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Tout le monde a encore en mémoire l'image du tout neuf Président de la République, suant dans les rues de New York ce 24 septembre 2007, après un footing effectué devant caméras et exhibant fièrement un T-shirt siglé "NYPD", c'est à dire New York city Police Departement.
Nicolas Sarkozy affichait sa facination enfantine pour une Amérique fantasmée, oubliant -déjà- l'héritage de la France Républicaine dont il était le tout récent porteur légitime.
Cette facination s'inscrira aussi dans sa volonté de disposer, "comme Barrack", de son" Air Force One" à lui. Dans sa volonté de pouvoir s'adresser directement au parlement, souhait parfaitement dérisoire et qui ne change strictement rien au rituel ancien qui permettait une lecture du message présidentiel, avec dans les deux cas de figure, l'impossibilité d'un débat. Mais Nicolas Sarkozy tenait l'occasion de donner un coup de griffe à la séparation des pouvoirs. Décidément, ce Président-là n'aura digéré ni Mai 68, ni la Révolution de 1789.
C'est toujours le même Président qui fit cette déclaration surprenante: "Les Etats-Unis sont une démocratie et cette démocratie n'est pas remise en cause parce que Bush ou Kerry sont croyants et prêtent serment sur la Bible". Par cette phrase, Nicolas Sarkozy n'affirmait rien d'autre que son désir profond d'instrumentaliser politiquement la foi. On a vu, à toutes les époques de l'Histoire, quels dangers cela fait courir. Par cette phrase, le Président de la République -ou ses souffleurs- démontrait sa méconnaissance de l'Histoire particulière des Etats-Unis qui a inventé la "religion civile", lien social et rien d'autre. Ce qui n'est pas possible en France, au vu de notre héritage historique dont Nicolas Sarkozy pourtant se réclame en permanence.
Dans la même ligne, la France réintégra l'OTAN. Nous avions, grace au Général de Gaulle, les mains libres tout en gardant pied dans l'Alliance Atlantique. La décision du Président, précipitée, n'eut qu'un effet symbolique. Mais peut-être était-ce le but? Néanmoins, la France, pilier de l'Europe, de l'Union Européenne, dont les décisions sont scrutés dans et dehors des frontières du Vieux Continent, accrochait les chars de son armée à ceux des Etats-Unis. Ce faisant, elle affaiblissait la nécessaire indépendance militaire de l'UE, tout cela en échange de quelques postes de généraux étoilés dans un Etat Major TOUJOURS commandé par les américains. Gain de l'opération? A vrai dire, personne n'en sait rien.
Ce que l'on sait en revanche, c'est que la France, par l'intermédiaire de son Président sortant, faisait un choix de société. A la vieille Europe, à son modèle social français, Nicolas sarkozy montrait par l' "exemple" qu'il préférait le "modèle" américain, celui de l' "Etat minimal". Hélas pour Nicolas Sarkozy, la crise vint lui rappeler que l'Etat, en mer tempêtueuse, est bienvenu. Barack Obama "himself" a remis de l'Etat dans le verre ruiné et ruineux du libéralisme échevelé. L'Histoire aurait du mettre la puce à l'oreille du Président "NYPD". Roosevelt et sa Tennessey Valley Authority furent exemplaires de l'importance de la présence de l'Etat lorsque l'océan économique et financier devient moins pacifique.
C'est ce modèle que Nicolas Sarkozy aurait aimé importer chez nous. Une civilisation où les riches ne cessent de se plaindre que l'Etat les pressure, s'exonérant de toute responsabilité civique et de toute subvention.
Ce qui libère les pouvoirs publics de leur devoir...
Christophe