Par DESIRS D'AVENIR HERAULT
Libération. 19.03.2012. Interview par Laure Bretton

Non. Ce que l’on peut dire, c’est qu’il y a une poussée de la gauche face à la crise et contre Nicolas Sarkozy. C’est positif, et la bonne santé de la gauche, c’est d’abord la force et la solidité de François Hollande. Le Parti socialiste reste la colonne vertébrale de la gauche. Jean-Luc Mélenchon n’attire pas à lui des électeurs socialistes, mais il occupe un espace à gauche de la gauche en concentrant sur son nom des suffrages qui, dans d’autres élections, pouvaient se disperser sur plusieurs candidatures.
Pourquoi faudrait-il s’en inquiéter ? Il faut que la gauche soit la plus forte possible. Mais plus François Hollande est haut au premier tour, plus l’ensemble de la gauche, dans toutes ses composantes, peut espérer la victoire.
Ce n’est pas vraiment une surprise. On connaît la capacité de mobilisation, notamment du Parti communiste.
Il m’a semblé qu’il s’inscrivait dans une dynamique globale, que sa logique était d’apporter sa pierre à la victoire de la gauche.
Ce n’est pas à nous de donner aux autres candidats la marche à suivre dans leur campagne. L’électorat de gauche veut la victoire, il y a une exigence de rassemblement. Tout ce qui ne s’inscrit pas dans cette perspective collective est rejeté. Mélenchon l’a compris. Son seul reproche porte sur notre volonté de réduire la dette et les déficits. François Hollande refuse l’austérité en Europe, mais nous assumons notre volonté de réduire les déficits. C’est une question de souveraineté nationale pour que la France ne se retrouve pas à la merci des marchés financiers.
Non ! Dès son discours du Bourget, il a situé sa candidature comme celle du changement, de la domination de la finance, de la réforme bancaire, du refus de l’austérité en Europe. Il fait campagne depuis un an sur la justice fiscale. Ses propositions, ce programme et ses convictions ne datent pas des dernières semaines. Nous respectons la candidature de Jean-Luc Mélenchon, il défend ses idées, mais nous voulons, nous, traduire les idées en changement concret. Le seul qui soit en situation de battre Sarkozy et de permettre la victoire de la gauche à la présidentielle, c’est François Hollande. Ce n’est pas manquer de respect aux autres candidats de gauche que de dire que tout se joue au premier tour.