Les ralliements, les sondages, tout semble annoncer l’échec de Nicolas Sarkozy le 6 mai prochain. Un climat de fin de règne s’impose. Nicolas Sarkozy tente de réagir mais avec une telle maladresse que cela en devient pénible. Ses attaques contre son adversaire sont de circonstance, mais lorsque ces attaques se font contre les intérêts de la France, alors elles sont inacceptables.
Pourtant rien n’est encore fait, il faut attendre le vote des Françaises et des Français. N’oublions pas 2002, une élection n’est jamais gagnée d’avance. Pour l’emporter, François Hollande a besoin que les Françaises et les Français se déplacent, votent et ne se dispersent pas trop.
Si la victoire n’est pas encore acquise pour François Hollande, on perçoit largement le rejet de la politique de Nicolas Sarkozy à gauche, mais aussi par une partie de la droite, notamment une partie des gaullistes.
Tournant son regard tantôt vers les Etats-Unis, tantôt vers l’Angleterre ou l ‘Allemagne … Nicolas Sarkozy aura tout simplement oublié de regarder la France. Or la France a ses spécificités qui lui ont permis d’être ce qu’elle est.
Avant même la République, en France, l’Etat a toujours eu un rôle pour porter l’innovation, pour impulser la dynamique économique. Cette politique, depuis la Seconde Guerre mondiale, a permis de grandes réussites industrielles. Oublier cette orientation, cette spécificité de la France était totalement absurde et condamnait la France à réduire sa force d’innovation, sa volonté d’entreprendre.
Ce qui a manqué ces cinq dernières années, c’est cette volonté politique, cet Etat stratège pour lancer de grands projets permettant la dynamique économique et la mutation écologique. C’est d’autant plus important dans la mondialisation.
La France a besoin d’une nouvelle équipe pour relancer cette politique qui a toujours fait notre force.
Depuis la Révolution Française, la France a affirmé son amour de la justice et de la fraternité. En s’imposant, la République a fait graver sur tous les frontons des mairies ces mots, ces mots que l’on aime, d’égalité et de fraternité. La France aime être libre, pouvoir dire ce qu’elle pense, mais elle aime aussi que chacun trouve les moyens de s’épanouir, mais elle aime aussi que ceux qui n’ont pas réussi trouvent les solidarités pour rester digne. La France ce sont les restos du cœur et toutes les associations qui se mobilisent pour aider, soutenir. C’est cela la France.
C’est une spécificité de la France, la France aime la justice et lorsque les temps sont durs, lorsque des sacrifices sont demandés, la France aime qu’ils le soient avec équité.
Oublier cette spécificité de la France en mettant en avant la valeur de l’argent, de la réussite individuelle, en divisant les Françaises et les Français entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas, était absurde.
La France a besoin d’une nouvelle équipe pour rappeler nos valeurs d’égalité et de fraternité.
Au-delà des parcours des uns et des autres, je suis très heureux de cette vague annoncée pour François Hollande, je la voudrais très forte, aussi forte qu‘elle est annoncée. Ce vaste rassemblement sera l’occasion de rappeler ce qu’est la France. Mais pour cela, il faut voter. Pour cela, nous devons être des millions à voter dimanche pour François Hollande.
Philippe Allard