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Samedi 7 avril 2012 6 07 /04 /Avr /2012 10:50

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Des Roms expulsés par avion de Lille en octobre 2009 (AFP/Philippe Hugen)

Le quinquennat de Nicolas Sarkozy a durablement assombri le rayonnement de notre pays à l'étranger.

Alain Juppé en personne avait -avant de piteusement rallier le camp "familial"- condamné les sévères amputations de moyens destinés à ce rayonnement. Mais plus encore que les moyens, c'est la dignité de la France qui a été mise à mal. Il est bon de rappeler quelques exemples d'attitudes pour le moins surprenantes de la part d'un Chef d'Etat, attitudes qui eurent des effets catastrophiques à l'étranger.

Souvenons-nous, même si ce ne fut qu'un détail, de l'épisode du stylo avec lequel le Président, en voyage officiel en Roumanie, venait de signer un texte devant les caméras de nombreuses télévisions. Après avoir hésité, Nicolas Sarkozy glissa l'objet dans sa poche. En Roumanie, on en parle encore et pas avec sympathie.

Mais il y a plus grave.

Comment ne pas rappeler l'épisode grotesquement lamentable, tragique même, de la tente du dictateur Kadhafi plantée dans les jardins de l'Hôtel Marigny. L'humiliation n'a pas été effacée par l'intervention militaire française quelques mois plus tard. Mais il fallait bien "remercier" le fou furieux de Tripoli d'avoir daigné libérer les infirmières bulgares après les avoir séquestrées et torturées. Il fallait bien ne pas froisser le malade mental dirigeant la pauvre Libye au moment où la France et la société Bull envoyaient des membres de la Direction du renseignement militaire et des ingénieurs de la dite-société afin de former -en 2008- les services de renseignement libyens plaçant tout le pays sous écoutes!...

Souvenons-nous des images dont l'impact fut catstrophique à l'étranger. Toutes ces familles Roms dont on détruisait les caravanes à coups de pelleteuses, ces mêmes Roms rassemblés derrière des grillages. En Amérique latine, au Brésil en particulier, les journaux de Sao Paulo et Rio titraient en première page, sur trois colonnes, à propos de la circulaire d'un Ministre d'une République héritière des  Lumières, circulaire qui ordonna cette "chasse" aux Roms. Dans les mêmes semaines, l'image de la France fut un peu plus altérée encore par une autre affaire, celle d'un journaliste du Monde qui aurait été espionné par la police, via son téléphone portable, afin de découvrir l'identité de ses sources dans l'affaire Bettencourt.

Souvenons-nous de l'image laissée par la France pendant le pitoyable "débat sur l'identité nationale". Ce n'est pas le sujet qui était scandaleux (Frenand Braudel, immense historien, a traîté ce thème), mais le lien établi avec l'immigration. Dans le sillage du "débat" naissait le Musée de l'Histoire de France, musée terni avant même son édification.

Souvenons-nous évidemment -et hélas- du trop fameux discours de Dakar et de ces phrases:

"L'Homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire"

"...dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès"

Comme l'a malicieusement dit le Président du Sénégal de l'époque, Abdoulaye Wade: ce jour-là, le Président de la République fut "victime de son nègre", c'est à dire de l'auteur véritable d'un texte qui eût du être au moins corrigé s'il avait été seulement relu.

Souvenons-nous du scandale, passé très inaperçu en France, lorsque Nicolas Sarkozy décorant le Premier Ministre Jean Charest ôsa parlé de "sectarisme" à propos du courant souverainiste québecois. Province dont on connait l'attachement très fort à la francophonie.

Et puis nous ne pourrons oublier tout le reste qui fut à l'avenant: des propos du très jeune ambassadeur de France Boris Boillon, en Tunisie jusqu'à la désastreuse idée de dédier l'année du Mexique en France à la malheureuse Florence Cassez en passant par un retour précipité dans l'OTAN...

Un quinquennat d'humiliations diverses et variées... Oui vraiment, pendant cinq ans, il fut souvent malaisé pour un français de l'étranger, de ne pas rougir de honte!...

Christophe

(Cette réflexion m'est inspirée par l'excellent livre de Jean-Noêl Jeanneney dont je ne saurais trop recommander la lecture)

 

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