est vrai : il a supprimé « pour gagner plus ». Il s’agit en effet selon Hollande de dire « la vérité » aux travailleurs, et la vérité ce serait que la population vieillit et que l’âge de la retraite doit suivre. Un gros mensonge, en fait, qui oublie au passage l’accroissement des inégalités devant l’âge, qui fait qu’un cadre profite davantage de ses vieilles années qu’un ouvrier. Un gros mensonge qui oublie également l’accroissement de la productivité. On produit aujourd’hui la même quantité de biens qu’il y a 20 ans avec deux fois moins de travail. En bonne logique, nous pouvons donc payer des retraites deux fois plus longues !

Retraites, emplois, salaires... tout se tient

Hollande peut s’appuyer pour mener son attaque anti-ouvrière sur les déficits des caisses de retraite. Ils sont incontestables. Tout comme est incontestable le fait que les licenciements en pagaille ou la stagnation des salaires en sont les principaux responsables. Travailler plus ? Les caissières de supermarché en temps partiel imposé ne demandent que de travailler… à temps plein, avec un vrai salaire. Quant aux 25 % des 18-25 ans au chômage, c’est à travailler tout court qu’ils aspirent. Porter à 43 annuités le temps de cotisation nécessaire pour partir en retraite à taux plein remplira-t-il les caisses ? C’est à voir. Il est plus probable que cela empêchera d’innombrables jeunes – et aussi moins jeunes – de trouver du travail !

En réalité, ce qui est à l’ordre du jour, c’est le partage du travail entre tous, en commençant par interdire les licenciements, et en embauchant là où les restructurations ont porté les cadences ou les charges de travail à un niveau intolérable. C’est aussi d’augmenter tous les salaires de 300 euros mensuels – dans la fonction publique, ils sont bloqués depuis trois ans, c’est-à-dire qu’en fait ils reculent face au coût de la vie – et de porter le salaire minimum à 1 500 euros nets pour tous.

Prendre l’argent où il est

Démagogie ? Revendications impossibles à satisfaire en temps de crise ? Il suffit de faire un tour dans les assemblées générales d’actionnaires qui se tiennent en ce printemps pour comprendre qu’il n’en est rien. PSA geint à qui mieux mieux sur la mévente de ses voitures. Et consacre pas moins de 350 millions d’euros à des opérations boursières pour relever le cours de son action. Une manière moins voyante que les dividendes de satisfaire les détenteurs du capital. Quant à Vinci, son patron vient de se faire voter une augmentation de 30 %, alors même qu’il emploie, via une cascade de sous-traitants des ouvriers portugais sur ses chantiers en France payés au salaire de leur pays : 650 euros par mois...

Oui, de l’argent, il y en a plus que jamais dans les coffres du patronat. Il est grand temps de nous organiser pour aller le chercher.

Source convergencesrevolutionnaires.org/

 
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