Sarko et « Le temple de l’Oseille »
Tellement caricatural, tellement englué dans toute sortes d’aventures rocambolesques, Sarko semble lentement quitter le commun des mortels pour se fondre dans une gigantesque BD… Au point que, lorsqu’il parle, on a l’impression de voir des bulles. Petit comme Tintin, roublard comme Rastapopoulos, un peu général Tapioca sur les bords, le mélange plairait plus aux RG ancienne mode qu’à Hergé !

Depuis mai dernier, on avait cru ses aventures terminées, malgré son intervention un peu comic strip pour calmer les Dupont et Dupond de l’UMP. Mille sabords ! Que les fans se rassurent, un nouvel album est en préparation, et ça risque d’être assez marrant.
Dans cet épisode, Sarko se relance dans une carrière d’avocat. International comme il se doit. Jusque là, l’histoire n’a pas de quoi rafler le Grand prix d’Angoulême. Seulement voilà : son premier client n’est autre que l’Aga-Khan, un prince musulman de 76 ans, sorti des mille et une suites de la jet-set. Depuis 2004, la vie de ce brave homme est rendue impossible par un divorce qui tourne au vinaigre. En effet, sur la table, il y a quand même les… 60 millions d’euros que réclame humblement son épouse, tout simplement un record historique.
Sarko le filou, qui a déjà quelque expérience en matière de séparation, a répondu présent. Surtout que l’Aga-Khan est son ami : l’ancien président l’aurait en effet exonéré de tout impôt en 2008. Pas dégueu, le chef religieux des Ismaéliens avait alors grassement remercié notre patrie — et la ville de Chantilly — en devenant sauveteur de l’hippodrome (Môssieur possède 800 pur-sang) et mécène du château. Tout pour plaire au maire de la commune, un certain… Éric Woerth (rappelez-vous l’album « Le temple de l’Oseille »).
Le plus pétillant dans ces nouvelles pages très « hot » en couleurs, c’est l’épouse de l’Aga-Khan : la légendaire « Bégum ». Un nom forcément magique pour ceux qui ont vécu dans la France en noir et blanc. L’ancienne Bégum, c’était une ex-miss France islamisée en deux temps trois mouvements qui, en 1949, avait subi un fameux vol : « Ciel mes bijoux ! » La nouvelle future ex-Bégum, celle qui veut claquer la porte, c’est aujourd’hui une Allemande, née Gabriele Thyssen, héritière du célèbre géant de l’acier. Vous savez, celui qui arrosa généreusement un drôle de moustachu autrichien dans les années 30. Politicaillerie, quand tu nous tiens. Notons que dans sa jeunesse, cette Begum-là fut elle-même candidate, non pas au Bundestag, mais à l’Eurovision… Maintenant, après avoir donné un fils au protecteur des croyants, la donzelle veut entamer une carrière solo.
On verra dans Gala ou ailleurs le résultat, mais soyez-en sûr, avec cette galerie de personnages, vous (et Sarko) en aurez pour votre argent !