
Ainsi, les militants du PCF ont tranché : ils ont choisi le secrétaire
général du parti pour porter leurs espérances lors de la présidentielle
de 2022.
S'agit-t-'il pour autant d'une candidature communiste au sens politique
du terme ?
On peut en douter.
D'abord du fait de la contradiction entre la volonté affichée du
candidat de rompre avec la stratégie "d'union de la gauche"
et le fait que pour les élections régionales et départementales, le PCF
voisine sur les listes où figurent PS et les Vert.
Pire encore, dans les cantons où s'est reconstituée cette fameuse
"union de la gauche", l'électeur communiste doit voter souvent
à la fois pour le candidat communiste ET un PS et un Vert, selon
le mode de vote actuel.
Comment concilier cette tactique et celle adoptée pour les
Présidentielles ?
D'autre part, Fabien Roussel incarne-t-il lui-même une ligne
communiste ?
Sur ce point essentiel, on peut également s'interroger, si on
se base sur ses déclarations faites à l'hebdomadaire "Marianne"
(semaine du 16 au 22 avril dernier).
Si Fabien Roussel note : "Il est urgentissime de sortir de ce
modèle économique, des logiques de profit" et qu'il faut "sortir
du capitalisme et reprendre le pouvoir à la finance", le lecteur
reste sur sa faim sur les moyens d'y parvenir.
Et que dire de son message voulant réhabiliter la souveraineté
de la Nation, dans le cadre de l'Union européenne :
"Pouvoir décider de nos choix. Cette souveraineté est
aujourd'hui affaiblie par les traités européens, au travers desquels
la finance décide de nos chois économiques. Nous aspirons à
une Europe de nations solidaires, qui coopèrent entre elles. Les
traités sont aujourd'hui caducs (...) Il faudra qu'on se mette autour
d'une table pour organiser autrement l'UE".
C'est, au mot près ce que déclarait François Hollande, lors de
sa campagne électorale !
Comment croire ou faire croire, que l'oligarchie financière -
concepteur de l'Union européenne - accepterait de bonne
grâce d'abdiquer ses pouvoirs politiques et économiques,
alors qu'elle a construit cette Europe du libre marché pour
répondre à ses intérêts exclusifs. Et imposer ses lois aux peuples
soumis à sa dictature...
Fabien Roussel croit-il réellement à une nouvelle nuit du 4 août 1789,
et l'abandon des privilèges par la caste financière ?
Le responsable du PCF oublie, qu'à l'époque, les châteaux des
nobles brûlaient dans nos campagnes, et que le peuple de Paris
avait pris la Bastille...il a oublié l'histoire de France - et la lutte des
classes - pour raconter de telles sornettes.
Il reste que Fabien Roussel s'abstient de dire qu'aucune avancée
sociale ou économique n'est possible dans une France prisonnière
des intérêts financiers européens. Et que dans ces conditions notre pays
doit faire sécession.
Tout le reste n'est que littérature.
Enfin, rien n'est dit sur l'union indispensable des républicains des
deux rives, partisans d'un retour à une souveraineté du peuple français
tant dans le domaine économique et social que diplomatique et militaire.
Ce qui signifie la sortie de tous les traités qui mettent en cause cette
souveraineté, en premier lieu les traités européens et l'0tan.
D'autre part, toujours sans sa déclaration à Marianne, le responsable
du PCF se croit obliger d'ajouter sa pierre à un antisoviétisme, qu'il croit
favorable à sa candidature.
Ainsi, il écrit à propos de Mélenchon :
" Nous avons des différences de fond. Par exemple les insoumis
viennent de déposer une proposition de loi sur les garanties de
l'emploi.L Ils estiment que chacun doit avoir un travail et que, si
quelqu'un n'en trouve pas, l'Etat doit être employeur en dernier ressort.
Nous ne partageons pas cette philosophie-là; ça c'est l'époque soviétique,
le kolkhoz...".
Non seulement, Roussel confond le kolkhose, la coopérative, et le
sovkhose, l'entreprise d'état; mais, ce qui est plus grave, il veut se
démarquer de l'URSS, croyant que cette démarche lui apportera
des votes supplémentaires. Attitude, totalement coupée des réalités,
mais également préjudiciable à notre campagne contre la
violence anti-russe développée actuellement par l'impérialisme occidental.
Autant dire que la candidature de Fabien Roussel n'est pour l'heure
qu'une candidature du PCF, et non du communisme tel que nous l'espérons.
Jean LEVY