• Peut-on porter des habits rouges quand on est journaliste au Venezuela ?

    25 juin 2017, au Venezuela : comme dans le Chili de 1973, un commando d’extrême droite reçoit l’onction du clergé avant un énième assaut armé contre « le communisme ». Dans « Les grands cimetières sous la lune » – son témoignage sur la guerre d’Espagne – l’écrivain Georges Bernanos, profondément catholique, dénonçait la bénédiction fébrile des exactions franquistes par l’Église.

    Les images d’un jeune afro-descendant lynché et brûlé vif  par les manifestants anti-Maduro avaient jeté le soupçon sur le martèlement médiatique de la répression-de-manifestants-pacifiques-au-Venezuela. Ce meurtre dans le plus pur style du Ku Klux Klan a rappelé le type de société dont rêve une opposition qui use de mortiers et de grenades pour déstabiliser un gouvernement élu et empêcher la campagne qui permettra aux vénézuéliens d’élire en juillet une Assemblée Constituante.

    Mêmes les médias d’opposition – majoritaires au Venezuela et qui couvrent quotidiennement ces mobilisations de droite, subissent des agressions de la part de ces militants pourtant du même bord qu’eux. La journaliste Yasmín Velasco de Televen (chaîne privée, d’opposition) vient de dénoncer sur son compte Twitter, qu’elle se trouvait à Altamira, une zone riche de l’est de Caracas, pour couvrir les manifestations contre Nicolás Maduro quand elle a été cernée par un groupe violent. Face à l’avancée de ses agresseurs, un cadreur a voulu leur expliquer qu’elle était journaliste mais « cela n’a pas arrêté le groupe qui essayait de brûler ma moto et de me voler mon téléphone ».

    Yasmín Velasco est tout sauf « chaviste ». Depuis des années elle dénonce avec vigueur les politiques du gouvernement bolivarien, notamment ses échecs en matière de sécurité, et ne cache pas ses préférences idéologiques. Alors que la majorité des victimes, contrairement à ce qu’affirment les grands médias, est causée par les violences de la droite qui a besoin de ces morts pour justifier une intervention extérieure contre la « dictature bolivarienne », Yasmin Velasco fait comme ses collègues des médias privés : attribuer immédiatement, avant toute enquête, chaque mort au « régime ». C’est pourtant comme « chaviste » qu’elle a manqué d’être carbonisée à son tour. En fait, pas exactement en tant que « chaviste » mais… parce qu’elle portait un chemisier rouge.

    Lorsqu’elle a dénoncé cette agression sur Twitter, Velasco a essuyé des réactions significatives de militants d’opposition. Pily Rodríguez (@mapyrc) lui demande “Pour qui travailles tu ? Pour le régime ?” @Alvin_Alarcon lui demande de « cesser de pleurnicher, car tu aides le gouvernement ». Beaucoup de tweets tentent de la consoler en lui expliquant que ses agresseurs ne peuvent être que des « infiltrés » du gouvernement bolivarien dont la présence servirait à souiller la geste démocratique de l’opposition. La palme revient certainement à @euliesaa : « Yasmin Velasco a oublié de mentionner qu’elle portait un chemisier rouge, qu’elle a refusé de montrer sa carte et qu’elle était éloignée de la plupart de ses collègues ». (sic).

    Précisons que Yasmin Velasco est de petite taille, a la chevelure brune et des traits « natifs ».

    Thierry Deronne, Venezuela, 26 juin 2017

    URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-2HY


  • Comment penser Vladimir Poutine


    Christopher CaldwellPar Christopher Caldwell – Mars 2017 – Source Imprimis

    Vladimir Poutine est un symbole idéologique puissant est une épreuve de vérité idéologique très efficace. Il est un héros pour les conservateurs populistes dans le monde entier et un anathème pour les progressistes. Je ne veux pas le comparer à notre président, mais si vous en savez assez sur ce que pense de Poutine un Américain moyen, vous pouvez probablement dire ce qu’il pense de Donald Trump. 

    Permettez-moi de souligner d’emblée que ce ne sera pas une discussion sur quoi penser de Poutine, qui est quelque chose que vous êtes tous capables de décider, mais plus sur comment penser à lui. Et à ce propos, il y a une vérité de base à se rappeler, bien qu’elle soit souvent oubliée. Nos dirigeants globalistes ont peut-être déprécié la souveraineté depuis la fin de la Guerre froide, cela ne signifie pas pour autant qu’elle a cessé un instant d’être le principal sujet de la politique.

    Vladimir Vladimirovich n’est pas le président d’une ONG féministe. Il n’est pas un militant pour les droits des transgenres. Ils n’est pas un médiateur nommé par les Nations unies pour produire et diffuser des diaporamas sur l’énergie verte. Il est le dirigeant élu de la Russie – un pays rude, assez pauvre, militairement puissant qui, ces dernières années, a été fréquemment humilié, volé et trompé. Son travail a été de protéger les prérogatives de son pays et sa souveraineté, dans un système international qui cherche à éroder la souveraineté en général et voit celle de la Russie, en particulier, comme une menace.

    Selon les normes américaines, le respect de Poutine pour le processus démocratique a été au mieux sporadique. Il a réprimé des manifestations pacifiques. Des opposants politiques ont été arrêtés et emprisonnés tout au long de son règne. Certains ont même été assassinés : Anna Politkovskaïa, la correspondante qui menait croisade en Tchétchénie, tuée d’une balle dans son immeuble à Moscou en 2006 ; Alexander Litvinenko, l’espion empoisonné au polonium-210 à Londres quelques mois plus tard ; l’activiste Boris Nemtsov, tué sur un pont à Moscou au début de 2015. Alors que les preuves reliant le cercle de Poutine aux meurtres sont circonstancielles, cela mérite examen.

    Pourtant, si nous devions utiliser des mesures traditionnelles pour comprendre les dirigeants, ce qui implique de défendre les frontières et la prospérité nationale, Poutine compterait comme l’homme d’État prééminent de notre temps. Sur la scène mondiale, qui peut rivaliser avec lui ? Seulement Recep Tayyip Erdoğan de Turquie, peut-être.

    Lorsque Poutine a pris le pouvoir à l’hiver 1999-2000, son pays était sans défense. Il était en faillite. Il avait été découpé par ses nouvelles élites kleptocrates, de connivence avec ses vieux rivaux impériaux, les Américains. Poutine a changé cela. Pendant les dix premières années de ce siècle, il a fait ce que Kemal Atatürk avait fait en Turquie dans les années 1920. D’un empire en miettes, il a sauvé un État-nation et lui a donné cohérence et but. Il a discipliné les ploutocrates du pays. Il a restauré sa force militaire. Et il a refusé, avec déjà une rhétorique plus douce, d’accepter un rôle subordonné pour la Russie dans un système mondial américain dirigé par des politiciens étrangers et des chefs d’entreprise. Ses électeurs le créditent d’avoir sauvé son pays.

    Pourquoi les intellectuels américains sont-ils de tels idéologues, lorsqu’ils parlent du « système international » ? Probablement parce que les intellectuels américains ont conçu ce système et parce qu’ils supposent qu’il ne peut jamais y avoir des raisons historiques légitimes à ce qu’un politicien émerge pour s’y opposer. Ils ont nié les raisons de l’ascension de Rodrigo Duterte aux Philippines. Ils font la même chose avec Donald Trump. Et ils l’ont fait avec Poutine. Ils supposent qu’il est sorti du KGB, dans le seul but d’incarner le mal pour éliminer nos vertueux dirigeants.

    Poutine n’est pas sorti de nulle part. Le peuple russe non seulement le tolère, il le révère. Vous pouvez avoir une meilleure idée de pourquoi il a gouverné depuis 17 ans, si vous vous rappelez que quelques années après la chute du communisme, l’espérance de vie moyenne en Russie était tombée en dessous de celle du Bangladesh. C’est une ignominie due à Boris Eltsine. L’opportunisme insouciant d’Eltsine a fait de lui un ennemi indispensable du communisme, à la fin des années 1980. Mais cela a fait de lui un père fondateur inadéquat pour un État moderne. Alexandre Soljenitsyne, dont les écrits sur le communisme lui donnent quelque prétention à être considéré comme le plus grand homme du XXe siècle, croyait que les dirigeants post-communistes avaient rendu le pays encore pire. En 2000, Soljenitsyne écrivait : « Résultat de l’ère Eltsine, tous les secteurs essentiels de notre vie politique, économique, culturelle et morale ont été détruits ou pillés. Continuerons-nous à piller et à détruire la Russie, jusqu’à ce qu’il ne reste rien ? » C’était l’année où Poutine est arrivé au pouvoir. Il était la réponse à la question de Soljenitsyne.

    Poutine a fait deux choses qui ont cimenté la loyauté de Soljenitsyne et des autres Russes : il a réfréné les milliardaires qui pillaient le pays, et il a restauré le statut de la Russie à l’étranger. Prenons-les l’une après l’autre.

    La Russie conserve des éléments d’une cleptocratie basée sur le contrôle oligarchique des ressources naturelles. Mais nous devons nous souvenir que Poutine a hérité de cette cleptocratie. Il ne l’a pas inventée. Le transfert des ressources naturelles dans les mains des communistes liés au KGB, qui se nommaient eux-mêmes hommes d’affaires, a été un moment tragique pour la Russie. C’était également honteux pour l’Occident. Les politologues occidentaux ont fourni une couverture idéologique à ce vol, le présentant comme une « transition vers le capitalisme ». Des grandes entreprises occidentales, dont des banques, ont fourni le financement.

    Permettez-moi de souligner ce point. Les oligarques qui ont transformé la Russie en une ploutocratie armée, pendant les cinq ans qui ont suivi la chute du communisme en 1991, s’appelaient eux-mêmes capitalistes. Mais c’était pour la plupart des hommes qui avait été préparés pour être la prochaine génération de la nomenklatura communiste – des gens comme Boris Berezovsky, Vladimir Gusinsky et Mikhail Khodorkovsky. C’étaient des gens qui comprenaient la portée et la nature des biens publics, et ils contrôlaient les programmes de privatisation. Ils avaient accès au financement occidental et ils étaient disposés à recourir à la violence et à l’intimidation. Donc ils ont pris le pouvoir exactement comme ils l’avaient prévu, à l’époque où ils suivaient l’école des cadres communistes – mais maintenant comme propriétaires, pas comme bureaucrates. Puisque l’État avait tout possédé sous le communisme, ce n’était qu’un remboursement. Le règne d’Eltsine a été construit sur les fortunes de ces milliardaires, et vice-versa.

    Khodorkovsky est récemment devenu un symbole de l’incurie de Poutine, parce qu’il l’a emprisonné pendant dix ans. Le procès de Khodorkovsky ne correspondait certainement pas aux normes occidentales. Mais les privatisations de Khodorkovsky étaient parmi les plus obscènes de toutes. Dans sa récente biographie de Poutine, Steven Lee Myers, l’ancien correspondant à Moscou du New York Times, calcule que Khodorkovsky et ses co-investisseurs ont payé $150 millions, dans les années 1990, pour la principale unité de production de la compagnie pétrolière Youkos, qui a été évaluée à environ $20 milliards en 2004. En d’autres termes, ils ont acquis une part du produit de base essentiel de la Russie – son pétrole – pour moins de 1% de sa valeur. Poutine a appelé ces gens des « milliardaires nommés par l’État ». Il les a vus comme un canal pour piller la Russie et a cherché à restituer au pays ce qui lui avait été volé. Il a également vu que la Russie devait reprendre le contrôle sur ses vastes réserves de pétrole et de gaz, dont une bonne partie de l’Europe dépendait, parce que c’était le seul levier géopolitique qui lui restait.

    L’autre chose que Poutine a faite a été de restaurer la position du pays à l’étranger. Il est arrivé au pouvoir, dix ans après que son pays ait subi une défaite en Afghanistan comparable à celle du Vietnam [pour les USA, NdT]. À la suite de cette défaite, le pays n’avait pas réussi à stopper un soulèvement islamiste sanglant en Tchétchénie. Et le pire de tout, il avait été humilié par les États-Unis et l’OTAN dans la guerre de Serbie en 1999, lorsque l’administration Clinton a soutenu un mouvement indépendantiste nationaliste et islamiste au Kosovo. Ce fut la dernière guerre dans laquelle les États-Unis combattaient dans le même camp que Oussama Ben Laden, et les États-Unis ont saisi l’occasion pour montrer à la Russie sa modeste place dans l’ordre international, la traitant comme une nuisance et un accessoire. Poutine est devenu président six mois après qu’Eltsine eût été manipulé pour permettre le démembrement de l’allié de la Russie, la Serbie; et lorsqu’il est entré en fonction, Poutine a dit : « Nous ne tolérerons aucune humiliation à la fierté nationale des Russes, ni aucune menace contre l’intégrité du pays. »

    La dégradation de la position de la Russie représentée par la guerre de Serbie est ce à quoi Poutine faisait allusion lorsqu’il a qualifié, dans une formule célèbre, l’effondrement de l’Union soviétique de « plus grande catastrophe géopolitique du siècle ». Cette déclaration est souvent mal comprise ou mal interprétée : il ne voulait pas dire qu’il désirait revenir au communisme. Mais lorsque Poutine a dit qu’il restaurerait la force de la Russie, il le pensait. Il a repoussé l’avance des armées islamistes en Tchétchénie et au Daghestan, et il a adopté une ligne dure sur le terrorisme – y compris la décision de ne pas négocier avec les preneurs d’otages, même en secret.

    Un thème revient, à travers la politique étrangère russe, et ceci, dans la plus grande partie de son histoire. Il n’existe aucun pays, à l’exception d’Israël, qui a une frontière plus dangereuse avec le monde musulman. Vous pourriez penser que ce devrait être la première lentille à travers laquelle regarder le comportement russe – un bon endroit pour l’Occident pour commencer à essayer d’expliquer l’attitude des Russes qui, à première vue, n’a pas de logique évidente. Pourtant, l’agitation contre Poutine à l’Ouest ne s’est pas concentrée là-dessus du tout. Elle n’a pas mis l’accent sur l’intervention de la Russie contre ISIS dans la guerre en Syrie, ou même sur l’accueil en Russie d’Edward Snowden, le fugitif qui a divulgué les secrets du renseignement américain.

    Les deux épisodes d’indignation concertée à propos de Poutine, parmi les progressistes occidentaux, ont tous deux impliqué des questions triviales pour le monde, mais vitales pour le monde du progressisme. Le premier a eu lieu en 2014, lorsque les Jeux olympiques d’hiver, qui devaient se tenir à Sotchi, ont offert une occasion de nuire économiquement à la Russie. La plupart des dirigeants mondiaux ont assisté avec joie aux jeux, de Mark Rutte (Pays-Bas) et Enrico Letta (Italie) à Xi Jinping (Chine) et Shinzo Abe (Japon). Mais trois chefs de gouvernement – David Cameron de Grande-Bretagne, François Hollande de France, et Barack Obama des États-Unis – ont suscité la frénésie des progressistes dans leurs pays respectifs, à propos d’une courte liste de causes domestiques. Premièrement, il y avait le magnat du pétrole emprisonné, Khodorkovsky; Poutine l’a libéré avant le début des Jeux olympiques. Deuxièmement, il y avait les jeunes femmes qui s’appelaient Pussy Riot, artistes de scène emprisonnées pour avoir violé les lois russes sur le blasphème, lorsqu’elles ont perturbé un service religieux avec des chants obscènes à propos de Dieu (les traductions n’ont presque jamais été montrées à la télévision occidentale) ; Poutine les a aussi libérées avant les Jeux olympiques. Troisièmement, il y avait l’article 6.21 russe, qui a été bizarrement décrit dans la presse américaine comme une loi contre la « propagande homosexuelle ». Une traduction plus précise de ce qu’interdit la loi est de promouvoir des « relations sexuelles non traditionnelles auprès des enfants ». Maintenant, certains Américains pourraient souhaiter que la Russie ait pris la religion ou l’homosexualité moins au sérieux et être pourtant frappés par le fait que ce sont des questions très locales. Il y a quelque chose de déséquilibré, à les transformer en incidents diplomatiques et à émettre toutes sortes de menaces à cause d’elles.

    La deuxième campagne contre Poutine a été la tentative de l’administration sortante d’Obama de mettre en doute la légitimité de l’élection présidentielle de novembre dernier, en laissant entendre que le gouvernement russe l’avait en quelque sorte « piratée ». C’est un épisode extraordinaire dans l’histoire de la fabrication de l’opinion. Je ne revendiquerai certainement aucune expertise indépendante en matière de cyber-espionnage. Mais quiconque a lu la documentation publique sur laquelle reposent les affirmations n’y trouvera que spéculation, arguments d’autorité et tentatives pour remplacer la logique par la répétition.

    À la mi-décembre, le New York Times a publié un article intitulé How Moscow Aimed a Perfect Weapon at the U.S. Election [Comment Moscou a pointé une arme parfaite sur l’élection américaine]. La plupart des affirmations du texte provenaient de sources anonymes de l’administration et d’employés de CrowdStrike, l’entreprise de cybersécurité engagée par les Démocrates pour enquêter sur un ordinateur piraté au Comité national démocrate (DNC). Ils citent ceux qui ont assisté à la commission secrète anti-piratage du DNC, y compris la présidente du parti, Debbie Wasserman Schultz, et l’avocat du parti, Michael Sussmann. Ensuite, un rapport du Conseil national du renseignement que le gouvernement a publié en janvier a montré le cœur de l’affaire : plus de la moitié du rapport était consacré à des plaintes sur les partis pris de RT, le réseau international de télévision du gouvernement russe.

    Encore une fois, nous ne savons pas ce que les agences de renseignement savent. Mais il n’y a aucune preuve publiquement disponible, pour justifier que le sénateur de l’Arizona John McCain décrive ce que les Russes ont commis comme « un acte de guerre ». Si c’était le cas, la discussion des preuves aurait continué sous l’administration Trump, plutôt que de s’évaporer simplement, une fois qu’elle avait cessé d’être utile comme instrument politique.

    Il y a eu deux autres scandales Poutine imaginaires, qui se sont avérés n’être rien. En novembre, le Washington Post a publié une liste noire d’organisations d’information qui avaient publié des « fausses nouvelles » au service de Poutine, mais la liste s’est révélée avoir été largement compilée par un groupe politique militant malhonnête nommé PropOrNot, qui avait placé certains titres sur la liste, uniquement parce que leurs points de vue coïncidaient avec ceux de RT sur certaines questions. Ensuite, en décembre, l’administration Obama a affirmé avoir trouvé un code informatique russe qu’elle a mélodramatiquement appelé « Grizzly Steppe » dans le réseau électrique du Vermont. Le prétendu code russe pouvait être acheté dans le commerce, et il avait été trouvé, selon un journaliste, « dans un seul ordinateur portable qui n’était pas connecté au réseau électrique ».

    Les Démocrates sont allés extraordinairement loin dans le discrédit de Poutine. Pourquoi ? Il y a vraiment un Zeitgeist, ou un esprit du temps. Un problème donné deviendra une passion pour toute l’humanité et certains hommes en seront les symboles. Il y a un demi-siècle, par exemple, le Zeitgeist portait sur la décolonisation. Pensez à Martin Luther King, se rendant en Norvège pour recevoir son prix Nobel de la paix, s’arrêtant en chemin à Londres pour donner une conférence sur l’apartheid en Afrique du Sud. Qu’est-ce que ça a à voir avec lui ? Pratiquement : rien. Symboliquement : tout. C’était une occasion de parler de la question morale du jour.

    Aujourd’hui, nous avons un Zeitgeist différent. Aujourd’hui, c’est la souveraineté et l’auto-détermination qui suscitent les passions en Occident. La raison à cela a beaucoup à voir avec la manière dont le conflit de la Guerre froide entre les États-Unis et la Russie a pris fin. Dans les années 1980, les deux pays était des grandes puissances, oui ; mais en même temps, elles étaient entravées. Les alliances qu’elles passaient étaient orageuses. Après la chute du mur de Berlin, leurs destins ont divergé. La chance a été offerte aux États-Unis de configurer les règles du système mondial, et ils l’ont acceptée avec vengeance. La Russie s’est vue offrir le rôle de la soumission à ce système.

    On peut voir à quel point ces rôles sont irréconciliables, dans le conflit de la Russie avec l’Ukraine d’il y a deux ans. Selon le récit officiel des États-Unis, la Russie a envahi sa voisine après une révolution glorieuse qui a chassé une ploutocratie. Puis, la Russie a annexé les bases navales ukrainiennes en Crimée. Selon le point de vue russe, le gouvernement démocratiquement élu de l’Ukraine a été renversé par une insurrection armée soutenue par les États-Unis. Pour empêcher une OTAN hostile d’installer sa propre base navale dans la mer Noire, selon ce récit, la Russie devait s’emparer de la Crimée, qui en tout cas est historiquement un territoire russe. Ces deux récits sont parfaitement corrects. C’est seulement qu’un mot peut signifier quelque chose de différent pour les Américains et pour les Russes. Par exemple, nous disons que les Russes ne croient pas à la démocratie. Mais comme le grand journaliste et historien Walter Laqueur l’a dit : « La plupart des Russes en sont venus à croire que la démocratie, c’est ce qui s’est passé dans leur pays entre 1990 et 2000, et ils n’en veulent plus. »

    Le point sur lequel je voudrais conclure est celui-ci : nous n’arriverons nulle part si nous présumons que Poutine voit le monde comme nous. L’un des penseurs les plus indépendants sur la Russie à Washington, D.C., est le sénateur reaganien de Californie, Dana Rohrabacher. Je me rappelle l’avoir vu être rabroué, lors d’un dîner à Washington il y a quelques années. Un convive lui a dit qu’il devrait avoir honte, parce que Reagan aurait résisté à Poutine au nom de l’idéal des droits de l’homme. Rohrabacher n’était pas d’accord. L’apport de Reagan en tant que penseur en politique étrangère, dit-il, n’était pas son idéalisme. C’était sa capacité de fixer des priorités, de voir ce qui constituait la plus grande menace. La plus grande menace pour les États-Unis aujourd’hui n’est pas Vladimir Poutine.

    Alors pourquoi les gens se soucient-ils autant de Poutine ? Parce qu’il est devenu un symbole d’auto-détermination nationale. Les conservateurs populistes le voient de la manière dont les progressistes ont vu Fidel Castro, comme la seule personne qui dit qu’il ne se soumettra pas au monde qui l’entoure. Vous n’avez pas besoin d’être communiste pour apprécier la manière dont Castro, quels que soient ses excès, construisait un espace d’autonomie pour son pays.

    De la même manière, la conduite de Poutine est obligée de gagner la sympathie même de certains ennemis de la Russie, ceux qui ressentent que le système international ne correspond pas à leurs intérêts. En général, si vous aimez ce système, vous considérerez Vladimir Poutine comme une menace. Si vous ne l’aimez pas, vous aurez de la sympathie pour lui. Poutine est devenu un symbole de souveraineté nationale, dans sa bataille contre le globalisme. Cela s’avère être la grande bataille de notre temps. Comme notre dernière élection le montre, c’est vrai même ici.

    Christopher Caldwell

    Christopher Caldwell est rédacteur en chef de The Weekly Standard. Diplômé du Harvard College, ses essais, ses chroniques et ses critiques paraissent dans le Claremont Review of Books, le Wall Street Journal, le New York Times Book Review, le Spectator (Londres), le Financial Times et dans de nombreuses autres publications. Il est l’auteur de Reflections on the Revolution in Europe : Immigration, Islam, and the West, et travaille actuellement à un livre sur l’Amérique post-1960.

    Ce texte est l’adaptation d’une conférence donnée le 15 février 2017 au séminaire national de direction au Hillsdale College à Phoenix, Arizona.

     

    Note du Saker Francophone
    
    Ce texte est à apprécier à sa juste valeur venant d'un insider du système. Même la liste des meurtres qu'il accole l'air de rien à Poutine est à considérer avec un peu de recul. Son auditoire doit avoir son os anti-Poutine à ronger. Il ne peut pas casser tous les mythes d'un coup pour être audible. L'essentiel est que des Américains plongés dans les narratives des médias puissent entendre un autre son de cloche et son angle d'attaque sur la différence de perception du monde entre Russes et Occidentaux est très habile. Si elle est sans doute exacte pour la population russe, des gens comme Poutine ou Lavrov ont sans doute une parfaite compréhension de ce que pense les Occidentaux et leurs dirigeants et en jouent même avec beaucoup de malice.

    Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par nadine pour le Saker francophone


  • Les mensonges par omission de Comey

    "Les démocrates ne combattent pas Trump pour son assaut sur les soins de santé, ses attaques contre les immigrants, son harcèlement militariste à travers le monde, ou même son statut de président minoritaire qui ne peut revendiquer aucun mandat après avoir perdu le vote populaire. Au lieu de cela, ils ont choisi d'attaquer Trump, le président le plus à droite de l'histoire des États-Unis, à partir de la droite, le dénonçant comme étant insuffisamment engagé dans une confrontation militaire avec la Russie ".
    
    Patrick Martin, "Les Russes arrivent! Les Russes arrivent ", World Socialist Web Site

    2016-09-24_11h42_10Par Mike Whithney – Le 14 juin 2017 – Source CounterPunch

    Non ! Donald Trump n’est pas la cible d’une enquête du FBI, il n’a jamais été la cible d’une enquête du FBI.
    Le FBI ne fait pas d’enquête sur Trump pour collusion, relations inappropriées avec un gouvernement étranger, trahison ou autres choses ridicules dont il a été faussement accusé dans les faux médias. En fait, le FBI n’enquête pas du tout sur lui.

     

    La semaine dernière, l’ancien directeur du FBI James Comey a admis publiquement ce qu’il savait depuis toujours : Trump n’était pas un suspect dans l’enquête sur le piratage par la Russie et il ne l’a jamais été. Voici l’histoire vue par Politico :

    « Comey a assuré Trump qu’il n’était pas l’objet d’une enquête lors de sa première réunion. Il a dit qu’il avait discuté avec les dirigeants du FBI avant sa rencontre avec le président élu, pour savoir s’il fallait divulguer qu’il n’était pas personnellement concerné par l’enquête. « C’était vrai; nous n’avions pas de cas ouvert de contre-espionnage « , a déclaré Comey. » (Politico)

    Alors, il n’y avait pas de contre-interrogatoire sur Trump ? Il n’y a pas eu d’enquête sur la collusion avec la Russie ?

    Mais comment est-ce possible ? Après tout, Trump a été surveillé et harcelé par les médias depuis le premier jour. Ses nominations ont été bloquées, son agenda politique a été saboté  et les résultats des élections de 2016 ont été effectivement abrogés en raison des attaques implacables des médias, des élites politiques et des leaders de haut niveau dans la communauté du renseignement. Maintenant, Comey admet que Trump n’est coupable de rien, il n’est même pas suspect.

    Que se passe t-il ici ? Pourquoi Comey n’a-t-il pas nettoyé l’atmosphère plus tôt, pour que les Américains sachent que leur président n’était pas au lit avec une puissance étrangère ? Pourquoi a-t-il permis à cette farce de continuer, quand il savait qu’il n’y avait aucune substance aux allégations ? Avait-il envie de voir Trump plier sous le vent ou y avait-il un autre motif « politique » plus sinistre, derrière son omission ?

    Trump a demandé à plusieurs reprises à Comey d’annoncer qu’il n’était pas soumis à l’enquête. Selon Comey, Trump « a souligné les problèmes que cela lui causait » et (Trump) a déclaré « Nous devons éclaircir le fait« . Mais Comey a refusé à maintes reprises de reconnaître publiquement la vérité. Pourquoi ?

    Comey n’a jamais répondu à Trump sur ce sujet, mais il a expliqué son raisonnement au Comité du renseignement du Sénat la semaine dernière. Il a dit qu’il ne voulait pas annoncer que Trump ne faisait pas partie de l’enquête du Bureau sur le Russiagate, parce que « cela créerait un devoir de correction, si cela devait changer« .

    Un « devoir de correction » ? Vous plaisantez j’espère ? Quel genre de réponse à la con est-ce là ? Combien d’heures de brainstorming juridique a-t-il fallu pour arriver à cette excuse de faux-cul ?

    Disons le clairement : Comey voulait maintenir le nuage de suspicion qui enveloppe Trump, parce que cela aidait à nourrir la perception qu’il était un traître qui a collaboré avec la Russie pour gagner l’élection. En restant silencieux, Comey a contribué à alimenter l’hystérie publique et à renforcer la conviction que Trump était coupable d’actes criminels fautifs. C’est pourquoi Comey n’a jamais parlé avant, c’est parce que son silence provoquait déjà le résultat qu’il cherchait, et qui devait infliger autant de dégâts que possible à Trump et à son administration.

    Saviez-vous que Comey espionnait Trump depuis le premier jour ?

    C’est vrai, il l’a admis lui-même. Après sa première rencontre avec Trump le 6 janvier, il a commencé à enregistrer le contenu de ses conversations privées avec le président élu sur un ordinateur portable du FBI sécurisé, dans sa voiture à l’extérieur de la Trump Tower. Il n’a même pas attendu d’être revenu au bureau, il l’a fait sur une foutue place de parking. C’est ce qui s’appelle être « motivé« . Dans son témoignage, il a admis qu’il tenait des notes de ses rencontres privées avec Trump « à partir de ce moment là ».

    Cela ressemble-t-il aux activités normales d’un fonctionnaire public dévoué, agissant au nom du gouvernement élu, ou cela ressemble-t-il à quelqu’un qui a l’obligation de déterrer autant de saleté que possible contre la cible d’une campagne politique de dénigrement?

    N’est-ce pas ce que Comey voulait vraiment ?

    Comey est un homme sans intégrité. Le saviez-vous ?

    Il est applaudi dans les médias et par ses autres copains de l’establishment, parce qu’il est un sycophante sans principes, qui obéit aux directives de ceux qui le paient. Jetez un œil sur cet extrait d’un rapport de l’ACLU sur Comey :

    « Il y a un très gros problème à décrire Comey comme une sorte de libertaire civil, car certains faits suggèrent le contraire. Bien que Comey mérite le crédit d’avoir arrêté un programme d’espionnage illégal de manière dramatique, il a également approuvé ou défendu certains des pires abus de l’administration Bush, pendant son mandat en tant que procureur général adjoint. Ceux-ci incluaient la torture, les écoutes téléphoniques sans mandat et la détention illimitée. Le 30 décembre 2004, un mémo adressé à James Comey a remplacé la note infâme qui définissait la torture comme une douleur « équivalente en intensité à la douleur accompagnant des blessures graves, telles que la faillite des organes ». Le mémo à Comey semblait renoncer à la torture, mais n’a rien fait de tel. La phrase clé est cachée à l’opinion dans la note de bas de page 8. Il conclut que le nouveau mémo de Comey n’a pas changé les autorisations de tactique d’interrogatoire décrite dans les notes antérieures. En bref, le mémo que Comey a approuvé, donnait son aval à la simulation de noyade, aux projections contre les murs et autres formes de torture – toutes en violations du droit national et international. […] Ensuite, il y a des écoutes téléphoniques sans mandat. […] »
    Extrait de « Examinons les enregistrements des années Bush de James Comey, avant qu’il ne devienne directeur du FBI « , ACLU

    Répétez :

    «  Il a approuvé ou défendu certains des pires abus de l’administration Bush (y compris) la torture, les écoutes téléphoniques sans mandat et la détention illimitée.« 

    Comment cela cadre-t-il avec la représentation de Comey par les médias comme un homme honorable d’une intégrité inébranlable ? Cela ne colle pas du tout, n’est-ce pas ? Les médias mentent, c’est évident.

    Maintenant, demandez-vous ceci : peut-on faire confiance à un homme qui a avalisé la torture par simulation de noyade ? Non, on ne lui fait pas confiance, parce qu’il s’est avéré lui-même comme intrinsèquement immoral.

    Un homme comme Comey utiliserait-il sa position et son autorité pour essayer de « réparer » le dommage qu’il a causé avant les élections, lorsqu’il a annoncé que le FBI réouvrait son enquête sur Hillary Clinton ? En d’autres termes, a-t-on fait chanter Comey pour qu’il rassemble du matériel illicite sur Trump ?

    Je pense que c’est très probable, bien que totalement impossible à prouver. Même ainsi, Comey a été trop empressé à cibler Trump pour des choses dont il n’est pas coupable. Pourquoi a-t-il été tellement motivé ? Est-ce qu’il se protégeait simplement comme il l’avait dit ou était-il en train de recueillir des informations pour construire une affaire judiciaire contre Trump ?

    Dans mon esprit, Comey a montré son jeu quand il a dit qu’il a divulgué aux médias le mémo de sa conversation privée avec Trump, afin de précipiter la nomination d’un procureur spécial. Réfléchissez un peu. Voici ce qu’il a dit :

    « Mon jugement était que j’avais besoin d’aller sur la place publique. J’ai donc demandé à l’un de mes amis de partager le contenu du mémo avec un journaliste. Je ne l’ai pas fait moi-même pour diverses raisons, mais je l’ai demandé parce que je pensais que cela pourrait inciter à la nomination d’un procureur spécial, alors j’ai demandé à un ami proche de le faire. « 

    Écoutez Comey. L’homme reconnaît ouvertement que la fuite du mémo faisait partie d’une stratégie politique très clairement définie pour forcer la nomination d’un procureur spécial. C’était l’objectif politique du départ. Il n’essaie même pas de le cacher. Il ne s’efforçait pas de se protéger du « méchant Trump« . C’est bidon ! Il a jeté les bases d’une enquête massive et étendue sur tout et sur quiconque a été en rapport, même à distance, avec l’équipe Trump, une expédition de pêche gigantesque visant à abattre Trump et ses alliés les plus proches. Voilà ce à quoi s’est attelé Comey. Mais son plan n’a pas fonctionné, n’est-ce-pas, parce que le «mémo fuité» n’a pas conduit à la nomination du procureur spécial. Au lieu de cela, quelqu’un a dû murmurer à l’oreille de Trump qu’il devait virer Comey et, ah ha, cela a suffi. En d’autres termes, le procureur général adjoint Rod Rosenberg a dû intervenir et donner à Comey sa lettre de licenciement avant que les médias ne puissent crier «obstruction», créant ainsi l’occasion idéale de nommer « le tueur à gages » Robert Mueller en tant que conseiller spécial. Maintenant que la partie est lancée, Comey peut se contenter d’une sinécure confortable, dans l’un des nombreux groupes de réflexion de Washington, tandis que Mueller réunit son équipe de procureurs superstars pour lancer leur première razzia sur la Maison Blanche.

    Celui qui a écrit ce script mérite un Oscar. C’est vraiment un théâtre politique de premier ordre. Maintenant, il appartient à Mueller de prouver que Trump a essayé d’entraver l’enquête en demandant à Comey de mettre la pédale douce sur l’ancien conseiller en sécurité nationale, le général Michael Flynn. (Selon Comey, Trump aurait déclaré : « J’espère que vous pourrez voir clairement qu’il faudrait laisser courir cela, laisser Flynn aller. C’est un bon gars. J’espère que vous pouvez laisser tomber. ») Cela pourrait sembler une obstruction, mais il y a de vrais problèmes avec ce type de poursuites, en particulier le fait que Trump conteste les allégations. De plus, Comey a reconnu que Trump avait exprimé son soutien aux objectifs généraux de l’enquête lorsqu’il a déclaré : « Si mes associés satellites avaient fait quelque chose de mal, il serait bon de le constater. »

    De toute évidence, Trump n’a pas essayé d’entraver l’enquête. Mais même dans ce cas, c’est un domaine particulièrement obscur de la loi et difficile à prouver. Voici un court extrait d’un article du professeur Jonathan Turley, de l’Université George Washington, qui aide à clarifier ce point :

    « Le désir d’une infraction, ou d’un crime entraînant la destitution, imputable au président Trump a déformé l’analyse légale à un degré alarmant. Les analystes semblent trop ravis de la possibilité d’un crime commis par Trump. Le fait juridique est que le témoignage de Comey n’établit pas une preuve prima facie – voire même forte – pour l’obstruction. Certes, si Trump a fait ces commentaires, sa conduite est largement inappropriée. Cependant, parler comme Tony Soprano ne fait pas de vous Tony Soprano […] Le crime d’entrave à la justice n’a pas été défini aussi largement que suggéré par les commentateurs […] Le simple fait que Trump a demandé de parler à Comey seul n’entraînerait pas le président vers l’obstruction . […] Ce serait une interprétation très dangereuse de permettre des accusations d’obstruction à ce stade. Si les procureurs pouvaient charger des personnes à l’étape de l’enquête, un large éventail de commentaires ou de comportements pourrait être criminalisé. Il est assez courant que de tels problèmes se posent tôt, dans les affaires criminelles. Les tribunaux ont limité le crime, précisément pour éviter ce type de crime ouvert, où les procureurs pourraient menacer les témoins potentiels avec des accusations, à moins qu’ils ne coopèrent.

    Nous ne mettons pas en accusation les gens et nous ne les destituons pas parce qu’ils sont débiles ou pas finauds […] ou tout simplement parce qu’ils sont comme Donald Trump. « 
    Extrait de « Le témoignage de James Comey ne fait pas l’objet d’une mise en accusation ou d’une obstruction contre Donald Trump« , USA Today.

    Le fait que la charge d’obstruction ne colle pas n’empêchera pas Mueller de fouiller partout et de faire un enfer vivant de la vie de Trump. Fichtre non ! Il va creuser dans ses anciens enregistrements téléphoniques, ses comptes bancaires, ses déclarations de revenus, ses affaire immobilières douteuses, ses ex-amies, tout ce qu’il faut. Ses tentacules s’étendront dans tous les aspects de la vie et des affaires privées de Trump, jusqu’à ce qu’il se bloque sur un incident particulièrement sordide ou une transaction qu’il peut utiliser pour disgracier, discréditer et diaboliser Trump, au point que les procès de destitution sembleront accueillis avec soulagement. Il devrait être évident à l’heure actuelle, que les élites profondes de l’État qui ont lancé ce coup ne seront pas satisfaites jusqu’à ce que Trump soit viré de son bureau et que les résultats de l’élection présidentielle de 2016 soient effacés.

    Mais pourquoi ? Pourquoi Trump est-il tellement détesté par ces personnes ?

    Trump n’est pas attaqué à cause de son agenda politique réactionnaire, mais parce qu’il a été jugé insuffisamment hostile à l’ennemi juré de Washington, la Russie. Il s’agit de la Russie. Trump voulait « normaliser » les relations avec Moscou. Cela l’opposait au puissant establishment de politique étrangère des États-Unis. Maintenant, Trump doit recevoir une leçon. Il doit être écrasé, humilié et exilé. Et c’est probablement la façon dont cela finira.

    Mike Withney vit dans l’état de Washington. Il est contributeur à Hopeless : Barack Obama et The Politics of Illusion (AK Press). Hopeless est également disponible dans une édition Kindle. Il peut être contacté à fergiewhitney@msn.com.

    Traduit par jj, relu par nadine pour le Saker Francophone


  • Qu’en pensent les abeilles?

    In dessin on 26 juin 2017 at 13:26

    néoNicoPasse d’armes au gouvernement entre Stéphane Travert et Nicolas Hulot à propos des néo-nicotinoïdes; Edouard Philippe tranche contre le néophyte en faveur du Ministre d’Etat.






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