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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 19:34


Par DESIRS D'AVENIR HERAULT

 

Hollande-Royal : l’autre cohabitation

Marianne. n°788 du 26.05.2012. Nicolas Domenach

 

SEGOLENE-copie-1

 

On se passionne, et Marianne en particulier (lire l’article de Joseph Macé-Scaron, p32),pour les relations piquantes entre François Hollande et Martine Aubry, que Lionel Jospin avait, en un de ses jours de colère, baptisée la femelle dominante. Or, il est une autre cohabitation à suivre, celle du président avec... Ségolène Royal. L’histoire dans l’histoire. L’ancienne candidate malheureuse à l’élection présidentielle et ex-compagne de l’heureux élu a tout fait pour la dépassionner, pour échapper aux règlements de comptes personnels comme à la « peopolisation ». Elle a tenté d’inventer un rôle politique inédit, tout en maintenant ce type de lien affectif toujours menacé entre couples séparés et blessés mais ayant des enfants et un passé fort en commun. Le fil rouge de leurs vies s’est tendu mais ne s’est pas rompu.

 

De l’avis général, et des hollandais en particulier, « “Ségo” a été impeccable » dans la bataille et le soutien à l’impétrant. Au point de surmonter quelques mauvaises manières visant à l’effacer du passé socialiste et de consentir même, de son propre chef, à ne pas être présente le jour du sacre à l’Elysée, alors que, comme première femme candidate et comme renfort décisif, elle y aurait eu sa place au moins autant que tant d’anciennes gloires. Mais si Ségolène Royal n’y a point prétendu, c’était pour ne pas polluer la solennité du jour, et parce qu’elle se veut déjà dans l’après l’élection législative, puis la présidence de l’Assemblée nationale et la réinvention de son rôle démocratique. Toutes tâches pour l’accomplissement desquelles elle a besoin de François Hollande, et réciproquement. Même si elle compte d’abord sur elle et sur sa volonté de rédemption après l’échec humiliant de la primaire!

 

Marche après marche, Royal a donc entrepris cette ascension qui passe, pour commencer, par La Rochelle, où elle affronte un proche d’Hollande, Olivier Falomi. Cet ancien responsable socialiste, qui a été exclu du PS, refuse de se retirer et même de décoller l’étiquette « majorité présidentielle s en dépit des appels pressants des hollandais et d’Hollande lui-même. Car le chef de l’Etat et ses hommes seraient « corrects » avec Ségolène ! Tout ce petit et grand monde se parle régulièrement. On la ménage. On la craint aussi. Le chef de l’Etat a favorisé l’entrée au gouvernement de royalistes, par exemple Dominique Bertinotti, à la Famille. Mieux encore, Bruno Le Roux, cet ami de « François» qui s’est porté candidat pour être élu à la présidence du groupe PS, s’est engagé publiquement à soutenir Royal pour le perchoir ! Elle en a toutes les qualités, a-t-il assuré. Or en Hollandie, on n’en a pas toujours été persuadé. Mais Royal, c’est désormais « le choix du roi »!

 

Certes, ça râle ferme du côté des autres ambitieux et de leurs proches, à commencer par les anciens ministres Jean Glavany et Jack Lang qui visent eux aussi la présidence de l’Assemblée. Ceux-là n’hésitent pas à évoquer « le caractère impossible » de leur ex-collègue, qui, il est vrai, comme Philippe Séguin autrefois, n’en manque pas. A l’instar aussi de l’ancien hôte de l’hôtel de Lassay, Royal est habitée d’une profonde volonté de modernisation des institutions. La démocratie parlementaire est à (ré)inventer. Ce serait une autre histoire dans l’histoire.

 
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