Quand on vote pour un élu(e) national (député ou député européen), on devrait avoir deux raisonnements en tête.
D'une part, l'enracinement local peut permettre d'éclairer la personnalité du candidat. Certains adorent ou détestent le candidat que le parti de leur coeur a investi. Localement, Olivier Falorni est peut-être un brave type. Il est quand assez difficile de portraiturer Ségolène Royal comme une parachutée parisienne. Elle est quand même présidente de cette région depuis 8 ans, et élue du coin depuis une trentaine d'années. Certains m'objecteront qu'elle n'est pas de la Rochelle. Nous laisserons ces arguments de cloche-merle de côté.
D'autre part, il faut juger un candidat à son importance nationale. Un député est élu pour voter les lois de la Nation. Pas pour défendre sa circonscription. Bien sûr, l'argument local, en ces périodes troublées, st plus que jamais utilisé pour justifier une quelconque différence. Mais là n'est pas l'important. Prenez René Dosière, député apparenté socialiste qui, en 2007 comme à nouveau en 2012, a été exclu de l'investiture nationale du PS. Il a acquis une vraie importance nationale, grâce à son travail de vigilance sur les comptes de l'Elysée. Qu'il soit en tête à gauche pour ce second tour est une réjouissance.
Prenez Olivier Falorni et Ségolène Royal. Pour celles et ceux qui sont à gauche et veulent que ce gouvernement Hollande/Ayrault ait la majorité et l'appui qu'il lui faut pour, qui des deux aura plus de portée nationale ? Falorni ou Royal ? Sérieusement... Pourquoi donc faut-il se poser la question ?
J'ajouterai une troisième motivation, une simple remarque. Olivier Falorni, s'il est élu ce dimanche soir, l'aura donc été par les voix de droite et d'extrême droite. Il a promis de rester socialiste. Je n'en doute pas. Il trahira donc ceux de ses électeurs qui croyaient qu'il la jouerait Rochelais avant de la jouer socialiste. Ils sont certainement très peu nombreux. Il sera en revanche fidèle au seul rôle qu'on a bien voulu lui faire jouer: être l'instrument de la droite et de l'extrême droite locale pour fusiller une figure socialiste du pays.
Pour cette dernière action, il conservera mon mépris le plus durable.