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A chaque matin au réveil, son bol d'ignominie. Ce matin, cet extrait du portrait brossé par LCI de l'avocat de Piotr Pavlenski, Yassine Bouzrou.
Ce bonnet d'âne n'est pas un simple dérapage dans le feu d'un débat, comme naguère le présentateur Olivier Galzi comparant le voile à un uniforme nazi, ou le journaliste Yves Thréard racontant qu'il descend du bus quand il y croise une femme voilée. Cette illustration est un choix rédactionnel, sachant que Bouzrou est aussi le conseil de la famille d'Adama Traoré, ou de la fille de Zineb Redouane, l'octogénaire tuée à Marseille par un tir de grenade lacrymogène, ou encore des parents d'un enfant de 4 ans, victime de l'attentat de Nice -lire ce portrait de L'Obs , rédigé en 2016 par Elsa Vigoureux, et republié hier par l'hebdomadaire- comme le rappelle aussi LCI.
Mise à jour, 10 h 45 : Pan sur le bec, je me suis laissé avoir par les réseaux sociaux. Dans la version complète de ce portrait, mise en ligne ultérieurement par le même compte "Balance ton media", l'activité professionnelle de Bouzrou est bien abordée. Le bonnet d'âne (dont la directrice de LCI, Valérie Nataf, a reconnu ce matin qu'il s'agissait d'une "maladresse"), prend du coup un autre sens.
Tout aussi mûrement réfléchi est l'attentat d'hier matin, commis par le ministre de l'Intérieur sur la personne du premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure, qu'il a "accompagné , raconte-t-il, dans ses divorces et ses séparations ".
Christophe Castaner n'a pas cédé à un emportement passager. Il s'est levé le matin déjà habité par ses mots, il les a alignés devant son café comme des tartines, ou des cartouches. Les mots empoisonnés de l'insinuation ignominieuse sur la vie privée, les mots de la fausse sollicitude, mixturés ensemble. Dans la voiture à gyrophare qui l'emmenait vers la Maison de la radio, il graissait encore le mécanisme. Et puis, le moment venu, au micro de France Inter, il a ajusté et tiré, comme un policier sa balle de défense sur une cible soigneusement choisie.
On pourra estimer que ce n'est rien, un prêté pour un rendu entre deux politiciens (Faure avait critiqué Castaner, filmé en boîte de nuit lors d'une mobilisation de Gilets jaunes), allons on se relève, et on s'en remet, c'était pour rire, à blanc. Et pourtant, comme les vidéos Griveaux, c'est aussi une première dans le débat public, pour laquelle, à ce jour, Castaner n'a subi aucune réprimande publique du Premier ministre ou du chef de l'Etat (pas davantage que le général Georgelin, pour avoir intimé à l'architecte des Monuments historiques de "fermer sa gueule" ). Depuis la secousse sismique Griveaux, une faille se propage, sous nos yeux, sur les murs de la maison.
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