
http://www.signals.fr/bandes-avec-flechage.html
Le ministre de l’éducation nationale vient d’annoncer que le mouvement pour les collèges et les lycées Eclair se déroulera à l’échelle nationale. Les enseignants pourront donc faire acte de candidature auprès des chefs d’établissement qui les recruteront dans un cadre national et non académique. Nul doute que le ministère pourra ainsi s’enorgueillir d’un nombre de demandes en collèges et lycées Eclair en hausse, mais cela ne traduira nullement l’envie d’enseigner en établissements Eclair de collègues « expérimentés ». En effet, il est clair, et toutes les mesures similaires prises l’ont montré, que nombre d’enseignants choisiront dans ce cadre l’académie plutôt que l’établissement et que seules les académies du Sud et de l’Ouest de la France verront un nombre significatif de demandes. Les établissements qui resteront les moins demandés seront les collèges et lycées Eclair des académies de Lille, Créteil et Versailles……
Cet exemple montre bien qu’il s’agit là d’une fausse piste concernant la construction de véritables équipes pédagogiques dans les établissements éducation prioritaire.
Trois pistes par contre m’apparaissent plus porteuses pour inciter les enseignants à s’investir dans ces établissements.
- Développer une formation initiale et continue de qualité concernant la prise en charge de ce type de publics liée à un accompagnement réel des personnels nommés dans les établissements éducation prioritaire comportant notamment chaque année deux semaines de formation et d’échanges d’expériences entre équipes pédagogiques d’établissements.
- Reconnaître la pénibilité du métier enseignant dans ce type d’établissements, ce qui passe non seulement par des primes, mais par la diminution de leur temps d’enseignement.
- Ne pas donner l’impression à l’enseignant qu’il est « assigné à résidence » pour un temps donné dans ce type d’établissement et qu’il ne peut progresser dans sa carrière qu’en en sortant. Cela pourrait passer par la création de postes partagés entre les établissements éducation prioritaire et des lycées de centre-ville, y compris pour enseigner dans des classes préparatoires. L’éducation nationale fonctionne trop souvent sur le blanc/noir. Il faut pouvoir dire à des enseignants que l’affectation est possible sur une même ligne de transport en commun entre un demi-service en établissements éducation prioritaire et un demi service dans une filière d’excellence d’un lycée. Ce brassage des enseignants, et pourquoi pas à terme des élèves, ne pourrait être que bénéfique pour tous.
Jean-Louis Auduc
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/01/20012012Accueil.aspx