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Instructif !!!

27 Novembre 2019

Publié par El Diablo

Prise de la Bastille

En France, violence populaire et violence d’État semblent s’opposer catégoriquement. Pourtant, comme l’explique l’autrice de cette tribune, notre histoire est ambivalente : elle s’est construite pour partie sur des violences populaires, ensuite légitimées et même commémorées.

 

Mathilde Larrère est maîtresse de conférences en histoire contemporaine, spécialiste de la citoyenneté, des révolutions et du maintien de l’ordre.

 

Quand un journal titre sur la violence d’une journée de manifestation, il y a de fortes chances qu’il s’agisse de dénoncer le nombre de vitrines brisées par les manifestants. Il y a un évident différentiel de traitement entre ce qu’on pourra appeler la « violence populaire » et la « violence d’État » (exercée par ses forces de l’ordre, ce qui n’est cependant qu’un des aspects de la violence d’État). Violence populaire et violence d’État n’ont pas les mêmes acteurs, pas les mêmes armes, pas non plus les mêmes cibles. Surtout, seule la violence d’État peut être légale quand la violence du peuple est toujours du ressort de l’illégalité.

 

Reste que les choses se compliquent quand on passe de la légalité à la légitimité. Car, si l’État tente de faire valoir le monopole de la violence légitime, les mouvements sociaux qui ont recours à la violence peuvent eux aussi arguer de sa légitimité.

 

 

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