En tout, sept bénévoles d'ANV-COP21 ont décroché le portrait de Macron à Harricourt, dans les Ardennes, ce lundi 24 février
Au fur et à mesure que les échéances électorales s’avancent, les macroniens sont de plus en plus nerveux. Les protestations contre ce gouvernement corrompu jusqu’au trognon ne s’arrêtent plus et arrivent de tous les côtés. Malgré les menaces et les condamnations d’une justice dévoyée, les Français continuent à décrocher les portraits du président-fou. Cette humiliation est une compensation bien faible au regard de toutes les avanies que ce sinistre individu nous inflige. Et évidemment on retrouve toujours des Gilets jaunes un par partout. La voici aux côtés des écologistes après avoir été aux côtés des syndicalistes. On pourrait dire qu’ils sont de tous les mauvais ou les bons coups, ça dépend de quel point de vue on se place. Mais les Gilets jaunes ont une conscience et le prouvent encore largement en allant jusqu’à Londres pour soutenir Julian Assange. Et en effet, cela fait maintenant des années que celui-ci est embastillé pour avoir commis le crime de lèse-majesté en diffusant les preuves des turpitudes américaines dans la Guerre d’Irak. Cette affaire est remarquable, dix ans qu’elle dure ! Autrement dit les gouvernements occidentaux veulent bien de la démocratie, mais pas qu’on ne regarde pas trop ce qu’il y a dans l’arrière cuisine de ses affaires louches. Le fond de l’affaire est qu’Assange a montré comment les Etats-Unis avaient menti. La presse aux ordres française qui a pris l’habitude de vivre couchée n’est pas très pressée de défendre ce « lanceur d’alerte ». Nous râlons à juste titre contre les atteintes de Macron à la démocratie la plus élémentaire, mais les autres gouvernements ne valent guère mieux.
Le 25 février une centaine de yellow jackets ont traversé la Manche pour soutenir Julian Assange menacé d’extradition
En France la répression de Macron dépasse les bornes. Le 26 février, les avocats qui conduisent une grève exemplaire sur les retraites, entendaient protester devant l’Assemblée nationale. Macron leur envoie ses chiens de garde, bêtes et méchants, pour les évacuer. C’est choquant, du jamais vue de s’en prendre aussi violemment à des avocats. C’est même l’ensemble de la profession qui est attaquée, comme si le message à faire passer était de les avertir qu’ils se tiennent à carreau. Des procureurs et des juges insultent les avocats qui osent faire grève, on en est même venu aux mains. A part ça le droit de manifester est garanti par la Constitution… dont macron se torche tous les matins. Donc on interdit aux avocats en robes noires de manifester. Rien de tel depuis Pétain à ce qu’il me semble. Cet épisode-là n’a aucune excuse. Les avocats ne sont pas armés, ils sont certes déterminés, mais ils restent pacifiques. Qu’on ne vienne surtout pas me dire qu’on est encore dans une démocratie ou une République. Un pays qui criminalise les avocats est vraiment un pays en grand danger de fascisation. Mais si le pouvoir est devenu de plus en plus violent, c’est aussi parce qu’il ne sait pas quoi faire face à une grogne qui au fil des mois s’est transformée en révolte. De plus en plus souvent les Français se disent qu’il va bien falloir aller un peu plus loin, passer à des formes plus actives de rébellion. Cette situation évolue de plus en plus vite, et au fur et à mesure que les députés désertent l’hémicycle, on se dit qu’il va bien falloir trouver de nouvelles méthodes pour se faire entendre.
Le 26 février les avocats sont évacués de devant l’Assemblée nationale violemment, du jamais vu
Le gouvernement qui a de très mauvais sondages à quelques jours maintenant des élections municipales, a décidé de faire passer sa réforme grâce au 49-3. Donc on fera passer une loi qui est pour le moins incomplète et qui se mettra en place avec des ordonnances à suivre. D’ici là il risque de se passer beaucoup de choses, ne serait-ce qu’une défaite aux municipales, une refonte du texte au Sénat, ou encore un retoquage au Conseil Constitutionnel. Mais le ton se durcit aussi dans les officines syndicales où la base conteste la mollesse de sa bureaucratie. Le parlement n’en finit pas de se ridiculiser. Jacques Maire, le fils d’Edmond Maire, l’ancien secrétaire général de la CFDT, et mentor de Rocard, est rapporteur de la loi sur la réforme des retraites. Et on apprend que ce véreux – je ne trouve pas d’autres mots – possède des actions chez Axa ! Or nous savons qu’Axa lorgne sur la possibilité de privatiser au moins partiellement les retraites. Jacques Maire n’est pas seulement un véreux, c’est aussi un menteur. Il a commencé d’abord par avancer qu’il avait vendu ses actions, et puis il a dû admettre qu’il en possédait pour 360 000 €. Une paille. Il va de soi que si ce projet pourri aboutit, il y a des chances pour que les actions de cette canaille voient leur valeur multipliée par deux ou par trois. Il y a bien conflit d’intérêt, pour rester poli[1]. Jacques Maire avec son air idiot n’est pas la seule crapule dans cette assemblée. Voici maintenant l’abominable Nicolas Turquois, macronien de son état. Enrageant devant les députés qui osent le contester, il a hurlé : « Certains ont dit ‘la République, c’est moi’, eh bien, la République c’est nous et vous, vous n’êtes rien ! »[2]. Il dut ensuite s’excuser platement. Rappelons que cet imbécile est celui qui avait affirmé le 4 février 2020 devant la commission « Retraites » : « La pénibilité elle peut être réelle, elle peut être physique, mais elle est aussi parfois beaucoup dans la tête. Quand vous vivez avec une passion, elle n’est pas vécue de la même façon ». Dans cette sortie ubuesque, l’idiot nous dit que les métiers pénibles sont moins pénibles s’ils sont passionnants. Mais on sait que 99% des métiers sont des jobs de merde pour parler comme David Graeber. On remarque que son français est très aléatoire, il accole sans précaution « parfois » avec « beaucoup » ! Sans doute pensait-il qu’un tel niveau de débilité le qualifierait à coup sûr pour le prochain remaniement ministériel. En fait il a fait juste remarquer que les macroniens étaient parmi les plus stupides des politiciens, c e qui n’est pas peu dire !
Nicolas Turquois éructant à l’Assemblée nationale
On voit que les macroniens perdent leur sang-froid, dans un hémicycle de plus en plus vide. Et s’ils perdent si facilement leur sang-froid, c’est surtout parce que plus le temps passe, et plus on voit que le projet de loi sur les retraites, non seulement est ignoble et mensonger, mais qu’en outre il a été ficelé dans la précipitation par ce fainéant de Delevoye. Cette situation électrique au parlement prouve que celui-ci ne sert plus à rien, et ne couvre même pas l’idée que nous serions encore dans une démocratie. Cela encourage les actions spontanées : ici un blocage de tribunal, là des coupures d’électricité intempestives. Le 27 février c’est le port du Havre qui était bloqué par les manifestants. Faisant d’une pierre deux coups, ils ont ensuite été manifester devant le local de campagne du méchant barbu de Matignon. Ils en ont profité pour dénoncer la gestion désastreuse de l’EPHAD dont il avait posé la première pierre en 2017[3]. S’il y a quelques semaines il pensait pouvoir remporter cette mairie facilement, il semble que les choses ont un peu changer dans le coin. Le ministre de l’agriculture, embarrassé par des mails sur les abattoirs – sujet sensible – s’est comporté lui aussi comme un malpropre au Salon de l’Agriculture, arrachant le micro d’un journaliste qui lui demandait des comptes[4]. La Macronie est en panique, et c’est quotidien.
Le Havre, le 27 février 2020
Mais le gouvernement est aussi embarrassé par le Coronavirus. Après nous avoir dit que ce virus n’était pas dangereux et la situation sous contrôle, il fait semblant de s’occuper de cette affaire qui inquiète les Français. Donc Macron est allé faire le bouffon à l’hôpital de la Salpêtrière, histoire de montrer qu’il s’occupe de l’affaire. On rappelle qu’en pleine crise de Coronavirus, il a changé de ministre de la santé pour des raisons purement politiciennes – la bite à Griveaux. Mal lui en a pris, le personnel lui a expliqué que par sa faute l’hôpital public n’était pas préparé du tout à géré une épidémie de cette envergure[5]. « Vous pouvez compter sur moi dit le médecin, l’inverse reste à prouver ». Si on ne peut imputer l’épidémie de Coronavirus à Macron, par contre on peut lui reprocher de détruire le système de la santé français dont jadis nous étions si fiers. Cet épisode met en lumière l’amateurisme et la désinvolture dans tous les domaines de Macron et de son gang. Le lendemain, Macron, vexé de s’être fait remonter les bretelles a tenté de dénigrer le médecin qui l’avait apostrophé, mais cela s’est encore retourné contre lui. A Naples Macron est allé remonter le moral de Conte, en pleine déconfiture, on y a parlé de Coronavirus, mais il y avait des Gilets jaunes qui étaient venus l’accueillir aux cris de « On est là ! On est là ! »[6]. C’est tout de même inédit qu’un président soit poursuivi par ses pires ennemis, même en dehors de nos frontières ! Il peut craindre d’ailleurs qu’après la fin de son règne, sa protection se trouvant de fait allégée, on lui demande des comptes en le poursuivant au bout du monde.
Hôpital la Salpêtrière le 27 février 2020
Les Gilets jaunes cependant restent actifs. Ils commencent à réfléchir à une délégation chez Macron. Pour les uns cette invitation est une sombre arnaque, pour les autres c’est une manière de dire que nous sommes là face à un pouvoir défaillant qui ne roule que pour le compte de l’oligarchie. Y aller ce sera montrer à la France entière que le mouvement existe encore, alors que les médias font tout pour passer sous silence ses actions. Pour ma part je suis partagé entre ces deux positions. En tous les cas si on y va, il faut que ce soit clair et net, sans concession, sachant combien Macron est capable de parler pendant des heures pour ne rien dire en dehors des mensonges éhontés. Les Gilets jaunes s’invitent aussi dans les municipales. A Toulouse, haut lieu de rassemblement des Gilets jaunes, ils ont demandé aux listes en présence de se prononcer sur deux points : un conseil de citoyens et le RIC qui leur tient particulièrement à cœur[7]. On ne lâche donc pas l’affaire d’une transformation institutionnelle qui ranimerait un peu une démocratie moribonde en France. Le maire sortant, l’ignoble Moudenc, s’est déclaré contre évidemment, il craint qu’on contrôle de plus près son action, mais beaucoup de listes ont répondu positivement, y compris la liste du parti animaliste ! Preuve que l’idée de démocratie directe commence à faire sérieusement son chemin. Cependant les manifestations du samedi ne sont pas passées de mode. Malgré le froid et la pluie, il y a encore eu pour le LXVIIIème acte des mobilisations un peu partout en France. Il y avait des manifestations notables à Strasbourg, et même deux à Paris ! Cette manie de se diviser qui frise la maniaquerie devrait cependant cesser si on vise à un peu plus d’efficacité. La foule n’était pas au rendez-vous, mais l’annonce de Philippe d’avoir recours au 49-3 pour faire passer sa réforme pourrie pourrait très bien relancer la mobilisation. Les syndicats vont être bien obligés de se remobiliser, d’autant que les avocats montre l’exemple d’une pugnacité qui nous manque trop souvent.
Strasbourg
Paris le 29 février 2020
Des l'annonce du 49-3, les Toulousains sont descendus dans la rue
[1] https://revolutionpermanente.fr/Retraites-Le-co-rapporteur-du-projet-de-loi-possede-360-000EUR-d-actions-Axa
[2] https://www.huffingtonpost.fr/entry/retraites-vous-netes-rien-le-rapporteur-contraint-de-sexcuser_fr_5e562c5cc5b62e9dc7da363e
[3] https://actu.fr/normandie/havre_76351/manifestation-contre-reforme-retraites-lentree-havre-circulation-deviee_31775480.html?fbclid=IwAR1Pbayegd1Rxb57WXxMw87Pkdb-2TobM7Xmy24Fez0O4Jc4Hb7bGjZQU6U
[4] https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Salon-de-l-Agriculture-le-ministre-Didier-Guillaume-perd-son-sang-froid-face-a-un-journaliste-1675941
[5] https://www.bfmtv.com/politique/nous-sommes-au-bout-macron-interpelle-par-un-medecin-de-la-pitie-salpetriere-sur-la-crise-des-hopitaux-1865330.html