Quand un ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, déclare que la France a besoin de réformes, qu'il donne des leçons au gouvernement français, on peut parler d'une forme d'arrogance et d'ingérence dans la politique d'un pays voisin...
"La France serait contente que quelqu'un force le Parlement à adopter des réformes courageuses, mais c'est difficile, c'est la démocratie." a-t-il notamment déclaré, le jeudi 16 avril, lors d'un débat, à Washington... Ce ministre semble, même, regretter l'existence d'une forme de démocratie, dans notre pays !
Le ministre a, aussi, évoqué les réformes, selon lui, "très réussies", menées en Espagne, sous la supervision de la "Troïka".
Les espagnols qui vivent à l'heure de l'austérité et des régressions sociales apprécieront un tel jugement, on peut l'imaginer !
M. Schäuble n'a, sans doute, pas perçu encore tous les dégâts générés par les poltiques d'austérité menées en Europe, sous l'impulsion de la Troika...
L'économie allemande est florsissante et triomphante, nous dit-on... mais à quel prix ?
Au prix de millions de travailleurs sacrifiés, au prix d'emplois précaires mal rémunérés, au prix d'une grande misère sociale.
On aimerait plus de modestie et de réserve de la part d'un ministre, fût-il allemand : l'Europe, sous le joug de l'austérité, souffre... des gens se suicident en raison du chômage, de la pauvreté.
Alors, parler de réussite de ces politiques relève d'une forme d'inconscience... Les espagnols qui souffrent de la crise n'ont qu'une hâte : changer de politique, en changeant de gouvernement...
La corruption qui règne dans ce pays atteint des sommets : quelle réussite !
La Grèce, elle même, n'est pas tirée d'affaires, même si les négociations se poursuivent avec l'Eurogroupe.
L'Italie n'est pas mieux lotie, et elle pourrait, elle aussi, sortir de la zone euro, alors qu'elle est, de plus, confrontée à un afflux de migrants, et qu'elle n'est guère assistée par l'Europe.
La Troïka, tant vantée par M. Schäuble, n'a pas fini son oeuvre de "supervision" et de saccage des économies.
Alors que les banquiers prospèrent, que certains s'enrichissent de manière éhontée, que la pauvreté ne cesse de croître, que les écarts se creusent entre les plus riches et les plus pauvres, on nous vante, encore, les vertus de l'austérité ??
On nous vante, encore, les vertus du modèle allemand, avec son cortège de misères et de désarrois ?
Nous n'en voulons pas, nous ne voulons pas de cette "hubris" qui vise à détruire les peuples, au nom du profit !
Nous ne voulons pas de ces emplois précaires, à temps partiel et mal payés, nous ne voulons pas de la précarisation des retraités, nous refusons le recul de l'âge de la retraite jusqu'à 67 ans !
Non, nous ne voulons pas du "modèle" allemand...
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