Par guevaranita
12 Avril 2021
Publié par El Diablo
Par Anicet Le Pors, ancien ministre (1981-1984)
Lors de la première annonce d’Emmanuel Macron de supprimer l’ENA j’avais publié dans « l’Humanité » du 25 avril 2019 l’article suivant que je n’ai aucune raison de modifier sinon pour souligner le caractère démagogique d’un projet destiné à faire diversion à l’impéritie de l’exécutif macronien aussi bien concernant la situation sanitaire que sur les grands problèmes de notre époque.
« Faut-il supprimer l’ENA ?
L’idée d’une école nationale de formation des fonctionnaires destinés à occuper les plus hautes fonctions de l’administration est ancienne. Elle a été évoquée pendant la IIe République ; portée sous le Front populaire par le ministre de l’Éducation nationale Jean Zay. C’était un projet progressiste qui visait à remplacer un système de recrutement disparate. L’idée a été reprise à la Libération dans une ordonnance du général de Gaulle du 9 octobre 1945. La réforme a ensuite été absorbée dans l’élaboration statutaire conduite par le ministre de la Fonction publique d’alors, Maurice Thorez, secrétaire général du PCF qui aboutit à la loi du 19 octobre 1946, portant statut général des fonctionnaires, statut fondateur de la conception française démocratique de la fonction publique. La création de l’ENA répondit, au cours des années suivantes, à l’objectif originel de démocratisation, puis dériva vers un élitisme de plis en plus accentué. Cela conduisit Georges Marchais, secrétaire général du PCF à demander la suppression de l’ENA en 1980.
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