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Excellent article !!!

Acte LXXXVI, pendant le carnaval le combat continue

 

Cette semaine l’actualité politique a été dominée dans les médias par l’écume des municipales comme si cela était important. Mais comme on l’a vu, les électeurs ayant organisé une grève massive, on peut être certain que ce n’est pas dans les urnes que cela se passe. La démonstration se fait à Marseille, où non seulement deux électeurs sur trois ne sont pas aller voter, mais où les combines d’arrière-cuisine sèment la panique dans les deux camps. L’autre sujet qui commence à montrer le bout de son nez, c’est la nomination de Jean Castex un cumulard à 200 000 € par an, sans compter les avantages en nature, au poste de premier ministre. Avec sa vue basse et son air de proviseur de lycée des années cinquante, c’est un autre Delevoye qui a été choisi pour remplacer l’antipathique Edouard Philippe. Mais là aussi c’est un non-événement, sauf pour les « journalistes » qui ne savent jamais rien sur rien et encore moins sur le reste. Ils nous avaient promis que le prochain premier ministre serait une femme, avançant même avec insistance le nom de Laurence Tubiana, histoire de marquer un coup de barre à gauche et vers le tournant écologiste ! On nous la promet maintenant au ministère de l’écologie. Mais à la suite de la nomination de Castex, elle a décliné tout intérêt pour entrer au gouvernement à quelque poste que ce soit[1]. A croire que les journalistes n’existent que pour induire les populations en erreur. On en est là : dès que les journaux traitent en bloc d’un sujet, vous pouvez être sûr que ce sujet est subalterne. Après avoir fait mousser les quelques gains municipaux des EELV – je n’ose pas les appeler écologistes – voici maintenant qu’ont fit mousser Assa Traoré ! en voyant ces unes, on se dit que cette jeune femme a un service de communication vraiment très compétent. L’Elysée devrait la prendre pour porte-parole ! En effet ne représentant rien d’autre qu’elle-même, elle arrive à faire croire qu’elle est le fer de lance du combat de l’ensemble des Français contre la Macronie. Les chaînes de désinformation en continu parlent d’elle et de son comité de manière régulière, omettant le plus souvent d’indiquer que son frère est mort non pas lors d’un contrôle d’identité, mais lors d’une arrestation demandée par un juge d’instruction. 

 

Certes toute cette agitation détourne l’attention de la lutte véritable. Blouses blanches et colère noire les personnels de santé ont encore manifesté cette semaine, à quelques jours de la fin de la concertation du « Ségur de la santé » du gouvernement. On comprend mieux pourquoi les « journalistes » qui désinforment les populations avec esprit de système parlent des sujets qui n’en sont pas. Le but est d’isoler les soignants, comme on a isolé les Gilets jaunes, les faire apparaître comme des obstinés sans principes et sans avenir. L’affaire a failli réussir avec cette malheureuse infirmière qui avait osé jeter quelques cailloux sur les miliciens du fourbe Lallement qui bombardaient de gaz lacrymogène une manifestation pourtant officiellement autorisée. Aujourd’hui le pouvoir, ou ce qu’il en reste, est passé à une autre tactique, envoyer des robocops matraquer des soignantes ça marque plutôt mal, alors on va faire comme si celles-ci n’existaient pas. Et pourtant, elles revendiquent notamment à cause du décalage entre les promesses et les gestes faits par le gouvernement. Alors que les milliards pleuvent sur Renault ou sur Air France pour les aider à mettre au chômage des milliers de salariés, la misère de revalorisation des salaires a même fait sursauter Laurent Berger pourtant bien habitué a appuyé les revendications gouvernementales de baisse des salaires[2]. Pour bien comprendre l’enjeu de ces palabres qui virent à la discussion de marchands de tapis, il faut se souvenir que les infirmières en France sont relativement mal payées par rapport à leurs voisines en Europe. Et en France nous avons une pénurie très grave de médecins spécialistes, conséquence d’une formation inadaptée aux besoins. 

 

Même si les journalistes mettent la pédale douce sur l’écho qu’on peut donner à ces luttes, elles sont extrêmement solides. Il faut se souvenir que les soignants manifestent depuis plus d’un an et demi maintenant. Ce qui veut dire que ce n’est pas encore terminé, loin de là. On va voir ce que fera le nouveau gouvernement. Mais Jean Castex apparait comme un secrétaire de Macron sans autonomie particulière, même le monde s’en est aperçu et bien que certains journalistes facétieux le présentent comme un « gaulliste social ». Il est très probable que Véran restera ministre de la santé et que ce sera surtout macron qui fera le gouvernement. On ne voit pas par les temps qui courent, et après les défaites cinglantes que Macron vient de subir aux municipales, qu’il puisse changer de doctrine : celle-ci s’en tient au principe finançons le capital, il y aura forcément un jour plus ou moins lointain où les pauvres salariés en profiteront un peu eux aussi. 

 

 

Limoges 30 juin 

Toute la semaine les soignants ont manifesté leur mauvaise humeur, sachant que leur lutte est populaire, et que c’est maintenant ou jamais qu’on pourra faire plier le gouvernement. Celui-ci vit dans un paradoxe terrible, d’un côté on a macron qui dit aux soignants qu’il n’y a pas d’argent magique[3], mais de l’autre il nous dit qu’il va débloquer des milliards pour aider Renault et Air France à licencier, ou encore qu’il va donner des milliards pour la transition écologique, objet politique non identifié à ce jour. Sanofi s’est gavé sur le compte de la pandémie, non seulement l’Etat lui a versé de l’argent pour soi-disant trouver un vaccin contre le COVID-19, mais le cours de l’action en Bourse a explosé. Ses bénéfices publiés au mois d’avril dernier s’élevaient à plus de 2 milliards d’euros[4], ce résultat aurait pu dispenser Macron et son gang de verser de l’argent à cette louche entreprise qui délocalise ses actiivités, environ 200 millions d’euros[5]. 

 

 

Tulle, le 4 juillet 2020 manifestation contre la fermeture de l’usine BogWarner 

Ce samedi 4 juillet, les manifestations les plus importantes étaient liées à la défense de l’emploi. Il est vrai que les charrettes de licenciements qui s’annoncent sont impressionnantes. A Lannion et à Tulle, ces manifestations soutenues par les Gilets jaunes ont connu de belles affluences. Il s’agissait à chaque fois d’entreprises étrangères, Nokia et BogWarner. Elles ont touché des subventions, des CICE, tout ça pour abandonner les salariés en rase campagne dans des zones où les possibilités de reconversion sont très maigres pour ne pas dire inexistantes. A Lannion on a même vu la CFDT manifester. On voit bien que le baratin macronien sur la volonté de relocaliser els activités industrielles et de travailler à la transition écologique est juste du baratin. C‘est évidemment de ce côté-là qu’on attend le feu pour la rentrée de septembre. Au fur et à mesure que le chômage partiel va cesser, mécaniquement le chiffre du chômage va s’envoler. Le Maire qui est toujours très optimiste parie sur un volume d’un million de chômeurs supplémentaires. Il est loin du compte. Airbus qui est un des fleurons de l’industrie française, vampirisé par l’Allemagne, va mettre 15 000 personnes au chômage, dont 5 000 en France. Dans l’automobile ça promet d’être sanglant, mais aussi dans commerces du textile-habillement où des dizaines de magasins vont fermer, aggravant un peu plus la crise des centres-villes des villes moyennes sinistrées. 

 

 

Lannion manifestation contre la fermeture de Nokia 

Malgré la baisse très nette de la mobilisation, les Gilets jaunes ne restent pas inactifs et viennent soutenir les camarades qui ont été pris dans la nasse et qui sont déférés devant les tribunaux. La vindicte macronienne continue de les poursuivre. Nîmes ils se sont rassemblés le 2 juillet deva[6]nt le palais de justice pour soutenir Roland Veuillet[7]. Sur la foi de la parole des policiers, qu’on sait pourtant menteurs, Stéphane Trouille a été condamné en appel le 2 juillet pour avoir frappé un policier dont il ne savait pas la fonction 

 

 

Nîmes le 2 juillet 

Le samedi 4 juillet, les marseillais eux étaient massés devant la mairie pour ne pas se faire voler l’élection du maire. Après des marchandages laborieux et le ralliement de Samia Ghali, ils ont accueilli par des cris de joie l’élection de Michèle Rubirola qui a mis fin à 25 ans de gaudinisme. Ces 25 ans de malheur ont vu Marseille s’enfoncer dans la crasse et la misère, le chômage et l’insécurité. Des pans entiers de l’immobilier marseillais se sont effondré dans une ambiance apocalyptique. Le suspense a été intense pour deux raisons : d’abord parce que le Printemps Marseillais s’est clairement compliqué la tache en faisant élire un maire les Républicains à la place du représentant du Rassemblement National. Faire comme si les crapules gaudinistes étaient de meilleure qualité que Ravier me dépasse un peu. En faisant élire Ravier indirectement, le Printemps Marseillais aurait renvoyé dos à dos ces deux tendances politiques, mais ce serait aussi simplifié la vie pour l’élection du maire. Ensuite, Rubirola aurait dû penser un peu à l’avance au fait qu’elle devrait donner quelque chose à Samia Ghali. On a vu aussi les vieux gaudinistes tenter des manœuvres honteuses pour faire un hold-up sur la ville en essayant de rallier Ravier pour conserver leur fromage. Il y avait tellement de têtes de liste voulant gagner la mairie chez les Républicains, que cela faisait penser à l’armée mexicaine en déroute. Ils n’avaient rien de mieux à proposer que le vieux, très vieux, Guy Tessier, affairiste et combinard, pour tenter un ultime coup de poker. Si on peut être légitimement content de la défaite de cette droite pourrie jusqu’à l’os, on peu aussi émettre des doutes sur la capacité de la nouvelle équipe à sortir Marseille de l’ornière. 

 

 

Marseille dans l’attente de l’élection du maire 

Il y avait bien ders cortèges un peu partout en France se revendiquant des Gilets jaunes. A Paris il n’y avait pas moins de trois défilés. C’est le signe à la fois d’une lassitude et d’une grande division. Certains Gilets jaunes ont semé le trouble en tentant de s’agréger aux manifestations du Comité Adama. Je l’ai dit c’est une erreur profonde qui dénature le mouvement, non seulement parce que Assa Traoré a toujours mis en avant son mépris pour les Gilets jaunes, mais aussi parce que ce particularisme de type gauchisme engendre la division. Il y avait pas moins de 3 défilés Gilets jaunes à Paris, tous avec des effectifs maigrelets et peu enthousiastes, alors que la colère populaire est toujours élevée. Cela ne veut pas dire que le mouvement est mort, mais soit qu’il reprendra une autre forme, soit il reviendra sur des bases plus saines. 

 

 

Paris 4 juillet 2020 

 

 

Besançon le 4 juillet



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