Eklablog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

EXCELLENT ARTICLE =

 
Mardi 20 mars 2012 2 20 /03 /Mars /2012 00:10

  Hollande-gauche.jpg

 

"L’Europe de l’intégrisme des marchés, c’est terminé" .

 

Sigmar Gabriel, président du Parti social démocrate allemand (SPD)

Samedi 17 mars, lors d’une rencontre de dirigeants de gauche européens au Cirque d’hiver

 

François Hollande a du soutien dans sa volonté de renégocier le « Pacte budgétaire européen » – de son vrai nom : « Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire » -,  signé le 2 mars dernier par 25 chefs d’État et de gouvernement sur les 27 que compte l’Union européenne. Quatre responsables socialistes ou sociaux démocrates européens l’ont encouragé samedi 17 mars lors d’un meeting matinal organisé au Cirque d’hiver.

« Ce pacte ne suffit pas » affirme Pier Luigi Bersani, secrétaire du parti démocrate italien. « Ce pacte est, au mieux, inutile, au pire, dangereux« , assène le socialiste autrichien Hannes Swoboda, chef du groupe Socialiste et démocrate (S&D) au parlement européen. « Les parlements sont souverains. La ratification d’un traité n’est pas un rituel. C’est un droit souverain et inaliénable de la France de renégocier le pacte et ce sera une opportunité pour les autres« , déclare l’ancien premier ministre italien Massimo D’Alema.


« Un second plan Marshall pour l’Europe »

Principal orateur du meeting – mis-à-part François Hollande -, Sigmar Gabriel apporte lui aussi sa caution. Le chef du parti social-démocrate allemand (SPD), dont le parti jouera un rôle clé dans les prochains mois lors du débat sur la ratification du pacte au parlement de Berlin, juge que le « pacte budgétaire est trop unilatéral« . Pour lui, « il faut le compléter par une Initiative pour la croissance et pour l’emploi » qui serait comme un « second plan Marshall pour l’Europe« .


« Il faut réconcilier la solidité financière des États et la solidarité », insiste Sigmar Gabriel, jeune quinquagénaire porté à la présidence du SPD en 2009 et réélu l’an dernier avec 94,2% des suffrages des délégués. « Il faut la discipline budgétaire, il faut réduire les dettes, mais cela ne peut se faire sans croissance et sans politique de l’emploi« .


« Les marchés débridés sont nos vrais adversaires »

Ce samedi matin, devant des gradins remplis mais dans une ambiance assez sage, Sigmar Gabriel vilipende les marchés financiers. Selon lui, la crise de la dette en Irlande, au Portugal et en Italie n’a pas été provoqué par leur échec à bien gérer leurs finances mais au fait qu’ »ils ont dû se protéger des marchés financiers et de la crise financière » – il admet que le problème de Grèce est différent.

« Je suis d’accord avec François Hollande quand il dit que les marchés débridés sont nos vrais adversaires. Ce sont eux qui menacent la cohésion de nos sociétés et de nos démocraties« , ajoute cet ancien ministre de l’environnement, qui fait partie des trois candidats possibles du SPD au poste de chancelier lors des élections fédérales allemandes prévues l’an prochain.  Opposant à la chancelière Angela Merkel, il juge qu’elle a trop voulu satisfaire les marchés, s’adapter à leurs exigences, plutôt que de chercher à les réguler.


Sigmar Gabriel appelle donc les Européens à « soumettre les marchés financiers à des règles plus strictes » et « à les faire participer à la réduction de la dette publique grâce à une vraie taxe sur les transactions financières, dont le produit serait investi dans l’Initiative pour la croissance et l’emploi« .


« Un débat dominé par une terminologie de gestionnaires »

Pour renforcer la solidarité à l’intérieur de la zone euro, le leader du SPD soutient aussi l’émission d’obligations européennes dédiées à de grands projets  (« project bonds »). Il se prononce pour une hausse plus rapide des salaires en Allemagne, après dix ans de progression ralentie qui ont permis à son pays de dynamiser ses exportations mais qui ont déséquilibré les échanges avec ses voisins européens.


Il invite enfin  à « poursuivre l’intégration européenne et à renforcer la démocratie au sein du projet européen » – en renforçant les institutions européennes et en renonçant à un couple franco-allemand fonctionnant comme un directoire. « Il faut donner une âme à l’Europe« , lance-t-il. » C’est une question de survie. Aujourd’hui, le débat d’idées est dominé par une terminologie de gestionnaires« .


L’an prochain à Rome

Autour de midi, François Hollande a prononcé un discours où il a égrené ses propositions et sa vision de l’Europe. Ce meeting concluait une journée de réflexion qui a rassemblé, selon ses promoteurs, 150 experts venus de 15 pays et organisée vendredi 16 mars par quatre fondations européennes de gauche : la Fondation Jean Jaurès, la Friedrich Ebert Stiftung, la Fondazione di cultura politica Italianieuropei et la Foundation for European progressive studies. Ces quatre « think tanks » prévoient de renouveler l’expérience à Rome juste avant les élections législatives attendues l’an prochain en Italie.

Pour les leaders réunis ce matin – il y avait aussi le président du parti socialiste européen et ancien premier ministre bulgare Sergei Stanishev, le président du parlement européen, l’Allemand Martin Schulz, et le directeur de campagne de François Hollande, Pierre Moscovici – le scrutin présidentiel d’avril-mai ouvre une séquence électorale qui, en 18 mois, peut conduire la gauche au pouvoir en France, en Italie et en Allemagne, les trois piliers de la zone euro et les trois plus grands pays fondateurs de l’Union européenne.

 

Journal La Croix Paris Planète

 

Cri du Peuple 1871 : http://www.mleray.info/article-la-gauche-europeenne-se-rebelle-contre-le-pacte-budgetaire--101903479.html

 
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article