La France a été le pays le plus sévèrement menacé lundi 5 décembre par l'agence de notation Standard & Poor's, qui envisage d'abaisser de deux crans la note attribuée à sa dette, actuellement "AAA", sur fond de croissance décevante. Cela concerne aussi d’autres pays européens notés AAA, comme l'Allemagne.
La France "menacée" par S&P de perdre son "AAA"
Mais là où la France se distingue négativement, c'est qu'elle est le seul pays des six pays "AAA" (la meilleure note possible) pour lequel S&P envisage un abaissement de deux crans.
La "surveillance négative" signifie qu'il y a plus d'une chance sur deux pour que dans les trois mois à venir, la note de la France passe à "AA+" ou "AA". S&P a un calendrier serré, puisqu'elle veut "conclure sa surveillance aussitôt que possible après le sommet européen du 9 décembre".
Ca tombe à pic pour permettre à N. Sarkozy et A. Merkel d’imposer leur austérité aux peuples !
Les 2 chefs d’Etat cherchent le consensus, l’accord de l’opinion publique et du parti socialiste en France (comme c'est le cas en Allemagne ou en Espagne), pour imposer un véritable hold-up contre la démocratie, la souveraineté des peuples européens. Non contents d’imposer des plans d’austérité qui, en anémiant le pouvoir d’achat et l’économie, en appellent d’autres, nos 2 complices veulent nous imposer la « règle d’or » et des sanctions judiciaires envers les Etats !
Ce pourrait en effet être la Cour de justice européenne. Si cette cour "ne peut pas déclarer un budget national nul et non avenu" insista A Merkel le 6-12, elle vérifiera que les "règles d'or nationales correspondent à un vrai engagement de retour à l'équilibre budgétaire". En apparence, la souveraineté de chaque pays serait sauvegardée: ce seraient les Cours constitutionnelles de chaque pays - le Conseil Constitutionnel, dans le cas de la France - qui auraient à juger du bon respect de la règle sur l'équilibre budgétaire. Mais, en France, écrit l'Humanité, cela permettrait à la droite d'ouvrir un front avec le Parti Socialiste qui a refusé jusqu'alors d'enteriner la règle d'or. Or, pour changer la Constitution en France, N. Sarkozy aura besoin des voix des parlementaires socialistes. Benoit Hamon, porte-parole du PS a déclaré qu'avec ces propositions Sarkozy-Merkel, "l'austérité gagne par K.O.". Est-ce la position du Parti Socialiste et de son candidat François Hollande ?
• Ainsi, pour plus de « sécurité » pour les marchés financiers, ils veulent nous imposer, dans les Constitutions nationales, l’obligation permanente d’équilibre des budgets des Etats, cette dangereuse « règle d’or ». "Nous souhaitons, a dit Nicolas Sarkozy, que chaque Constitution de chacun des 17 pays de la zone euro se donne une règle d'or qui aille à l'équilibre" (des budgets). Cela alors que l’actuelle construction européenne, ultralibérale, pousse à la baisse des impôts sur les plus riches et les sociétés, donc à la baisse des dépenses utiles aux pays, dépenses de santé, d’éducation, mise en cause du droit à la retraite, …
Assez de la domination des marchés financiers, des agences de notation !
On nous bourre le mou avec la « dette publique » que les gouvernements ont volontairement poussé à la hausse depuis la décision de rendre les banques centrales indépendantes des Etats, donc de pousser ces derniers à emprunter sur les « marchés financiers », autrement dits aux banques et autres organismes financiers. Pour la France, c’est le cas depuis la Loi du 3 janvier 1973 qui « privatise » de fait la Banque de France. Et pour l’ensemble des pays de la Zone euro, c’est le Traité de Maastricht (1992) qui impose à la Banque Centrale Européenne une « indépendance » absolue vis-à-vis des Etats et autres instances politiques.
Les plans d’aide aux banques et aux grandes entreprises, lors de la crise financière précédente, ont fait encore monter ces dettes des Etats. Et maintenant que les banques semblent sauvées, mais continuent comme avant à spéculer, à serrer les crédits aux entreprises, surtout les PME, on veut nous faire payer l’addition !
Un pôle bancaire public et un autre statut pour la B.C.E.
Plus que jamais, comme le préconise le programme partagé du Front de Gauche, il faut : * développer un pôle public bancaire, français, mais aussi européen
* changer les statuts de la Banque Centrale Européenne pour lui permettre de prêter à bas taux de l’argent aux Etats, pour se passer des fameux « marchés financiers », les spéculateurs de tous poils !
Henri Moulinier