Ainsi le PS a choisi François Hollande comme candidat à la présidentielle et tous les sondages le donnent probablement vainqueur. Mais rien n’est réglé pour la gauche dans son ensemble : il ne suffit pas de rejeter Sarkozy, il faut proposer une vraie politique de gauche qui ne se réduise pas à une vague alternance arrêtant la casse libérale de notre société, il faut engager une réelle alternative au libéralisme dont le PS seul ne semble pas porteur et sans laquelle un danger radicalement inédit pèse sur l’avenir de la société française.
Commençons par le danger, qui n’a rien d’imaginaire, hélas. Si par malheur, en l’occurrence par manque de courage autant que de conviction, un gouvernement dominé par les socialistes, refusant de prendre des mesures anti-libérales dans tous les domaines, décevait à nouveau les classes populaires touchées de plein fouet par le chômage, la précarité, l’appauvrissement, la souffrance au travail (pour ceux qui en ont), alors c’est la droite qui reprendrait le pouvoir en 2017, mais pas n’importe quelle droite : une droite qui, travaillée par un héritage idéologique ancien et le durcissant, s’allierait avec une extrême-droite réintégrée dans le jeu politique par Marine Le Pen à coups d’effets d’annonces démagogiques ou mensongers (défense du peuple, renforcement de l’Etat, protectionnisme nationaliste, voire souci de la laïcité).
Risquerait alors d’arriver ce que la deuxième moitié du 20ème siècle semblait, à ceux qui l’ont vécue, avoir définitivement écarté : un processus de fascisation rampante ou déclarée de la société, faisant fi de toutes les conquêtes socio-politiques du mouvement ouvrier grâce auquel l’histoire humaine avait alors progressé.
Un pareil risque, ce qui se passe dans d’ex-pays de l’Est comme la Pologne et la Hongrie nous le montre au présent, avec la destruction des services publics, les privatisations, l’accroissement des inégalités, la censure d’Etat, la réintégration des formes les plus intégristes de la religion dans le contrôle de l’espace public et des institutions politiques, etc. – tout cela correspondant bien à des tentations longtemps refoulées de la droite française, UMP comprise, et qui se donneraient alors libre cours.