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Excellent article !!!

Acte LXXXVIII, sortir du confusionnisme

  

Manifestation Comité Adama 

Alors que le gouvernement et Macron paraissent perdus, multipliant les imbécilités, les Gilets jaunes et les syndicats ne sont pas à la hauteur. A Montpellier par exemple, les Gilets jaunes se sont mis à faire de la pédagogie sur la question raciale[1] ! Alors que le week-end devait être studieux, voilà que la vision gauchiste du mouvement a tenté de déporter le problème du côté de la question qui divise : Adama Traoré n’est pas vraiment une personne à soutenir et le comité que sa sœur a monté pour faire de la mousse non plus. Ces gens qu’on n’a pas vu dans les débuts du mouvement des Gilets jaunes, voudraient bien les absorber maintenant. Seuls les gauchistes se laisseront prendre à cette manœuvre de basse cuisine. Beaucoup se sont demandé comment cela se faisait qu’Assa Traoré ait autant de facilité, on ne l’embête pas pour qu’elle manifeste, elle n’est jamais interdite, et ses moyens matériels semblent illimités. On a vu le sinistre Dupond-Moretti se déclaré scandalisé que cette jeune femme n’ait jamais été reçu par le ministre de la justice. « Quand la sœur d'Adama Traoré se plaint de n'avoir jamais été reçue par le juge depuis le début de l'affaire, c'est-à-dire depuis quatre ans, elle le fait à juste titre. Il n'est pas normal qu'elle n'ait jamais été reçue. » Evidemment Dupond-Moretti ne se propose pas de recevoir les familles de tous ceux qui ont été victimes des violences policières[2]. Serait-ce un privilège black que d’être reçu par le ministre de la justice ? L’affaire Traoré est ancienne, elle date de 2016, et on peut se demander pourquoi le gouvernement la monte manifestement en épingle aujourd’hui. L’affaire est d’autant plus étrange que la France est à l’heure actuelle plongée dans un climat de violences jamais vu. Selon des sources émanant du ministère de l’intérieur, on aurait répertorié en moyenne 120 attaques au couteau[3]. Il n’est pas besoin de se demander d’où elles viennent. Par contre on peut les rapprocher du rapport ministériel sur les actes de haine religieuse qui ont eu lieu en 2019. Les actes antisémites sont en hausse, les actes antichrétiens aussi tandis que les actes islamophobes restent quantitativement très faibles[4]. Il va de soi que les actes antisémites et antichrétiens proviennent de la communauté musulmane. Mais il faut rapprocher aussi cela de la cathédrale de Nantes qui a brulé le 18 juillet 2020. Cette fois on n’a pas évoque un mégot mal éteint, et on a été obligé de reconnaitre un acte criminel. Quel est le sens de cet incendie ? Les mauvais esprits feront un rapprochement avec la transformation de la cathédrale Sainte-Sophie en Mosquée en Turquie. Mais essayons de comprendre. D’abord cet attentat résume l’impuissance de l’Etat à contenir la poussée islamiste car la cathédrale de Nantes n’est pas un cas isolé. Depuis plus d’un an les Eglises flambent en France de manière régulière[5]. Je suis athée, et je n’ai pas un amour immodéré des vieilles pierres. Mais il faut se rendre à l’évidence : il s’agit d’une guerre de religion. Je n’imagine pas les manifestations organisées par la gauche et les verts si un nombre équivalent de mosquées avait flambé. Une guerre de religion, c’est toujours une guerre civile. C’est un très bon dérivatif pour un pouvoir en perdition, et c’est certainement une relance très claire pour le RN et marine Le Pen. Mais au-delà de ces calculs politiques, ce que nous voyons, c’est que cette guerre civile qui explose aujourd’hui va briser l’élan du mouvement social et renforcer les tendances autoritaires du gouvernement. Les conflits engendrés par la communauté musulmane vont très certainement continuer à monter en puissance, et cela d’autant que la rentrée de septembre va être plus que difficile sur le front de l’emploi, sans même parler d’une potentielle deuxième vague du COVID-19 qui permettrait au gouvernement de nous reconfiner. 

 

La cathédrale de Nantes en feu 

L’acte LXXXVIII des Gilets jaunes a cependant été marqué par une remontée des mobilisations dans un contexte toujours très difficile. C’était assez clair à Paris, même si on peu reprocher un manque d’imagination du côté des Gilets jaunes. La manifestation s’est tapée le parcours Sacré Cœur – République. Le mouvement des Gilets jaunes se révèle aujourd’hui hésitant. D’un côté les gauchistes tentent de le tirer vers la lutte des races, et de l’autre il est clair que certains attendent le repositionnement des syndicats. Pour l’instant l’antipathique Castex a réussi à noyer le poisson en piégeant les syndicats en obtenant d’eux qu’ils « dialoguent » sur la question des retraites, en leur promettant qu’ils ne feraient pas ça avant la fin de l’année, et d’autre part en promettant de ne pas parler des conditions de financement de cette réforme. Il est probable qu’elle va une fois de plus accompagner la baisse des salaires, Macron a dit lors de son interview malheureuse du 14 juillet qu’il valait mieux baisser les salaires que de ne pas avoir d’emploi, et son ectoplasme qui lui sert de Premier Ministre a avancé qu’on allait baisser les charges pour faciliter la vie des patrons. Mais ce que cet imbécile de Castex appelle charge, ce sont les cotisations sociales qui couvrent les risques santé, vieillesse et chômage, c’est ce qu’on appelle le salaire indirect. Si nous baissons les « charges » cela veut dire que par les temps qui courent, on aggrave les déficits des caisses de retraite, de la sécurité sociale et de l’Unédic. Déficits qui justifieront une baisse des prestations, on peut compter sur les syndicats pour avaler la couleuvre. Le tout au nom de la sacro-sainte théorie de l’offre. 

 

A Paris la manifestation était plus nombreuse que la semaine précédente 

Pour le reste les Gilets jaunes qui sont encore mobilisés en ce mois de juillet, tandis que les estivants s’entassent sur les plages au risque du COVID-19, se cherchent complètement et ne se trouvent plus vraiment. On comprend que si les Gilets jaunes ont remplacé dans un premier temps des syndicats et des partis défaillants pour dynamiser le mouvement social, ils attendent maintenant un peu tout d’un mouvement social qui serait animé par les syndicats. Combien de temps faudra-t-il au peuple pour apprendre ce qu’est une bureaucratie partisane ou syndicale ? Combien de temps lui faudra-t-il pour se prendre en charge lui-même et créer ses propres buts ? 

 

Montpellier, des Gilets jaunes en colloque 

 

A Angers les Gilets jaunes se sont rassemblés autour du kiosque du jardin du Mail



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