Comité de soutien à François Hollande dans la Vienne
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Le Point. 11.04.2012
François Hollande peut compter sur les Anglo-Saxons pour soutenir une politique de soutien de la demande en Europe. © Karine Villalonga / Sipa
Voilà qui ne devrait pas manquer d'être utilisé par l'équipe de François Hollande en cette fin de campagne. Le Financial Times (FT), très lu dans les salles de marchés, a salué dans un éditorial, lundi 9 avril (accès payant), la prise de position du candidat socialiste en faveur de l'adoption d'une stratégie de croissance en Europe.
Moqué par l'UMP pour avoir affiché sa volonté de renégocier le pacte budgétaire impulsé par Angela Merkel, qui met uniquement l'accent sur la réduction des déficits publics, François Hollande pourra compter sur "un nombre croissant de politiciens", favorable à ce véritable renversement de stratégie, se félicite le célèbre quotidien britannique.
C'est que l'austérité généralisée comme seul programme se révèle être une impasse, constate-t-il : "La baisse de la croissance fait baisser les rentrées fiscales" et empêche "les pays de la périphérie" d'"atteindre leurs objectifs de réduction des déficits, malgré un serrage de ceinture sévère". Pire, le ressentiment qu'elle génère parmi la population retient les gouvernements italien et espagnol de se lancer dans des réformes structurelles (marché du travail, dérégulation des professions réglementées...) plus ambitieuses.
Les marchés, eux, perdent patience. Les taux réclamés pour financer la dette espagnole remontent à vive allure, malgré les 1 000 milliards d'euros déversés sur les banques européennes, espagnoles notamment, pour leur permettre de réinvestir sur la dette de leur État, preuve que les investisseurs ne croient pas dans les promesses sans cesse renouvelées du gouvernement Rajoy de rogner sur les dépenses, quitte à tailler dans l'éducation et la santé pour 10 milliards d'euros supplémentaires.
Le Financial Times appelle donc les Européens à augmenter les investissements, dans une logique proprement keynésienne de relance par la demande. Les pays qui en ont les moyens, comme l'Allemagne, devraient même accroître le volume de leurs investissements publics, tout comme la Commission européenne devrait favoriser des dépenses d'infrastructures à l'échelle de l'Union européenne. Certains à la Commission, comme Michel Barnier, se sont prononcés plusieurs fois en faveur d'une "initiative de croissance européenne", fondée sur l'émission commune d'obligations destinées à financer des projets communs. En vain, pour l'instant.
L'Allemagne, notamment, fait de la résistance. Elle n'est pas non plus prête à participer à la réduction des déséquilibres entre pays excédentaires et pays déficitaires, une autre solution évoquée par FT pour relancer la machine européenne. Selon le journal, si Rome et Madrid doivent transférer une partie de la fiscalité qui pèse sur le travail vers la consommation pour regagner en compétitivité vis-à-vis de leurs partenaires, Berlin serait bien inspiré de faire l'inverse, ce qui reviendrait à relancer la consommation et à réévaluer le prix des produits allemands par rapport à ceux des pays voisins.
http://coeur-a-gauche.over-blog.com/article-le-financial-times-estime-que-l-europe-doit-relancer-la-croissance-et-ne-pas-s-en-tenir-a-une-auster-103339100.html