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Instructif !!!

Polémique sur les violences policières (pour voir les photos contenues dans cet article , veuillez cliquer sur ACCUEIL )

 

Une obscure chanteuse Camélia Jordana dont je ne connaissais même pas le nom il y a encore quelques jours, a déclenché une polémique comme les Macroniens savent les développer pour faire la démonstration de leur imbécilité et leur amateurisme. Elle a avancé que les flics lui faisaient peur comme à beaucoup de personnes. Dans une émission où elle était opposée à un histrion de quatrième zone, Philippe Besson, le copain hagiographe de Macron, celui-là même qui avait voulu se faire nommer avec son petit mari consul à Los Angeles et qui dut y renoncer finalement[1], elle a avancé « Il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic, et j’en fait partie. »[2] Elle a tort et elle a raison en même temps. Il est un fait que les flics font peur, non seulement parce qu’ils bastonnent et gazent à tour de bras, mais aussi parce qu’ils sont toujours et systématiquement en train de mentir pour mettre des PV et cogner tout en échappant à une sanction administrative. Leur bêtise ahurissante fait effectivement peur, on se dit que comme dans n’importe quel pays sous-développé on peut tomber sur un groupe de policiers qui vous brisera les os, sans conséquence autre pour eux qu’un froncement de sourcils. Donc il est un fait que sur ce point Camélia Jordana a tout à fait raison.

  

 
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Comme dit Macron, les violences policières n’existent pas dans un Etat de droit 

Ça fait des mois qu’on dénonce de partout en France les violences policières en France. Un peu partout cette attitude des forces de l’ordre à outrepasser le cadre de la loi a été dénoncée. Mais nous avons des milliers d’images, de films qui prouve que la conduite de la police est fascisante. Cette milice à laquelle Castaner a lâché la bride s’est crue tout permis, elle éborgne, elle tue parfois, sans que vraiment la justice n’arrive à la recadrer. Par contre là où Camélia Jordana a tort, c’est quand elle ramène ces violences à un simple racisme français. L’obséquieux et réactionnaire Philippe Besson qui ne chie pas la honte, a tenté de dire que tout de même les flics sont parfois obligés de riposter face à des gens violents qui osent manifester contre le président-fou. Et c’est là que Camélia Jordana a commencé à déconner. Elle a ramené volontiers les violences des miliciens à un simple racisme : « Aujourd’hui j’ai les cheveux défrisés. Quand j’ai les cheveux frisés je ne me sens pas en sécurité face à un flic en France. Vraiment » a-t-elle dit. Implicitement elle admettait qu’il y avait une violence normale à l’encontre des manifestants « violents », mais que cette violence devenait anormale si elle s’adressait aux descendants d’immigrés. Elle a tort pour deux raisons :

- d’abord, sans nier qu’il y ait des flics racistes en France, il y a maintenant dans la milice des flics issus des minorités visibles comme on dit, et à ce titre, ce ne sont pas les moins violents, même quand ils sont issus des quartiers. Dès lors qu’un flic enfile son uniforme et un casque qui le protège, qu’il soit blanc, noir ou gris, il abandonne sa couleur de peau et son honneur pour glisser vers la tentation de se comporter comme une bête ;

- ensuite parce que dans les manifestations, les femmes et les personnes âgées sont prises volontairement pour cible pour faire effectivement peur aux autres manifestants. On se dit que s’ils sont capables de taper sur des vieilles dames, s’ils sont capables de cogner sur des handicapés, alors ils sont capables de tout. Faire peur est une tactique mise au point et développé par Lallement pour freiner les mobilisations des gilets jaunes. C’est une politique voulue par un pouvoir qui se sait minoritaire et qui ne tient qu’à un fil : celui de la protection de sa milice. 

 

Geneviève Legay piétinée par la milice à Nice, le 23 mars 2019 

Séparer les formes de violences policières, en mettant d’un côté les violences policières envers les jeunes des quartiers et de l’autre celles qui concernent des combats plus politiques, est une position erronée et particulariste, en présentant la société française dans son fractionnement. C’est indirectement condamner, à la suite de l’obséquieux Philippe Besson, les manifestants Gilets jaunes ou syndicalistes, ou soignants qui semaine après semaine se font matraquer, rappelez-vous l’attaque du cortège très pépère de la CGT le 1er mai 2019[3]. Regarder les violences policières que du seul point de vue raciste est une grave erreur. C’est l’arbre qui cache la forêt. C’est à cette occasion qu’on voit à quoi sert la particularisation des combats sociaux : empêcher la coagulation ou la convergence des luttes comme on dit. En effet, dénoncer les violences policières envers les minorités et seulement celles-là empêche d’en comprendre la raison politique plus générale et revient à excuser certains débordements vis-à-vis des autres Français qui se font tabasser ou gazer. Les policiers ne sont pas sauvages parce qu’ils sont racistes, mais ils sont sauvages parce qu’on le leur permet et que le pouvoir politique comme la justice les couvre parce qu’il pense que c’est son intérêt. Ce qui ne veut pas dire évidemment et encore une fois qu’il n’y a pas des policiers racistes. Mais en vérité ils tapent aussi fort contre les soignants qu’ils soient blancs ou non. Ils gazent aussi les vieux sans problème également. 

 

La milice de Castaner gaze les soignants 

En se mettant sur le terrain de l’antiracisme Camélia Jordana permet aux macroniens d’opposer les uns et les autres en se tournant vers la droite et l’extrême-droite qui dénoncent en effet le fait que les policiers n’osent pas toujours investir les quartiers, que souvent ils s’y font caillasser, et donc que finalement la police est bien conciliante avec eux. Il faut pourtant partir de ce fait : la violence policière est voulue, à la fois pour gouverner un peuple rétif aux réformes avec la peur, et ensuite pour diviser ce même peuple entre racistes et anti-racistes. Quand le pouvoir et une partie de la gauche a dénoncé au mois de novembre 2018 les Gilets jaunes comme un mouvement racistes de petits blancs, fascistes en puissance, c’était une manière d’empêcher la coagulation et ça a marché puisque globalement les quartiers n’ont pas bronché comme si le combat contre Macron lui-même ne les concernait pas. Camélia Jordana c’était faite remarquer dans le passé avec cette phrase en novembre 2018 : « Ma génération ne se sent pas concernée par une société dirigée par des gens vieux et blancs ». Phrase dont l’extrême-droite s’est délectée pour montrer que le racisme était aussi chez les autres ! Cette manière de se penser dans la société faisait l’impasse sur le fait que Macron non seulement n’est pas vieux, quoique dans sa tête…, mais il n’est pas raciste, du moins pas anti-noir ou anti-maghrébin, bien au contraire en la matière il fait preuve d’une grande ouverture d’esprit, conservant contre vents et marées l’impossible Sibeth Ndiaye au poste de porte-parole du gouvernement. On l’a vu à plusieurs reprises dans des attitudes plutôt ambiguës avec des noirs, et il a défendu bec et ongles son copain Benalla, un homme violent, menteur, voleur qui a enfreint plusieurs fois la loi sous la protection de l’Elysée. Ce qui n’empêche pas que c’est bien Macron qui est à l’origine des violences policières contre le mouvement social, mais Camélia Jordana le mouvement social ne l’intéresse pas vraiment. 

 

Macron est sans doute un dictateur et un imbécile, mais il n’est pas raciste 

Camélia Jordana a été, de fait, piégée par cette petite crapule de Besson, car en ramenant la violence polidi. La lutte contre les violences policière ne se détaillent pas, qu’elles soient contre les Gilets jaunes, les syndicats ou contre les jeunes des quartiers, elle doit se poursuivre et dans chaque cas on doit dénoncer la violation de ce qu’on appelle l’Etat de droit, car avec Macron, la dictature peut très bien n’être pas raciste, mais ce sera encore une dictature, l’information est sous contrôle, il est interdit en France maintenant de manifester ou même d’afficher ses opinions à sa fenêtre, qu’on soit blanc, noir, ou arabe. 

 

Garde à vue pour ceux qui affichent des opinions anti-gouvernementales 

Quoi qu’il en soit cette nouvelle polémique montre à quel point la police en France est coupée du reste de la population. On s’en méfie à juste titre, elle symbolise une dictature qui ne dit pas son nom. Le régime macronien rejoint l’époque la plus violente des sévices de la police, lorsque celle-ci travaillait aussi pour les troupes d’occupation, certains voudraient oublier le comportement de la police dans ces temps obscurs[4]. C’est presque naturel, d’abord parce que le pouvoir est détesté à cause de ses réformes iniques et brutales, et ensuite parce que les personnes qui choisissent de faire ce métier sont portées par définition vers les abus de pouvoir. C’est même pour cela qu’ils s’engagent dans la police, et dès lors que le pouvoir pour se sécuriser les autorise à contourner la loi, ils se déchainent et dévoilent leur véritable nature. On a souvent dit que les miliciens avaient des ordres et que c’est pour cela qu’ils étaient violents et méchants. Mais c’est faux, en réalité on les a juste autorisés à faire valoir leur véritable nature. Même si Castaner et Lallement ont donné des ordres pour réduire le peuple au silence, aucune loi, aucun ordre, ne peut obliger des miliciens à viser la tête et l’œil avec son LBD40. Aucun ordre ne peut justifier que des policiers se mettent à plusieurs pour trainer sur le trottoir une femme par ses cheveux. Pour s’adonner à ce petit plaisir, il faut aimer ça. Les dérives policières sont la marque d’un Etat faible et délabré, quand la société fonctionne un minimum, elle sait aussi tenir sa police. 

 

Les vieux, blancs ont aussi droit à la trique 

 

La police du temps de Vichy



[1] LE Quai d’Orsay avait dénoncé une nomination de complaisance et une absence de qualification de l’intéressé pour le poste.

[4] Maurice Rajsfus, la police de Vichy, Le cherche midi, 1995

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