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TRES INSTRUCTIF !!!

24 propositions du MEDEF pour démolir les RETRAITES

24 propositions du MEDEF      
pour démolir les retraites      

MEDEF-logo       

Le MEDEF a publié le 25 juillet 2013 un brûlot autour de l’actuel système de retraite. Et met en évidence le        non-dit des réformes : la retraite par répartition est mise en péril pour développer la capitalisation.      

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Les propositions du Medef        

               

Dans le document de 28 pages, intitulé : « 24 propositions pour équilibrer durablement nos régimes de        retraite », rendu public le 25 juillet, le nouveau patron du Medef, Pierre Gattaz, le dit sans détour :      

« Il convient de développer la retraite par capitalisation de manière          complémentaire au "système cœur" par répartition. En effet, même si toutes les mesures qui s’imposent sont prises pour la pérennité des régimes obligatoires par          répartition, il reste que leur équilibre financier dépend pour partie de la croissance. Dans le même temps, le taux de remplacement est plus bas chez les cadres que chez les non          cadres. Encourager un complément de retraite par capitalisation notamment chez les jeunes cadres permettrait donc de leur          assurer un meilleur taux de remplacement et donnerait une souplesse supplémentaire pour équilibrer le régime général. »        

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Les 15 clés de la réforme        

               

Certes, rien de nouveau dans la position du Medef et dans le camp des ultralibéraux. Dès le mois de mai, le think        tank ultralibéral Ifrap a publié ses « 15 clés de la réforme » et défendu une « réforme [qui] devra forcément s’accompagner d’un partage des efforts entre actifs et retraités,        y compris d’un recul de l’âge de la retraite, à l’image de ce qui se pratique partout en Europe, et de l’introduction d’une part de capitalisation        obligatoire ».      

               

Pierre Gattaz ne fait que décrire en quelques mots la volonté, ancienne, des assureurs et des banquiers de voir se        développer le très profitable marché de l’épargne retraite et des fonds de pension. Un marché financier aussi très profitable pour les épargnants les plus aisés.      

               

Les 24 propositions de l’organisation patronale vont donc dans ce sens, c’est-à-dire vers cet objectif de la        privatisation et de la financiarisation du système par répartition au profit des investisseurs privés et des grandes entreprises qui ont besoin d’une épargne de long terme. A nouveau réformé,        le système de retraite deviendra de plus en plus inégalitaire et soumis aux aléas des marchés financiers.      

Lire le dossier de Politis : « Retraites : capitalisation contre solidarité »      

       

D’où vient cette inspiration très libérale ? Des recommandations de la        Commission européenne, rédigées sous l’influence des industriels de la finance, validées par les conseils européens, dans lesquels les chefs d’État et de gouvernements n’ont        pas opposé de veto.      

drapeau-europe      

       

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Recommandations de la Commission européenne        

Ainsi, les analyses du Medef rejoignent les récentes recommandations de         « réformes » présentées le 29 mai à la France par la Commission européenne. Chargé d’appliquer les nouvelles procédures de contrôle budgétaire, regroupées sous        le nom de « semestre européen », l’exécutif européen exige de « nouvelles mesures » qui doivent « être prises d’urgence » pour remédier aux importants déficits        du système de retraite. Dans tous les cas de figure préconisés, le taux de remplacement sera faible. En clair le niveau des pensions baissera assurément.      

               

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault devrait à tout le        moins l’admettre. De fait, la future entreprise de démolition des retraites par répartition sera accompagnée d’un développement de la capitalisation. Par exemple, sous Sarkozy, la réforme des        retraites de 2010 a favorisé l’essor de l’épargne retraite collective (le deuxième pilier de la retraite, selon la Commission européenne, voir plus bas). Il n’est donc pas inutile de rappeler        que se joue en coulisse la place laissée à la capitalisation. Le Medef ne fait que donner le coup d’envoi des grandes manœuvres. Pour le gouvernement, il s’agit de faire passer, discrètement,        le diktat de la Commission, pas forcément dans la réforme des retraites, ce qui serait trop visible.      

               

A la suite des recommandations de la Commission qui a        fixé un délai réduit pour résorber le déficit public, le Premier ministre a estimé que les préconisations de Bruxelles sont dans « la droite        ligne de ce qui avait été annoncé ». Mais les réformes seront faites « à notre manière », a-t-il ajouté. Oui à la baisse des pensions du régime général, qu’il        faudra bien compenser par des mesures qui concerneront l’épargne financière (chez les socialistes, on ne dit pas épargne retraite), laquelle assure à peine 3 % des revenus des retraités        français.      

               

Ainsi, les « objectifs généraux » du document du Medef fixe le        cap : il s’agit de « garantir la soutenabilité du système de retraite par répartition, en contribuant au rééquilibrage des finances publiques tout en assurant        un bon niveau de retraite pour les jeunes générations, à conforter par une part de retraite par capitalisation ».      

               

Le long chapitre du document consacré au « nécessaire développement de        la retraite par capitalisation » est révélateur de la proximité de vue entre la Commission européenne et les lobbyistes patronaux. Le développement de la capitalisation        passe par les trois piliers définis par la Commission européenne : des régimes obligatoire par répartition (une sorte de minima social), des régimes collectifs par capitalisation et des        régimes individuels par capitalisation (la fameuse retraite « supplémentaire » pour éviter de désigner ces systèmes par leur vrai nom : les fonds de pension).      

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Une directive fonds de pension        

               

Le commissaire européen en charge des services et du marché intérieur,        Michel Barnier, a récemment rappelé cette architecture dans une proposition de directive destinée à « améliorer la gouvernance et la supervision des fonds de pension        professionnels à l’automne 2013 » (pour les généraliser), c’est-à-dire les régimes collectifs, qui constituent le deuxième pilier de la retraite.      

               

Au pouvoir depuis plus d’un an, François Hollande et Jean-Marc Ayrault n’ont pas affronté la Commission européenne        sur ce terrain de la réforme des retraites et de la capitalisation. Pourtant, sans la capitalisation, point de salut, défendent l’exécutif européen comme le Medef. Encore une pilule amère à        faire avaler au peuple de gauche…      

       

Source : POLITIS

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